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Lois sur la liberté de la presse : le point du vue d’un patron de presse guinéen
Heinan Goba Lundi, 20 Janvier 2014 19:15
Pour Souleymane Diallo, patron du groupe de presse Lynx-Lance et directeur général de la radio Lynx FM, ancien membre du Conseil national de la transition, « il n’est pas illusoire de croire qu’en République de Guinée, la presse est totalement libre même si la loi de mai 2010 sur les médias en général renvoie à l’application du code pénal ». Il s’agit tout simplement de faire comprendre au journaliste qu’il est avant tout citoyen, a-t-il précisé.
Monsieur Diallo qui s’exprimait jeudi 16 janvier 2014 à la faveur d’une conférence sur le thème : « les lois sur la liberté de la presse, quelles innovations pour quelles applications ? », a dit que « c’est pour des raisons d’équité et de justice et non par erreur que les rédacteurs de cette loi dont il fait partie, ont demandé que soit appliqué le code pénal contre un journaliste qui sort du cadre de media qui signifie intermédiaire, pour devenir acteur ou complice ».
« Ce n’est pas une faute. Ce n’est pas aussi contre la liberté de la presse. C’est de la justice, rien que de la justice. Si c’était à refaire, je le referais », a martelé le directeur général de la radio Lynx FM, une des antennes privées de Conakry. Même s’il reconnait que ce sont ses dispositions textuelles qui pourraient coûter à Mandjan Sidibé, ancien directeur général de la radio Planète FM, des poursuites pénales, Souleymane Diallo juge la loi L02 de mai 2010, très bonne pour la presse guinéenne.
« C’est de la peine de voir des journalistes en danger. Ils méritent d’être défendus » a toutefois conseillé le patron du Lynx, l’un des premiers titres de la place. Avant de demander aux journalistes présents, par confraternité, de soutenir Mandian Sidibé au cours de cette épreuve difficile qu’il traverse. Quoi qu’il soit sorti du cadre d’intermédiaire, donc de la presse. En précisant une fois de plus que : « en faisant le texte, on n’a pas pensé à nous seulement, mais au général sachant bien que cela peut conduire le journaliste en prison. »
Avant de terminer, Souleymane Diallo a fait remarquer qu’il y a toujours d’énormes problèmes autour de l’application des lois sur la presse. Certaines juridictions appliquent la première pendant que d’autres appliquent la seconde. Tout cela, d’après lui, est dû au fait que « toutes les lois de la transition ont péché par la forme. Elles n’ont pas suivi le processus normal d’élaboration des lois de la République. » Erreur qui fait que, selon lui, aujourd’hui, la loi sur l’accès à l’information publique est toujours classée.
Toutefois, la conquête de la liberté étant un processus, le vétéran de la lutte pour l’éclosion d’une presse libre et indépendante en Guinée a demandé aux jeunes journalistes de se battre pour que la loi sur l’accès à l’information publique, une loi aussi important ne soit pas classée. Car au-delà des journalistes et des chercheurs, il permet aux simples citoyens de savoir ce qu’il y a dans leur pays. Puisque cette loi oblige l’administration à répondre à leurs interrogations.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
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