Heinan Goba Mardi, 21 Janvier 2014 21:37
« Tous unis contre l'impunité et pour la justice en Guinée », c'est sous ce slogan que l'Organisation guinéenne pour la défense des droits de l'homme et du citoyen (OGDH) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) comptent commémorer le septième anniversaire du massacre de civils innocentes par les soldats de la garde présidentielle, le 22 janvier 2007.
Ce mardi 21 janvier, au cours d'une rencontre avec la presse en présence de certaines victimes, le président de l'OGDH, le docteur Thierno Mandjou Sow a dit : « Beaucoup de nos compatriotes sont tombés sous les balles assassines des soldats de notre armée. Il faut y penser. C'est un devoir mémoire pour l'OGDH et pour tous les défenseurs des droits humains. Mais aussi pour toutes les familles des victimes de cette tuerie. »
Pour rappel, en janvier 2007, en raison des difficiles conditions de vie en Guinée engendrées par la mauvaise gouvernance d'un régime à l'agonie, les populations guinéennes, à l'appel des syndicats des travailleurs, crient leur ras-le-bol. Tout le pays s'embrase. La réaction du gouvernement a été malheureusement très violente. Plusieurs personnes ont été tuées ou blessées. Tandis que certaines ont été portées disparues.
En dépit de l'atrocité de ce crime, a regretté le docteur Thierno Mandjou Sow, « rien n'est fait jusqu'à ce jour. Comme il en a été depuis l'indépendance, les victimes attendent toujours d'être rétablies dans leur droit. » Pourtant, d'après les précisions du président de l'OGDH, « l’impunité est un danger, un déni de justice. Elle ruine les fondements de la bonne gouvernance. »
En raison de ce qui précède, le docteur Thierno Mandjou Sow a invité le gouverneur à faire des efforts pour « lutter contre elle et renforcer la justice pour instaurer la sécurité et la confiance entre les populations et les gouvernants ». « Comme toutes les autres, les victimes du 22 janvier 2007 ont droit à une juste réparation des préjudices subis », a poursuivi l'activiste des droits humains.
« L'OGDH et la FIDG ont déposé une plainte avec constitution de partie civile », d'après le président de l'OGDH. Mais, aux dires du même, « la procédure judiciaire traîne les pas ». « Ce qui en fait, ne décourage pas les deux organisations qui ont décidé de défendre les intérêts des victimes », d'après les propres termes du docteur Sow. Quoique la promesse du chef de l'Etat de faire de 2013, l'année de la justice n'ait pas été respectée.
Selon le docteur Sow, comme l'annonce du chef de l'Etat, la création du ministère des droits de l'Homme et des Libertés publiques a suscité un réel espoir. Très malheureusement, il a cédé place au désespoir. De ce fait, le président de l'OGDH a conseillé que « les normes auxquelles nous souscrivons doivent être respectées ». Et pour ce faire, il a demandé aux médias de collaborer étroitement avec les défenseurs des droits humains.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu