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Des homosexuels interpellent discrètement des ONG des droits de l’homme

Bernard Kolié  Samedi, 18 Janvier 2014 12:57

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homosexuels_01La pesanteur socioculturelle fait que l’homosexualité est parfois versée dans le compte des mauvaises mœurs. C’est le cas dans notre pays où certains homosexuels commencent à s’inquiéter de leur sort, et entendent ainsi se rabattre sur des ONG de défense des droits humains, comme Avocats sans frontières Guinée (ASF Guinée), pour échapper à la « géhenne ».

De nos jours, la problématique de l’homosexualité qui est devenue une réalité dans la plupart des pays occidentaux et africains, dont certains l’ont reconnu dans leurs législations comme en France, est un véritable tabou en Guinée. Cet état de fait est dû à un certain nombre de facteurs socioculturels et religieux tels que les croyances traditionnelles, la forte islamisation du pays et des valeurs chrétiennes.

Cependant, malgré la résistance et le refus catégorique des pays africains, la pratique de ce phénomène gagne de plus en plus de terrain parce que c’est la manifestation des droits et des libertés qui sont par la Déclaration universelle des droits de l’homme et par plusieurs législations nationales qui aspirent à la promotion des droits et des libertés individuelles.

En Guinée, les adeptes de cette pratique vivent encore dans la peur et se cachent davantage en vue d’échapper à d’éventuelles colères et violences des populations. Mais ils prennent néanmoins le courage de se confier aux défenseurs des droits de l’homme en espérant qu’un jour, ce droit leur sera reconnu afin qu’ils puissent en jouir librement.

C’est le cas d’un consortium d’ONG de défense et de promotion des droits de l’homme qui, au cours d’une enquête sur les violations des droits de l’homme suite à une série de manifestations sociopolitiques à Conakry courant août 2013, a rencontré trois jeunes homosexuels dans une zone de la commune de Ratoma. Ces jeunes ont par ailleurs déclaré à ces enquêteurs qu’ils sont homosexuels avant de leur avouer qu’ils ne peuvent pas s’afficher par peur, comme disait l’un d’entre eux, « d’être brûlés vifs ».

Car, en début d’année 2013, un enseignant d’un collège de la banlieue de Conakry s’étant livré à cette pratique, a échappé de justesse au lynchage de ses propres élèves avant d’être muté à l’intérieur du pays.

Par ce constat, nous interpellons les autorités compétentes à prendre toutes leurs responsabilités pour éviter que ces homosexuels soient à la solde de la justice populaire.


Bernard Kolié
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
 

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