Thierno Fodé sow Jeudi, 05 Décembre 2013 21:17
La Guinée, pays des paradoxes : en lieu et place des gendarmes et policiers formés ou initiés pour faire face à la galopante insécurité, on veut faire appel aux militaires. L’option fait grand bruit tant et si bien dans l’imagerie populaire guinéenne, les militaires – qui devraient être aux fronts quand la nation est en danger – non formés pour contenir des canailles urbaines et à la gâchette facile n’ont pas bonne presse au sein des citoyens.
Que pourront apporter ces militaires, certainement les bérets rouges, dans la restauration de la sécurité des citoyens et de leurs biens ? La barbarie sans commune mesure ? La spoliation armes à la main ? Bonne dose de zèle et de rigidité ? Les Guinéens s’interrogent. Des Guinéens qui s’inquiètent, animés qu’ils sont par un sentiment d’abandon. En attendant, les bandits sèment la terreur. Ils tuent tous les jours. Dans la plus grande barbarie, dans la plus singulières des atrocités. Que d’attaques ciblées. Plus personne n’est épargné : hommes en uniforme, commissaires de police, fonctionnaires, simples citoyens, etc. On ne sait plus où donner du sommeil. Des voitures sont enlevées, des maisons mises sens dessus dessous et des objets de valeurs emportés. Le ministre de la Sécurité, Madifing Diané, avait, la main sur le palpitant, promis que plus personne ne se sentirait en insécurité. C’était à l’occasion d’une rencontre avec les commerçants, l’autre cible des bandits.
Ce furent tout simplement des paroles en l’air, disent de facto la majorité des Guinéens. Aujourd’hui, dès l’approche du crépuscule, l’on se rue pour rejoindre les domiciles, toujours la peur au ventre de rencontrer sur son chemin des bandits, souvent en treillis, armes à la main. Mais où sont donc passés Madifing Diané de la Sécurité et le général Baldé du Haut commandement de la gendarmerie nationale ? Introuvables ! Le premier fait des vœux pieux, le second dit – à travers son porte parole – qu’il n’envoie pas ses agents à l’abattoir (les bandits sous-entendus). Que reste-t-il alors à ces deux personnalités de l’Etat ? La démission, pourrait-on dire.
Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu
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