Recours à l’armée pour combattre le grand banditisme : une fausse solution à un vrai problème

Facebook Imprimer    

 

CAMARA_Abdoul_Kabele_01Face à la recrudescence du grand banditisme dans la capitale, le gouvernement a dévoilé des mesures coercitives lors d’une conférence de presse animée jeudi dernier à la Maison de la presse, dont celle de recourir à l’armée. L’opinion ne semble pas partante pour cette décision, car pour elle le véritable problème se situe dans la gestion de l’univers carcéral guinéen, où juges iniques et avocats véreux se disputent les malfrats comme des charognards sur des cadavres.

La conférence de presse a connu la présence du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Madifing Diané et du ministre délégué à la Défense, Abdoul Kabélè Camara, ainsi que des officiers de la gendarmerie et de la police, dont le général Ibrahima Baldé, Haut-commandant de la gendarmerie. Il y avait aussi à cette conférence le directeur national de la police, Mohammed Garé.

D’entrée de jeu, c’est le ministre délégué à la Défense qui a donné le ton en faisant part des mesures prises par l’Etat guinéen pour éradiquer le phénomène du grand banditisme. « Nous enregistrons des cas d’assassinats, de meurtres, de vols à mains armées, de braquages et de viols commis sur des paisibles citoyens Â», a introduit le ministre, qui a ajouté que « l’Etat a envisagé des mesures sérieuses pour éradiquer ces fléaux, mais au fur et à mesure que nous avançons, nous constatons que les bandits sont en train d’affiner leur stratégie. De nombreuses familles sont endeuillées Â», a regretté Abdoul Kabélè Camara.

L’Etat a pris des mesures, rapporte-t-il, à la hauteur et à la dimension véritable de la criminalité qui gangrène notre pays. « L’Etat ne reculera plus face au grand banditisme, face au désordre Â», dit-il.

« Afin de contenir ce phénomène, la commission de réflexion a suggéré l’implication exceptionnelle de l’armée en renfort à la police et à la gendarmerie lorsque celles-ci seront en face à des bandes armées. C’est une lutte pour traquer les bandits armés. Ce dispositif est commandé par la police et la gendarmerie. Il y aura des patrouilles mixtes, mais l’armée est associée indirectement Â», a révélé le ministre délégué à la Défense nationale.

« L’utilisation des armes n’est autorisée qu’en cas de nécessité absolue. L’armée viendra ainsi en appui pendant un certain temps. Les menaces internes qui nous guettent sont plus dangereuses que les menaces extérieures Â», a précisé le ministre.

Il a ensuite lancé cette mise en garde : « L’Etat ne pourra plus jamais laisser faire. Mais tout se fera dans le strict respect de la loi. L’armée n’interviendra qu’à des moments et des heures bien précis et en cas de nécessité. Le premier devoir de l’Etat est d’assurer la sécurité et contre toutes les menaces qui guettent la société Â», a indiqué M. Camara. « Je vous assure que l’heure est grave et que nous devons tous nous lever pour assumer nos responsabilités Â», a-t-il alerté.

Faut-il rappeler que c’est sur instruction du président de la République qu’une commission de réflexion a été mise en place pour déterminer les causes de ce fléau et de proposer des solutions.

A l’issue des travaux, explique le ministre, les causes suivantes ont été déterminées : « la prolifération des armes légères et de petits calibres, la fabrication des armes blanches, le manque d’éclairage public et l’urbanisation sauvage, l’absence de plan de sécurisation fiable, l’absence de synergie d’action entre les services de sécurité et les autorités locales, l’absence de fichiers criminels, le trafic, la vente et la consommation de drogue et autres stupéfiants, la porosité des frontières terrestres, maritimes et fluviales, la communication incitative de certains medias, le manque d’application de la réglementation des bistrots, le manque de rigueur au niveau des postes de contrôle, la manipulation politique de la jeunesse, l’exode rural, la faiblesse du système de contrôle des étrangers sur le territoire national, l’importation et le port illégal des effets militaires et paramilitaires Â», a cité le ministre.

Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Madifing Diané, a précisé dans sa brève intervention que « s’il y a lieu de faire une perquisition pour traquer les bandits, celle-ci se fera en conformité avec la loi. Nous nous engageons à faire tout ce qui est en nos moyens pour rétablir la sécurité Â», s’est-il engagé.

Cette mesure aussitôt annoncée, les défenseurs des droits de l’homme n’ont pas tardé à réagir. Pour le docteur Madjou Sow de l’Organisation guinéenne pour la défense des droits de homme, « l’armée n’intervient que dans des cas extrêmement graves. C’est à dire quand la situation est telle que la police et la gendarmerie ne peuvent plus tenir leur fonction d’assurer la sécurité. C’est à ce moment que l’armée peut intervenir Â», a expliqué le président de l’OGDH.

Dans la classe politique aussi, on voit d’un mauvais Å“il cette mesure. Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral estime que « les militaires guinéens ne sont pas préparés pour assurer la sécurité au quotidien. Les militaires partout dans le monde, d’ailleurs, ne sont pas préparés pour ça. Ils sont préparés pour le combat. On n’est pas en guerre pour que l’armée sorte dans la rue. L’armée doit être à la caserne. Si on n’en a plus besoin, on peut réorienter la mission de notre armée, mais elle ne doit pas être dans les rues. Â»

Il faut dire que l’opinion juge cette décision comme étant une fausse solution à un vrai problème. Car la Guinée n’en est pas encore à cette insécurité où des gangs investissent des quartiers entiers pour en faire des zones conquises voire de non droit. Pour le moment on peut considérer qu’il n’y a pas péril en la demeure. Ce qui veut dire que la police et la gendarmerie peuvent bien à deux traquer les bandits. Mais, c’est bien du côté de la justice que subsistent des inquiétudes. Avec une administration pénitentiaire à la merci de juges iniques et d’avocats véreux. Ce sont eux qu’il faudra avoir à l’œil. Car ils favorisent la libération des criminels, moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes.


Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+1 #12 kourouma karamoko 16-12-2013 15:56

Tas d'incapables (police et gendarmerie)! Plus promptes a tirer sur des paisibles citoyens et fuyant devant le plus petit malfrat!
Citer
 
 
+1 #11 Gandhi 16-12-2013 14:49

Citation en provenance du commentaire précédent de Mory Sylla:
Il faut utiliser toutes les ressources necessaires pour neutraliser ces bandits qui sement l'emoi dans les foyers.

Ils sont 50000, ils consomment 30 à 50% du budget, et ils ne sont pas capables de faire leur job (juste tirer à balles réelles sur leurs concitoyens). Qu'on les vire, ce sont eux les bandits.
Citer
 
 
+2 #10 Mory Sylla 16-12-2013 01:43

Il faut utiliser toutes les ressources necessaires pour neutraliser ces bandits qui sement l'emoi dans les foyers.
Si j'etais a la place du President,il ya longtemps que j'aurai deploye' les forces de defenses et de securite'(Armee',police,gendarmerie,Eaux et Forets,etc...)pour endiguer la maree' dangeureusement montante du grand banditisme.
Il ne reste plus qu'a definir le cadre d'operation de chaque unite' pour creer une strategie gagnante.
Les malfaiteurs ne peuvent pas faire la loi a Conakry et dans les autres villes de la Guinee'.
Les juges et magistrats incompetents et cupides,il faut les virer sans delai.
Citer
 
 
+3 #9 Le Voyant 12-12-2013 03:13

Citation en provenance du commentaire précédent de mamadou saliou bah:
" ............Quant " au controle des ETRANGERS sur le territoire national " ,NOUS vous avons dit de verifier a SEKOU TOUREYA ! (que je deteste cette appellation ! )

Koto Saliou Hitlerya, Hitlerya, La caverne d’Ali Baba, la bananeraie, Donzoya etc.....ou bien Mossikro……..ca sonne mieux a l’oreille et sa vous évitera de prononcer a chaque fois le nom de Amadou Satan Toure le fou de Faranah.
Citer
 
 
+4 #8 Farba Makka 11-12-2013 13:25

Un Guineanleonais (à ne pas confondre à notre Guinean communiste) m' interpelait sur l' incapacité et le manque de volonté de nos dirigeants actuels à mettre fin à cette tragédie. Il me dit qu' on est mieux en securité à Freetown, qu' à conakry. Poutant les autorités leonaises ont herité une situation plus KOtique que celle de guinée, puisque la guerre civile avait provoqué la proliferation des armes au sein de la population civile. Chose que la guinée n' a pas encore connu. Il ajoute qu' il y avait plus de barrages routiers (harcelement de passager et non un controle routier) entre pamelap et conakry qu' entre Freetown (ou sevissait une guerre civile) et pamelap aprés la courte incursion rebelle en Guinée.
Doyen Doumba! Comment est la situation à Abidjan?
Citer
 
 
+1 #7 alseny camara 11-12-2013 12:01

From Boubacar B. Diallo « Afin de contenir ce phénomène, la commission de réflexion a suggéré l’implication exceptionnelle de l’armée en renfort à la police et à la gendarmerie lorsque celles-ci seront en face à des bandes armées. C’est une lutte pour traquer les bandits armés. Ce dispositif est commandé par la police et la gendarmerie. Il y aura des patrouilles mixtes, mais l’armée est associée indirectement ». C'est la confusion totale, une intervention militaire dont le dispositif est commandé par la Police et la Gendarmerie, c'est du jamais vue. L'armée ne saurait se soumettre aux ordres des services paramilitaires. La solution serait de délimiter les zones d'interventions en envoyant l'armée dans les zones à risques et les services paramilitaires à la périphérie. Toutefois, l’intervention de l’armée est sujette à des risques « l’armée c’est pour nettoyer, ce qui différent du maintien d’ordre ». A bon entendeur salut. Vive la République de Guinée
Citer
 
 
+3 #6 Gandhi 11-12-2013 10:27

Les forces de sécurité au sens large consomment 30 à 50% du budget national. Pour faire quoi ? puisqu'elles sont incapables d'assurer leur mission, à moins que celle-ci ne consiste pas à protéger la population, mais à protéger le pouvoir de la population. En fait "l'ennemi" n'est pas à l'extérieur mais à l'intérieur...
Citer
 
 
+2 #5 TOOLA 11-12-2013 06:53

Certains de ces enjeux étaient visés dans la fameuse "réforme des forces de sécurité" annoncée tambours battants par koro himself, la main sur le coran et devant le grand architecte de l'Univers, comme priorité du gouvernement.
Quand Mme Boiro a été assassinée, il a dit:"Ce crime ne sera pas impuni"...
J'ai l'intime conviction que les bandits sont dans l'écrasante majorité des cas, des militaires et des policiers et que c'est l'impunité qui les a nourri depuis 3 ans.
Chez nous, les mots sont souvent piégés de sorte qu'objectivement, les hommes en treillis sont ceux qui tuent, violent, et bafouent la loi. Et la seule "sécurité" dont il est question dans ce coup de com' c'est celle du régime et accessoirement celle de ses partisans. Concernant les autres citoyens, elle appelée "loi", et des gens comme Madifing trépignent même de l'appliquer "je ne veux pas tuer mais...".
Bref c'est un manque de volonté (ou incompétence) manifeste doublé d'une mauvaise foi, et comme il faut donner une bonne image de leur gouvernance, des gages aux investisseurs et rendre des comptes aux bailleurs....
Citer
 
 
+4 #4 mamadou saliou bah 11-12-2013 02:03

" La proliferation des armes legeres et de petits calibres , la fabrication des armes blanches,le manqué d'eclairage public et l'urbanisation sauvage , l'absence de plan de securisation fiable , l' absence de synergie d'action entre les services de securite et les autorites locales ,l' absence de fichiers criminels , le traffic , la vente et la consommation de drogue et autres stupefiants, la porosite de des frontieres terrestres , maritimes et fluviales , la communication inactive de certains medias ,le manque d'application de la reglementation des bistrots , le manque de rigueur au niveau des postes de controles , la manipulation politique de la jeunesse , l'exode rural , la faiblesse du systeme de controle des etrangers , sur le territoire national , l'importation et le port illegal des effets militaires et paramilitaires " sont les causes determinees par le MINISTRE !
Qui veut bien dire a cet IDIOT que c'est ce que NOUS disons depuis 2010 !
Quant " au controle des ETRANGERS sur le territoire national " ,NOUS vous avons dit de verifier a SEKOU TOUREYA ! (que je deteste cette appellation ! )
Citer
 
 
+1 #3 Gandhi 10-12-2013 23:53

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
Vraiment la commission de réflexion du PPAC a fait un travail EXTRAORDINAIRE !

Quid de la réforme de la sécurité ?
C'est AC le Ministre de la défonce (pas d'erreur d'orthographe).
Toujours la chienlit.
Citer
 
 
+5 #2 A.O.T. Diallo 10-12-2013 22:32

Vraiment la commission de réflexion du PPAC a fait un travail EXTRAORDINAIRE !
Je voudrais bien savoir le temps et les perdiems dépensés pour ce travail remarquable...
Citer
 
 
+6 #1 celloumbah 10-12-2013 19:21

Que des mots, ils font rien sauf des détournements et tuer des militants pacifistes de l'opposition.
Citer