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PEDN : ce qui a motivé Zalikatou Diallo

Thierno Fodé Sow  Mercredi, 15 Janvier 2014 17:02

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DIALLO_Zalikatou_3_01La présence de Zalikatou Diallo à l’élection du président de l’Assemblée nationale, lundi, en a surpris plus d’un. Son parti ne s’est pas posé mille questions. La dame est à exclure. Ce qui fut fait. Zalikatou Diallo, désormais ex-secrétaire nationale du PEDN de Lansana Kouyaté, donne en effet les motivations de sa dissidence. Déclaration :

« Après l'instabilité politique chronique de ces dernières années qui a sérieusement perturbé la vie nationale avec des conséquences fâcheuses sur l'amélioration des conditions de vie du peuple de Guinée, la classe politique a fini par s'entendre à la faveur du dialogue politique inter-guinéen organisé du 5 au 9 juin 2013 et qui a débouché sur l'accord politique du 3 juillet 2013. Cet accord a donné des assurances à l'opposition républicaine sur ses points de revendication en instance et permis l'organisation des élections législatives inclusives le 28 septembre 2013.

Si le peuple de Guinée s'est massivement mobilisé le jour du vote, après la proclamation par la CENI des résultats provisoires de ces élections, une vague de protestation et de contestation de ces résultats sur fond de dénonciation de fraudes et d'irrégularités a été observée aussi bien au sein de la mouvance qu'au sein de l'opposition républicaine.

Dans le respect de la constitution, les partis en lice ont décidé de se référer à la Cour suprême en y introduisant des recours. Mais la Cour suprême au terme de ses assises, a proclamé les résultats définitifs en confirmant en l'état, ceux provisoires que lui avait transmis par la CENI.

L'opposition républicaine, comme il fallait s'y attendre, a de nouveau contesté ces résultats, fustigé la Cour suprême qui s'est déclarée incompétente pour statuer sur le contentieux électoral et menacé de saisir les juridictions supranationales et les Nations Unies.

Par conséquent, l'opposition républicaine, au terme de deux réunions qui n'ont pas permis de définir une position commune sur l'épineuse question de siéger ou pas à l'Assemblée nationale, et après consultation de sa base, a finalement décidé à l'exception de mon parti, le PEDN, de siéger à l'Assemblée nationale.

C'est le lieu de préciser que personnellement, je n'ai jamais approuvé, ni adhéré à cette décision du parti, qui de mon avis ferait plus de mal que de bien au parti.

En effet, j'appartiens à cette minorité favorable à ce que le parti siège, à l'issue des fameuses consultations menées de manière peu orthodoxes et transparentes, que j'ai d'ailleurs vivement dénoncées.

J'ai en vain tenté de convaincre mes collègues du bureau exécutif national et le président du parti favorables au boycott, du danger réel que court le parti en prenant une telle décision.

A partir de cet instant :

j'ai décidé avec le soutien sans équivoque de mes proches, de siéger à l'Assemblée nationale sans l'accord de mon parti.

Autant, j'ai été fière d'avoir loyalement servi le parti et pris une part active dans son ascension fulgurante, autant je serai fière sinon plus de servir mon pays en tant que députée de la République.

Je souhaite que cette décision mûrement réfléchie dans le strict respect de mes convictions personnelles ne donne lieu à aucune polémique stérile qui serait lourde de conséquences pour l'image et la stabilité du parti.

Aux camarades militantes, militants et sympathisants du PEDN qui ne doutez certainement pas de ma fidélité, de mon dévouement et de mon engagement pour la cause de notre parti, je demande votre compréhension face à ma décision qui était devenue inévitable.

Le moment venu, vous en saurez davantage sur les mobiles et le bienfondé de ma décision.

Pour terminer, je tiens du fond du cœur à remercier très sincèrement les femmes de Guinée en général, en particulier la porte-parole du cadre de concertation des filles-femmes des partis politiques en Guinée, Mme Aissata Daffé, la présidente de la coalition des femmes-filles de Guinée pour le dialogue, la consolidation de la paix et le développement, Dr Makalé Traoré, les femmes députées de la troisième législature, pour le soutien spontané manifesté à l'endroit de ma modeste personne afin d'éviter une diminution du nombre de femmes députées à l'hémicycle.

Je remercie enfin tous ceux qui de près ou de loin m'ont apporté leur soutien, exprimé leur encouragement et leurs vœux de succès à l'Assemblée nationale. »


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


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