Imprimer

Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition : « le régime Condé a détruit autant d’emplois qu’il en a créés »

Heinan Goba  Mardi, 24 Décembre 2013 17:17

Facebook

 

SYLLA_Aboubacar_10_01L’opposition républicaine a exprimé ce mardi, au cours d’une conférence de presse, son regret de voir le président Alpha Condé confier l’examen de la loi de finances initiale 2014, une activité aussi importante, au parlement de la transition alors qu’une Assemblée nationale représentative du peuple est élue et attend avec impatience d’être convoquée pour sa première session. Aboubacar Sylla, le porte-parole de cette opposition, Jean Marie Doré de l’UPG et Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, tous élus députés, ont principalement animé cette conférence.

D’après Aboubacar Sylla, il aurait été opportun de laisser la nouvelle Assemblée s’installer et de la saisir du projet de loi de finances initiale 2014. Malheureusement… Pour l’honorable Sylla, le gouvernement a certainement des choses à cacher. Des choses qu’une assemblée responsable, comme celle qui vient d’être élue, serait en mesure de rejeter. Raison pour laquelle il a préféré confier ce travail au Conseil national de la transition (CNT) qui s’est avéré, depuis son installation, comme une chambre d’enregistrement des décisions du pouvoir.

Bref, a poursuivi Aboubacar, cela ne surprend guère car le gouvernement du président Condé est connu pour être celui qui ne peut qu’évoluer dans un environnement conflictuel. Et de marteler que cette fuite en avant ne va pas se perpétuer. Puis qu’une fois l’Assemblée nationale installée, tout sera réexaminé, des accords en passant par les codes et les projets de loi adoptés par le Conseil national de la transition, qui s’est autoproclamé en assemblée nationale alors qu’il n’était qu’une assemblée constituante.

Le bilan des trois ans de magistrature d’Alpha Condé n’a pas échappé à la critique du porte-parole de l’opposition. Selon Monsieur Sylla, « trois ans après l’avènement d’Alpha Condé, tout a reculé. La misère est palpable. Même les entreprises qui ont fonctionné à des moments difficiles ont dû fermer ». A cause de l’insécurité, il ne peut pas y avoir d’investisseurs. Pour Aboubacar Sylla, c’est donc archifaux qu’il y a eu de la part du gouvernement Condé de la création d’emploi. Au contraire, selon lui, « le régime Condé a détruit autant d’emploi qu’il en a créés ».

Pour sa part, Cellou Dalein a réaffirmé qu’en dépit de l’atteinte de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE), beaucoup de choses sont restées en l’état ou se sont même profondément dégradées. A l’image des droits politiques et des libertés. En trois ans, selon lui, près de 60 personnes ont été victimes de la répression des manifestations politique. Pendant qu’on parle de progrès en matière de démocratie et d’instauration de l’Etat de droit, aucune enquête administrative n’est ouverte, à plus forte raison, une information judiciaire.

Jean Marie Doré a quant à lui parlé des négociations qui sont en cours en vue de ramener le PEDN à de meilleurs sentiments. Quoiqu’optimiste sur la question, le leader de l’UPG laisse le parti, qui sait ce qui est bon pour lui, faire son choix. Toutefois, comme Cellou Dalein, Doré souhaite que Lansana Kouyaté, qui conteste toujours le résultat des élections, revienne à de meilleurs sentiments. Car son refus de siéger pourrait affaiblir l’opposition. Qui, rappelle-t-il, a réussi à empêcher le pouvoir d’obtenir une majorité au Parlement, comme il le souhaitait.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article
Facebook