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Affaire des « Roundhés » en Moyenne Guinée : comment l’installation d’une antenne « mandinjallon » a échoué !

Saliou Diallo  Mardi, 17 Décembre 2013 00:41

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Roundhes_Fouta_01En Moyenne Guinée, il y a quelques mois, l’installation d’une antenne dite du « mandindjalon » et l’affaire des « Roundhés » a défrayé la chronique. Notre reporter s’est rendu dans la région administrative de Labé, ville située à plus 400 km de la capitale. Voici son enquête.

A Labé, le gouverneur de la ville, Saidou Keita, qui a été accusé à un certain moment d’être le cerveau de l’installation du « manding Jalon » balaie d’un revers de la main ces allégations et déclare sans coup férir : « C’est un problème qui a été inventé. J’ai été même accusé dans cette affaire, alors que je suis l’un des défenseurs de l’unité nationale. C’est ce pourquoi le chef de l’Etat m’a mandaté, à savoir promouvoir la paix et l’unité nationale. Je ne peux pas accepter une idée du genre se propager dans cette région et qu’elle se consolide. C’est dans l’unité qu’on peut réussir. Les instructions que j’ai reçues, c’est de mobiliser tout le monde pour aller de l’avant », a-t-il dit.

Nous sommes dans le district de Souriya, sous-préfecture de Diari le jeudi 5 décembre dernier à 12h lorsque nous pénétrons dans la cour de M. Malado, 1er imam de la localité. Interrogé sur les relations qui existent entre ceux qui s’appellent les « Roundhé » et les autres couches, il déclare : « Ce sont des relations qui datent depuis des siècles avec ces personnes qu’on appelle communément « Roundhés ». Nous vivons en harmonie et nous n’avons jamais eu de problème. Sauf que ces derniers mois, des personnes arrivées de Conakry et de Pita, sont venues nous faire une proposition qu’on a trouvé déplacée et irresponsable. En fait, ils ont voulu mettre dans l’esprit de ceux qu’on appelle les « Roundhés » qu’ils sont exploités et maltraités. Lorsqu’ils ont fini de distiller ce genre d’idées à ces gens, ces derniers sont venus nous trouver et avaient pris la décision de les garder pour aller se plaindre à l’autorité. Finalement, on s’est entendu de les laisser partir. Après, on s’est retrouvé et on s’est concerté entre nous afin de sensibiliser les habitants de nos localités afin de consolider notre unité qui nous ait chère », a indiqué notre interlocuteur.

A quelques jets de pierres de là, nous sommes au district de Niogou. Là aussi, c’est le même discours qui prévaut. M. Abdoulaye Diallo, sage de ce district, est catégorique : « Ils sont venus pour tenter de nous diviser. Lorsqu’on a compris, nous les avons renvoyés car la Guinée n’a pas besoin de ça maintenant. Nous, on a des besoins primaires qui nous préoccupent. On n’a pas de route, pas de courant, pas d’eau. Si on doit envoyer des gens ici c’est pour nous aider dans ce sens.

A Koulatokosséré, district situé à près à 20 km de la région administrative de Labé, où nous nous sommes rendus le 8 décembre dernier, Elhadj Abdoulaye, président du district, confirme qu’il y a quelques mois un certain Satening est venu les convaincre pour installer une antenne « manding jalon » dans leur localité. Et de préciser : « Il n’a pas réussi car on habite en parfaite harmonie depuis des siècles. Ce dont on a besoin c’est d’un forage pour que le village ait l’eau, le courant, qu’on ait une route de Garki à Koulatokosséré.

Comme on le constate, les populations de la Moyenne Guinée vivent en parfaite harmonie.


Saliou Diallo
Envoyé spécial à Labé
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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