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Nouhou Thiam : l’autre drame oublié ?
Nanténin Magassouba Samedi, 07 Décembre 2013 16:24
La justice militaire est créée par décret, avec des magistrats formés à cet effet, nous dit-on. Mais on attend toujours la mise en place de cette instance. Une instance devant statuer sur, entre autres, le cas des officiers supérieurs de l’armée guinéenne – interpellés dans l’affaire dite de l’attaque du domicile du chef de l’Etat dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011 –, aujourd’hui croupissant dans les prisons guinéennes. Dans un drame oublié.
A l’annonce de la création de la justice militaire, de nombreux Guinéens avaient applaudi le geste, voyant là une réelle volonté politique du gouvernement à cultiver, de fait, une réelle justice en Guinée, d’où d’ailleurs la déclaration de l’année 2013 comme celle de la justice. De longs mois après, les officiers sont toujours sans jugement. Ils sont détenus et leur famille s’inquiète d’autant plus que certains parmi eux ont été décimés au gnouf. Parmi ces officiers, le général Nouhou Thiam, un des très proches de Sékouba Konaté, alors président de la transition.
Récemment, Ibrahima Béavogui, porte-parole du département guinéen de la Justice, annonçait ceci dans la presse guinéenne : « Nous sommes encore dans la phase préparatoire du jugement de la cour martiale. Il s’agit d’infractions militaires. Les infractions militaires sont jugées par le tribunal militaire. Et à ce jour, les magistrats de ce tribunal sont en formation. Ils vont être fonctionnels bientôt. C’est une question militaire sur laquelle je ne voudrais pas répondre. Je veux simplement dire que ça relève de la compétence du tribunal militaire. Nous sommes en train de former des magistrats militaires qui vont un jour juger ces gens. »
Au même moment, le collectif des avocats de la défense demande la libération provisoire pour leurs clients en attendant leur jugement. Mais, le parquet de la Cour d’appel de Conakry ne serait pas du même avis. C’est dire que ces officiers sont loin de connaître une vie paisible. Et quand on sait la nature de nos prisons, il y a bien lieu d’avoir du sang noir pour ces « gardés sans jugement ».
Affaire à suivre.
Conakry, le 5 décembre 2013
Nanténin Magassouba
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Commentaires
Un général prend tous les honneurs en cas de victoire - et tous les blâmes en cas de défaite - c'est ça être un chef et pour devenir héro un jour en Guinée il devra passer par cette règle du jeu...
Kylé
Effectivement, le boomerang a fonctionné pour lui plus vite, qu'il ne le redoutait (éventuellement, imbus qu'ils sont dans la sensation d'impunité). On espère qu'il en tirera profit, ce qui n'est pas le cas de tout le monde.
Il tire deja profit, puisque ses succeurs ont brulé vif dans un helico... A quelque chose malheur est bon.
Franchement je n’éprouve aucune compassion pour lui et ses complices. Ceci dit il doit être libéré immédiatement vu l'absence des juges stagiaires mais ensuite jugé sans pitié et puni pour tous ses crimes passés - la fin de l’impunité doit commencer aussi par la tête du poisson pourri...
Effectivement, le boomerang a fonctionné pour lui plus vite, qu'il ne le redoutait (éventuellement, imbus qu'ils sont dans la sensation d'impunité). On espère qu'il en tirera profit, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Mandela a fait 27 ans, il a pardonné. AC n'a pas fait 2 ans, dans de bonnes conditions (dixit Koureissy Condé), et il est devenu aigri et rancunier.
Néanmoins, le Code de procédure pénale prévoit un emprisonnement de 2 ans maximum sans jugement (et cela recouvre des conditions très très exceptionnelles). Dès lors ses avocats (en a t-il ?) doivent demander sa libération, ce qui n'empêchera pas sa poursuite non pour le pseudo-attentat du 19 Juillet, mais pour les exactions antérieures entre 2009 et 2010.
Franchement je n’éprouve aucune compassion pour lui et ses complices. Ceci dit il doit être libéré immédiatement vu l'absence des juges stagiaires mais ensuite jugé sans pitié et puni pour tous ses crimes passés - la fin de l’impunité doit commencer aussi par la tête du poisson pourri...
Merci Dialamba pour ca.
Je ne pleure pas l'emprisonnement de Nouhou Thiam, cet officier qui ne l'est que de nom mais qui en réalité s'est montré complice de la plus grande tragi-comédie électorale du 21ème siècle. Je n'oublie en rien le 28 septembre 2009 qui ne l'a même pas ému.
Ce n'est pas cher payé cet emprisonnement même si nous pensons qu'il mérite un procès équitable.








