Safa Tounkara Dimanche, 12 Janvier 2014 18:48
C’est durant trois (3) heures de débat sur La Radio DSP (Débat sans passion), que l’honorable Aliou Condé, secrétaire général du premier parti d’opposition guinéenne, a débattu sans tabou avec ses compatriotes sur tous les sujets culminants de l’heure.
De sa propre gestion administrative, quand il était secrétaire général et ministre, jusqu’à son combat politique au sein du parti UFDG, l’honorable Aliou Condé a répondu aux différentes questions et inquiétudes des auditeurs.
Différents thèmes ont été abordés durant l’interview.
Sur les questions relatives à sa gestion au ministère des Transports en tant que secrétaire général ou ministre, l’honorable dira qu’il met au défi quiconque pourrait apporter une quelconque preuve de mauvaises gestions notamment en ce qui concerne les procédures de passation des marchés publics, le scanner au port, etc... Il précisera que c’est cette rigueur dans la conduite et l’exécution des contrats qui suscitera la confiance des partenaires étrangers et singulièrement du commissaire au développement, le Belge Louis Michel. D’ailleurs depuis, une amitié est née entre ce dernier et l’équipe de Cellou Dalein et se perpétue aujourd’hui à travers l’Internationale libérale. Comme pour dire que dans le système Conté « Tous les œufs n’étaient pas mauvais ».
Au sujet du caractère national de son parti, il a montré cette réalité en citant des responsables du parti originaires des quatre régions naturelles de la Guinée. Il a mis en exergue le niveau d’implantation du parti sur le plan national et international. Pour lui, cette stigmatisation de l’UFDG, de « parti peul », n’est qu’une fabrication à des fins électoralistes. Et il a demandé à ce que les Guinéens s’attèlent aux débats de visions, de projet de société et de programme de gouvernement. Il fonde l’espoir qu’en 2015, les débats seront centrés sur de tels enjeux.
Sur la question des capacités de gestion du président du parti Elh Cellou Dalein Diallo, l’honorable n’a pas manqué d’exprimer son respect et sa confiance aux compétences de ce dernier. Il dira : « j’ai vu l’homme à l’œuvre, c’est un technocrate rigoureux et compétent. Il représente un homme de valeur et j’ai confiance en ses capacités de bien gérer le pays. Et sa moralité est hors pair ! »
C’est pourquoi, il a acquis la confiance en général des principaux partenaires techniques et financiers (PTF) et des commissaires au développement de l’Union européenne en particulier.
Pour Aliou Condé, ceux qui accusent les anciens ministres de crimes économiques, doivent en apporter les preuves, et il sollicite que les résultats des derniers audits soient publiés. M. Condé citera une panoplie de dossiers passés au peigne fin par la commission d’audit : fonds d’entretien routier, la navale, fonds kowétien, etc.
Selon lui, les résultats n’ont pas été publiés du simple fait qu’aucun dossier n’épingle Cellou Dalein sur qui, tous les gouvernements successifs ces dernières années, cherchent désespérément à coller une ardoise au sujet de sa gestion.
En ce qui concerne son parti UFDG, Aliou Condé expliquera les raisons qui ont motivé l’opposition à participer aux élections législatives et donnera plusieurs exemples sur les cas de fraudes. La technique de fraude a été adaptée suivant les zones. En Moyenne Guinée, le découpage électoral a volontairement éloigné les électeurs de l’opposition de leurs bureaux de votes. Il donnera comme exemple la localité de Tamagaly dans Mamou où les BV étaient situés à 45 km, tandis qu’en Haute Guinée où l’opposition était mal représentée, ils ont tout simplement substitué les procès-verbaux issus des urnes.
Pour lui donc, l’opposition a fait un bilan des anomalies ou dysfonctionnements du processus électoral passé et il promet qu’elle prendra les dispositions nécessaires pour éviter de commettre les mêmes erreurs.
A l’hémicycle, l’opposition ne se mettra pas dans une posture de résistance ou d’opposition systématique face à la mouvance. L’opposition participera aux débats parlementaires de bonne foi et fera de l’intérêt supérieur de la nation le paramètre essentiel du vote favorable à l’avancée des projets de lois ou de budget.
Au sujet de la relation Bah Oury - Elh Cellou Dalein Diallo, pour Aliou Condé, il est évident que les relations entre les deux hommes ne sont pas au beau fixe. Il souhaite que les deux se mettent ensemble pour trouver une solution à leur désaccord. L’honorable tient à ce que les débats restent à l’interne. Car, il y va de l’intérêt du parti et des dirigeants de l’UFDG.
Du gouvernement d’Alpha Condé, Aliou Condé estime qu'Alpha Condé a raté l’opportunité d’être un président réconciliateur dès le début de son mandat. Son tout premier discours n’était pas porteur d’espoir. Aliou Condé ajoute : « il est vrai qu’Alpha Condé n’est pas responsable du repli identitaire dont souffre notre société, par contre il a exacerbé la situation en tenant des discours maladroits ».
S’agissant du bilan, il affirmera qu’il est totalement mitigé. « Alpha Condé n’a pas su mettre en place les fondements pour un développement durable. Ses actes ne rassurent pas les observateurs avertis ». Pour lui, la mise en place d’un système de contrôle et de transparence est la première condition pour engendrer la bonne gouvernance. Il propose que l’Etat se focalise sur la valorisation des ressources humaines en investissant substantiellement dans l’éducation (au moins 30% du budget) et qu’il fasse de l’agriculture l’une des priorités des priorités du pays.
Pour conclure, il remerciera la radio DSP et encouragera ces jeunes à continuer ce genre d’émission pour permettre aux Guinéens de se comprendre, de s’entendre et s’accepter.
Aliou Condé dira : « Aujourd’hui c’est beaucoup plus le secrétaire général de l’UFDG qui était là, qui essaye de vendre un peu la vision de son parti. Et évidemment, cette vision est forcément tributaire de ce que nous avions été par le passé, de la culture que nous avions par le passé, et nous nous avons la culture vraiment du respect de l’Etat de droit, la culture du respect des règles et des procédures et nous pensons que c’est avec cela qu’on peut faire que tous les Guinéens soient égaux, c’est avec cela que nous pouvons aller à la réconciliation nationale, c’est avec ça que nous pouvons tous parler du développement de notre pays. »
Safa Tounkara
Cellule de Communication UFDG
Voici le lien pour ceux qui souhaitent réécouter l’émission : http://soundcloud.com/debatsanspassion/debat-sans-tabou-5