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Mandela n’est plus : Condé « manque de mots » pour « un baobab qui s’éteint »

Thierno Fodé Sow  Samedi, 07 Décembre 2013 15:46

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CONDE_Alpha_13_01Certains ont largement ouvert les yeux, d’autres tournent tout carrément le dos à la toute première réaction – sur les médias occidentaux – d’Alpha Condé, à l’annonce de la disparition de Nelson Mandela. Une réaction à chaud comme on le dit, mais une réaction cousue de lapsus et d’hiatus. Des à-peu-près du reste impardonnables pour quelqu’un qui voulait absolument ressembler au défunt président charismatique sud-africain.

« Je veux être le Mandela guinéen », s’était aventuré à déclarer le président Alpha Condé. Nul n’a besoin d’étaler les résultats de cette inspiration ratée. Mais ceci est une autre histoire. Ce qui a surtout gêné l’opinion, qui s’était au départ enthousiasmée de voir son président faire partie des tout premiers à réagir, c’est la difficulté avec laquelle l’homme qui voulait ressembler à Madiba n’a pas du tout convaincu. Il semble donc avoir déçu avec des déclarations du genre : « Vous savez ce que représente Mandela pour l'Afrique. C’est que je n’ai pas de mot. Toute l'Afrique le pleure. Les mots me manquent. C'est un baobab qui s'éteint, il représente la dignité de l'Afrique. »

Quelques heures après, la besace s’est remplie de mots pour magnifier à travers une correspondance, « le héros de la lutte anti-apartheid, de la défense des causes justes, le symbole du courage, de l’abnégation et du pardon, l’apôtre de la paix et de la fraternité humaine s’en est allé. Il nous laisse une leçon de vie et un motif d’espoir. » Car après tout, « son œuvre immortelle prouve à suffisance la capacité de l’homme à s’affranchir des entrailles de la haine pour transcender les épreuves et démontrer que les êtres humains peuvent vivre en harmonie et forger ensemble leur devenir commun. La grande nation sud-africaine qui force aujourd’hui l’admiration est le fruit de son combat. » C’est pourquoi Alpha Condé a « la ferme conviction que le monde suivra l’exemple de celui qui manque déjà à l’humanité pour bâtir la société de son rêve. Le peuple de Guinée qui s’était approprié cette lutte héroïque contre l’anachronisme et l’arbitraire, perd ainsi un de ses fils illustres. »

Comme pour rectifier davantage le tir, le gouvernement guinéen décrète qu’ « un deuil national de trois jours, à compter de ce vendredi 06 décembre, sera observé sur l’ensemble du territoire, au cours desquels les drapeaux de la République seront mis en berne. » Puisse Dieu « le baobab qui s’éteint » inspirer les élites. En première ligne ceux qui veulent lui ressembler. Pourvu que les mots ne manquent plus.


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


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