Administration publique: le triomphe des vieux pères… insatiables !

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L’administration publique guinéenne prend sérieusement des rides surtout au plus haut sommet de l’Etat. Les mêmes têtes aux cheveux grisonnants ‒ souvent au garage avec des postes farfelus comme ceux appelés « conseiller Â» ‒ sont sans cesse dépoussiérées pour meubler des fonctions de ministres, entre autres. C’est manifestement le triomphe même de la gérontocratie : les patriarches endurcis confinés dans l’administration sont insatiables.

Le hic est que ces vieux pères sont dépassés. Ils pensent au passé et agissent sans concertation. Avec des arguments du genre : « J’ai commencé à travailler avant ta naissance… Â», « Mon fils tu n’as rien à m’apprendre Â», « C’est toujours comme cela qu’on a travaillé Â», etc. Des déclaration qui tranchent avec l’esprit de renouveau qui habite bien des jeunes, formés et qualifiés pour donner du sang neuf à nos structures. Aujourd’hui, on vit une réelle querelle de générations. Mais cela n’émeut point ces vieux pères. Dans les bureaux, déjà exigus et chauds, ils intiment par exemple que les climatiseurs soient coupés. Quand ils viennent au bureau, c’est pour envoyer faire des commissions. Pour s’asseoir, ils implorent Dieu, pour se lever, ils en font de même. Ils sont fatigués mais ne veulent nullement lâcher prise. Chaque année, ils usent de leurs subterfuges, avec la complicité de certains cadres véreux de la Fonction publique et des Finances, pour rallonger leur durée dans l’administration. Et cela, d’année en année.

Mais aujourd’hui, il parait que ce scénario n’est plus possible au niveau de ces deux départements où corruption rampante et impostures étaient jusqu’à une date récente admises comme système de gouvernance. A la lecture du gouvernement Condé, on remarquera que Kerfala Yansané, Bamba de l’Alphabétisation, etc., symbolisent ces « jeunes premiers Â» mêmes qui refusent de voir pousser les cheveux. Supposer que Jean-Marie Doré ait le perchoir du Parlement, la Guinée aura tout eu : un président septuagénaire avancé, un président de l’Assemblée nationale tout aussi septuagénaire et un possible Premier ministre du même âge.


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


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Commentaires  

 
-1 #7 amadousdialamba 13-01-2014 02:34

En évoquant le problème du vieillissement très avancé de notre administration, j’ai voulu tout simplement mettre en exergue le fait qu’une administration vieillissante de près de 75 ans et plus, atteint difficilement 50 % de sa capacité de rendement. On peut aujourd’hui estimer le nombre de cadres de cette catégorie à, au moins, 30 % de l’effectif total. Sans considérer les dinosaures de la boite qui se sont joués de la vigilance des agents de la fonction publique, pour se rajeunir plus de deux fois sur papier en vue d’échapper à la retraite. Alors annuellement un manque à gagner considérable pour la République. Je sais que parmi eux il y a eu des brillants cadres et d’une grande capacité intellectuelle. Mais ils sont de plus en plus rares et parviennent difficilement à pouvoir suivre le rythme de la révolution technologique. Je sais également comme tout le monde, que ces respectables personnes ont beaucoup fait pour la Nation guinéenne. Simplement, comme disait l’autre, on ne peut pas faire son temps, faire celui de son fils et prétendre réaliser celui de ses petits-fils. Aujourd’hui, notre Guinée vit pleinement cette réalité. Personne ne me persuadera que ces centenaires gardent toujours, même 50 %, de leur capacité physique, mentale et intellectuelle. Les hommes comme les services ont besoin d’être adaptés aux réalités du siècle. Prenons par exemple le cas de la presse écrite ou les services postaux. Avec l’entrée en compétition de la nouvelle technologie, les agences publicitaires qui faisaient survivre les journaux en papier se sont tournées vers les médias électroniques, sauf chez nous peut-être. Plusieurs locaux de ces journaux dont certains sont vieux de près 100 ans sont en train de mettre les clés à leurs portes, faute de rentabilité. Avec les courriels aussi, plusieurs boites postales ont été fermées. Ces exemples parmi tant d’autres, expliquent un peu la nécessité pour notre pays de se mettre au pas. Ces moyens de communications qui, pourtant, ont fait la pluie et le beau temps traversent aujourd’hui d’énormes crises économiques et tendent à disparaitre définitivement. Car actuellement la majeurs partis des lecteurs sont déjà de l’autre rive de l’avancée technologique (Internet, ipad, andriod, brf, téléphones mobile…). Ne survivront à ces vagues de modernisation que les Etats qui sauront s’adapter à cette technologie exigeante. Les pays qui refusent de prendre au sérieux cette réalité se feront dévorer longtemps pas les autres. Il faut donc trouver les moyens pour faire le pont entre l’ancien et le nouveau monde. Le monde est aujourd’hui dans une phase qui ressemble au passage du moyen âge à la civilisation. Nous sommes dans une révolution menant vers une vie plus confortable et moins encombrante. Avec un portable, ou un simple clic, nous pouvons aujourd’hui accomplir plusieurs taches : travailler en cours de route, lire les journaux, faire des articles, recevoir et répondre les courriels... Je vois mal donc comment notre pays parviendra à suivre le rythme de l’évolution de ce monde. Surtout qu’il est dominé par ces anciens qui, pour la plupart, n’e sont jamais ou rarement mis en face d’un quelconque écran. Ils refusent surtout de voir cette nécessité de s’adapter en face. Plus inquiétant pour nous, jusqu’en ce 21 siècle le pays a du mal à satisfaire ses besoins en énergie.
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+2 #6 A.O.T. Diallo 11-01-2014 14:11

Un nouveau record Guiness en vue: le 1e pays a avoir un triumvirat au pouvoir totalisant 240 ans au XXIe siecle.
L'URSS et la Chine du XXe siècle seront jaloux...
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+2 #5 Gandhi 11-01-2014 09:58

Citation en provenance du commentaire précédent de amadousdialamba:
La grande majorité de cette vieille génération continue de gérer l’administration par la méthode antique.

Effectivement ce n'est pas l'âge qui gêne outre mesure (on peut être vieux mentalement à 20 ans et être jeune à 70), que la manière de gérer à l'ancienne, toujours tournée vers le passé. La mondialisation, connais pas...
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+1 #4 amadousdialamba 11-01-2014 03:00

Parmi les facteurs rendant l’administration guinéenne encore plus en retard et surtout médiocre figure le problème de la fracture numérique. La nouvelle génération née dans la technologie, grandie dedans, bien formée, devrait remplacer aujourd’hui près de 60 % des centenaires de notre administration publique. Ces vieux, tous rajeunis sur papier à peu près de la moitié de leur âge normal, restent un véritable frein pour l’évolution de notre pays. Malgré leurs âges très avances (68 ans et plus), ces doyens refusent catégoriquement, et sans gêne, de laisser les postes à leurs fils vieillissant dans la mise par manque d’emploi. Au moment où plusieurs pays s’emploient à diminuer au maximum leur bureaucratie, au moment où le monde entier est interconnecté, en Guinée, nos doyens eux, continuent de s’éterniser, tirant ainsi le pays vers le bas (par la fatigue, les trous de mémoires, l’archaïsme…). La grande majorité de cette vieille génération continue de gérer l’administration par la méthode antique. Ils se promènent encore avec des cartables bourrés de paperasses comme au 19è siècle. Evidemment l’absence d’énergie aussi fait de notre Guinée, un pays complètement en retard.
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+1 #3 Guinean 10-01-2014 22:23

J'avais predit ce scenario qui est en phase de se materialiser: les pires ennemis de Cellou ce sont ses potes de l'opposition. Le boycotte de Kouyate vat aussi dans ce sens. D'autres surprises non des moindres attendent aussi.
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0 #2 se 10-01-2014 21:29

Comme les jeunes ne veulent pas faire leur travail qui consiste a dégager ces vieux caimans, ces vieux continueront a occuper tous les postes et faire le travail des jeunes. Les jeunes de Guinée acceptent tout sinon on aurait jamais tomber si bas.
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+1 #1 Gandhi 10-01-2014 21:15

"Guinea is back"
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