Selection de vidéos
Partenaires
Assemblée nationale : l’opposition décide de siéger, mais…
Boubacar Bagnan Diallo Mardi, 17 Décembre 2013 19:04
L’opposition a mis fin au suspense qui a duré des semaines quant à la question de savoir si elle va siéger ou non au parlement. Le 12 décembre 2013 réunis au QG de l’Union des forces démocratiques de guinée (UFDG), les leaders de l’opposition guinéenne ont finalement décidé de siéger à l’Assemblée nationale. Cette décision consécutive à de nombreuses consultations menées avec sa base, dit-on, doit être accompagnée par la mise en place d’un cadre permanent de dialogue politique dont la mission essentielle sera de veiller et de prendre, le cas échéant, toute mesure nécessaire à l’application de l’intégralité des mesures convenues dans le cadre de l’accord politique inter-guinéen du 03 juillet 2013.
Au sortir de cette réunion qui a mobilisé tous les ténors de cette opposition, son porte-parole Aboubacar Sylla au nom de ses pairs a fait lecture de la déclaration justifiant le choix de siéger.
« Les partis membres de l’opposition républicaine, prenant en compte les positions exprimées par leurs bases et structures respectives, tenant compte des plaidoyers de la société civile et des souhaits formulés par la communauté internationale, décident de faire siéger leurs députés élus à l’Assemblée nationale issue des élections législatives du 28 septembre 2013 », a souligné le leader de l’Union des forces du changement (UFC).
Cette décision est motivée par les raisons essentielles suivantes explique-t-il. Il s’agit de « la consolidation de la paix et de la cohésion nationale en vue de contribuer à la mise en place d’un environnement sociopolitique plus stable et plus favorable à l’amélioration des conditions de vie des populations ; la possibilité pour les députés de l’opposition d’empêcher l’adoption inappropriée de lois susceptibles de remettre en cause les acquis démocratiques et les libertés fondamentales, l’aptitude de l’opposition à initier des lois permettant de contenir les dérives du pouvoir en matière de gouvernance politique, économique et sociale, et de favoriser la création d’investissements sociaux de base et plus généralement de contribuer à la lutte contre la pauvreté, l’exclusion et l’injustice, l’implication obligatoire de l’opposition, en raison de l’absence de majorité qualifiée de la mouvance présidentielle, dans la définition et la mise en œuvre des conditions de création et de fonctionnement des institutions de la République (Cour constitutionnelle, Cour des comptes, Cour suprême, Haute cour de justice, Haute autorité de la communication, Conseil supérieur de la magistrature, Médiateur de la République, Commission électorale nationale indépendante, Haut conseil des collectivités locales, institution nationale indépendante des droits humains) », a justifié le porte-parole.
Poursuivant, Aboubacar Sylla, dira que pour permettre à l’opposition d’atteindre ses objectifs de promotion de la paix civile et de sauvegarde de la stabilité politique, la participation de l’opposition au futur Parlement doit s’accompagner de la mise en place urgente d’un cadre permanent de dialogue politique dont la mission essentielle sera de veiller et de prendre, le cas échéant, toute mesure nécessaire à l’application de l’intégralité des mesures convenues dans le cadre de l’accord politique inter-guinéen du 03 juillet 2013, au nombre desquelles figurent « le recrutement du nouvel opérateur technique qui aura la charge de la révision du fichier électoral devant servir à l’élection présidentielle de 2015 ; l’élaboration d’un calendrier électoral pour les prochaines échéances incluant les élections communales au 1er trimestre, l’indemnisation des victimes des violences survenues à l’occasion des dernières manifestations de l’opposition, l’identification et la poursuite judiciaire des auteurs et commanditaires des crimes commis par les forces de l’ordre lors de ces manifestations ; l’application effective des dispositions constitutionnelles relatives à la neutralité du service public et à un accès équitable de tous les partis politiques aux médias de service public », conditionne-t-il au nom de ses mandataires. Toutefois précise-t-il, « l’opposition républicaine a pris acte que le Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), tout en réaffirmant son appartenance à l’opposition, a décidé de ne pas siéger à l’Assemblée nationale ».
« L’opposition félicite ses militants et sympathisants pour leur constante disponibilité et remercie la communauté internationale pour son implication inestimable en faveur de la finalisation de la transition politique ouverte en Guinée depuis décembre 2008. L’opposition saisit cette occasion pour rendre un ultime hommage à toutes les victimes des violences exercées lors de ses manifestations pacifiques et exige des autorités politiques actuelles qu’il soit mis un terme définitif à l’impunité qui accompagne systématiquement ces crimes et encourage leur récidive’’, a conclu Aboubacar Sylla.
Cette décision de l’opposition de participer à la future législature a été diversement interprétée. En effet dans les milieux favorables à l’opposition, certains craignent que le pouvoir ne roule Dalein et ses pairs dans la farine, encore une fois. C’est le cas de Lansana Kouyaté, le président du PEDN, qui pense que la participation de l’opposition au Parlement ne changera en rien le cours des choses. Avec un pouvoir qui n’en fait qu’à sa tête. L’avenir permettra de nous éclairer sur cette question.
Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
![]()
Commentaires
L'opposition exige le retrait du projet de loi des finances 2014 adopter par le CNT a la demande du grimpeur.
Nous verrons ce que ça va donner.








