Après les législatives : Cellou Dalein Diallo fixe le cap

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DIALLO_Cellou_Dalein_30_01Lors de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti, tenue samedi dernier, le chef de file de l’opposition a révélé ses objectifs à court et moyen termes. L’opposant s’engage désormais à contrôler la majorité des communes et districts lors des élections communales et communautaires qui pointent à l’horizon, mais aussi à reconquérir le pouvoir en 2015.

Au cours de cette assemblée, Cellou Dalein Diallo a tout d’abord rendu un vibrant hommage au héros de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela, décédé à l’âge de 95 ans jeudi dernier. Ainsi pour l’opposant, Madiba est un homme exceptionnel. « C’est un homme exceptionnel, parce qu’il aurait pu engager une politique ou des actions qui visaient à se venger par rapport à ce qu’il a personnellement subi et par rapport à ce que les membres de son parti ont subi pendant le règne de l’apartheid. Mais il a appelé tous les Sud-africains à se pardonner et à se donner la main pour construire une nation forte et respectée Â», a témoigné samedi dernier le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), ajoutant que « pour la Guinée, c’est un deuil Â». « Nous avons constaté avec beaucoup de bonheur que le monde entier a reconnu le mérite de Nelson Mandela. Il bénéficie aujourd’hui d’un hommage unanime de tout le monde. C’est une source d’inspiration pour tous les hommes politiques africains. Il a su allier fermeté, courage, tolérance et attachement à un certain nombre de valeurs sans lesquelles, il aurait été difficile de réconcilier les Sud-africains compte tenu de l’histoire de ce pays Â», a certifié Cellou Dalein Diallo.

Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée s’est ensuite insurgé contre l’impunité qui a selon lui caractérisé les nombreuses tueries survenues lors des manifestations politiques de l’opposition. Cellou Dalein Diallo indique avoir « souffert Â» du manque de volonté politique pour traduire les auteurs de ces assassinats devant les tribunaux.

« Nous avons déploré l’absence de réaction de la part de notre gouvernement dont la première mission est de garantir la sécurité des citoyens. Nous avons enregistré le 54e jeune abattu par les forces de l’ordre depuis qu’Alpha Condé est au pouvoir.

Nous avons souffert de cette démission, du refus de notre gouvernement d’assumer ses responsabilités face à ces crimes odieux d’enfants de 13 ans, de 19 ans. Combien sont-ils qui ont été arrachés à l’affection de leur famille, Ã  notre affection ? Jusqu’à présent rien ! Â», s’est plaint le chef de file de l’opposition guinéenne.

Parlant des obsèques de Mamadou Bailo Barry et de Mamadou Dalaba Barry, le président de l’UFDG a souligné que Â« nous avons démontré que si les forces de l’ordre ne se mêlent pas, il n’y aura pas de violences. Nous avons pu accompagner à leur dernière demeure ces deux jeunes arrachés à notre affection, arrachés à l’affection de leur famille dans des conditions plus que révoltantes. Â»

Et Cellou Dalein Diallo d’ajouter : « Nous sommes choqués par l’indifférence coupable des autorités de ce pays qui sont incapables et qui n’ont pas la volonté de mettre fin à ces genres de crimes. Parce que tant que les autorités continuent de garantir l’impunité aux criminels, il y aura des crimes de cette nature. Lorsqu’au sein de la police et de la gendarmerie qui sont des entités bien organisées, bien hiérarchisées, on est incapable d’identifier l’auteur d’un crime, est-ce qu’on peut le faire lorsqu’il s’agit de rechercher le coupable parmi un million d’habitants ? L’armée et la gendarmerie sont structurées, dans les conditions normales on sait qui est le commandant de chaque groupe qui opère lors des manifestations. Si on avait la volonté politique d’identifier le coupable ou de situer la responsabilité, ceci ne serait pas du tout difficile parce qu’il y a la responsabilité administrative. Chaque groupe a un chef hiérarchique. On sait à quel point, dans quelle localité, dans quelle zone, à quelle heure, il y a eu le coup de feu. On sait qui est responsable, on n’a pas besoin d’une expertise particulière s’il y avait la volonté politique de mettre fin à ces crimes. Mais on les a encouragés parce qu’on a refusé de sanctionner même administrativement les responsables de ces crimes Â», a-t-il déploré.

Vu toute cette situation, le chef de file de l’opposition déduira que le pouvoir d’Alpha Condé n’est pas à la hauteur de sa mission. « Alors vous comprenez que le gouvernement de monsieur Alpha Condé n’est pas à la hauteur de la mission. Aujourd’hui l’insécurité règne partout, on abat de pauvres citoyens, on n’arrive pas à identifier les coupables. Et lorsque les crimes atteignent un certain niveau, ils investissent encore la commune de Ratoma en procédant à l’arrestation des citoyens innocents sur une base arbitraire et discriminatoire. Aujourd’hui beaucoup de nos jeunes sont encore en prison sans aucune preuve, sans aucun indice ! Parce qu’ils sont de la commune de Ratoma, parce qu’ils sont supposés être des militants de l’UFDG. On rafle les gens alors qu’on n’arrive pas à trouver les auteurs des assassinats, des crimes qu’on est en train de dénoncer. Hier (vendredi 6 décembre, ndlr) on a enterré deux jeunes.

C’est pour que vous preniez conscience de la nécessité pour nous UFDG de continuer ce combat jusqu’au bout. C’est ça le combat, c’est le seul défi que nous avons aujourd’hui. Je l’ai dit la semaine dernière, restons unis et continuons le combat. Nous le faisons pour nos enfants, pour le peuple de Guinée, au lieu de nous faire la guerre, au lieu de nous discréditer. Il faut que l’UFDG soit plus forte et unie pour que nous fassions respecter les droits humains dans ce pays. Si nous démissionnions, ça serait grave pour la Guinée et pour son avenir. Un grand parti comme l’UFDG, nous avons beaucoup de défis à relever. Â»

Parlant de ces objectifs à court et moyen termes, le leader de l’UFDG dira qu’il s’engage résolument à reconquérir le pouvoir en 2015. « On s’engage résolument pour reconquérir le pouvoir en 2015. Nous irons aux élections communales prendre le contrôle des districts, des communes rurales et urbaines, des quartiers à Conakry. Il faut qu’on s’organise. C’est là le défi aujourd’hui pour que partout où nous avons des militants (Dieu sait qu’on en a), si nous participons à ces élections communales, nous allons contrôler beaucoup de communes rurales et urbaines. L’opposition va contrôler normalement toutes les communes de Conakry. Voilà des défis, organisons-nous, identifions des cadres du parti capables d’assumer des responsabilités de chefs de quartier, de chefs de secteur, de conseillers communaux. Une fois que nous aurons cet instrument en main, nous sommes sûrs que nous pourrions aller en 2015 à des élections transparentes Â», a révélé l’opposant.

L’atteinte de ces objectifs n’est possible que s’il y a l’unité et la discipline au sein du parti, a fait savoir Cellou Dalein Diallo. C’est pourquoi il a invité ses militants à mieux s’organiser en mettant de l’ordre dans les rangs : « Voilà les défis, organisons-nous, maintenons l’unité au sein du parti. Mais un parti fort, c’est un parti où il y a la discipline. Il y a déjà assez de laxisme, il faut qu’on se ressaisisse et que nous mettions de l’ordre dans nos rangs puisque nous avons un défi important. Nous voulons gagner l’élection présidentielle de 2015. Et je suis convaincu que nous sommes capables de le faire Â», a assuré l’ancien Premier ministre.

L’élu du nouveau parlement guinéen dira ensuite que son parti n’a pas eu ce qu’il méritait lors des élections législatives. Tout de même il semble avoir accepté les résultats. « Nous avons voulu gagner les élections législatives. Nous n’avons pas eu ce que nous méritions. Mais grâce à votre détermination, à votre engagement nous avons pu obtenir un nombre de sièges honorable. Il faut le dire ! On aurait pu avoir plus, mais on ne peut reconnaître l’importance de ça que si vous saviez à quel point le RPG-Arc-en-ciel était disposé à s’assurer les 2/3 du parlement. Et tout le dispositif était mis en place pour permettre au RPG d’avoir plus de 80 députés. C’était l’objectif. Mais nous avons dit "non" ! Au moins cette victoire-là, on l’a eue, le RPG n’a pas eu les 2/3 dont il avait besoin Â», s’est-il félicité.

Pour conclure, il a laissé entendre que « si nous nous mobilisons, si nous maintenons l’unité et la discipline au sein du parti, je suis sûr que nous sommes capables de gagner l’élection présidentielle en 2015. Nous pouvons aller aux élections communales, gagner le maximum de communes urbaines. Nous avons les moyens, la capacité et les effectifs de militants nous permettant de rafler la plupart des communes urbaines en Basse Guinée, en Moyenne Guinée et même dans certaines communes de la Forêt. Si nous nous organisons bien au niveau de l’opposition, je pense qu’on mettra en minorité le RPG Â», a expliqué le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).


Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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