Cession du port autonome de Conakry : les intentions de Bolloré se précisent

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BOLLORE_Vincent_01La visite du chef de l’État au port autonome de Conakry vendredi dernier visait certes à rassurer les travailleurs du « non fondement » des rumeurs qui courent sur l’éventuelle cession du port au groupe français Bolloré. Ce qui pourrait signifier la mise en chômage de la majeure partie des 3000 employés servant dans l’univers portuaire. Mais Alpha Condé n’a pas manqué à cette occasion d’informer les membres de l’Agence de la manutention portuaire (AGEMAP) du bien fondé de l’agrandissement de la capacité du port, projet qui va nécessiter l’apport d’un partenaire extérieur. Ce partenaire ne pouvant être que Bolloré.

La rumeur courant sur une éventuelle vente du port autonome de Conakry au groupe français Bolloré à travers sa filiale Bolloré Africa logistics, a entrainé une psychose au sein des membres de l’Agence de la manutention portuaire (AGEMAP). Ceux-ci étant conscients qu’une telle opération ne pourrait avoir lieu sans une compression du gros des travailleurs. D’où cette peur du lendemain qui s’est emparée des employés du port autonome de Conakry. Et de tous ceux qui vivent d’emplois dépendant de l’exploitation du port. Car en cas de contrat de concession, la gestion de la structure dépendra des désidératas du repreneur. Il appartiendra à celui-ci d’instituer sa politique d’exploitation. L’Etat guinéen ne devant s’attendre qu’à ses parts de redevance. Le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a tenté de calmer les esprits, en apportant un démenti à la rumeur faisant cas du projet de vente du port. C’était il y a quelques semaines devant des représentants syndicaux. Les louvoiements du PM n’avaient pas convaincu ses interlocuteurs. Cette fois, c’est le président de la République qui s’est essayé dans cet exercice délicat. En faisant croire aux travailleurs que le port ne sera certes pas vendu, mais qu’il y avait cependant nécessité d’agrandir ses capacités de 9 à 13 mètres de tirant d’eau, pour permettre aux plus gros bateaux de fréquenter nos côtes. A leur doléance portant sur une augmentation de leurs émoluments, Alpha Condé a répondu sèchement, qu’il fallait bien que cela se fasse, après un recensement biométrique des travailleurs. Ce qui sous-entend déjà un toilettage du fichier des employés. Il faut souligner aussi le fait que le président a dans son intervention devant l’AGEMAP, mis l’accent sur le fait que l’agrandissement des infrastructures portuaires ne pouvait se faire sur des fonds de l’Etat. Il s’avère donc indispensable que ce soit une entreprise étrangère qui vienne s’adjuger ce contrat. Et pour l’heure aucune société n’est mieux placée dans cette course que Bolloré. Même si Alpha s’est gardé de s’étendre sur le sujet devant les travailleurs. Histoire sans doute de ménager leur susceptibilité pour le moment. Il faut dire que le chef de l’Etat tient à la matérialisation de ce projet. Pour preuve, il l’a évoqué lors de l’assemblée générale hebdomadaire du parti au pouvoir tenue samedi dernier au siège du RPG Arc-en-ciel à Hamdallaye.

A propos du groupe français Bolloré, il faut rappeler qu’il a pignon sur rue en Guinée. C’est lui qui détient la construction du terminal à containers. La construction d’un port sec à Kagbélén figure aussi dans ce lot. Pour une enveloppe financière globale de 500 millions d’euros, qui devra s’étendra sur 25 ans. Bolloré n’en a pas fini dans cette quête de contrats juteux, ayant bénéficié également de la construction du chemin de fer devant relier Conakry à Kankan. Cette ligne ferroviaire devra être prolongée jusqu’à Bamako, capitale malienne, et Bobo Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso.

Vincent Bolloré, le patron du groupe est un des argentiers dont le soutien au président Condé, demeure un secret de polichinelle. Le chef de l’Etat le lui rend bien, on le voit, à travers des contrats que bien des gens considèrent comme opaques. Au moment où nous allions sous presse, Bolloré avait prévu de donner une conférence de presse pour ce mardi. Sans doute cette question de vente du port devait être abordée par le groupe.


Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+2 #3 Amenofils 06-12-2013 11:21

Citation en provenance du commentaire précédent de se:
Amenofils,
On cherche des gerants lorsqu'on ne peut pas gerer. En Guinee, on a pu gerer le port jusque maintenant, alors pourkoi cherche t-on d'autres gerants si ce nest pas que de la MAFIA qui aime sucer ce sang Guineen.

Mon cher SE,
La Guinee a besoin de developper ses infrastructures et le port de conakry est un outil performant de developpement s'il est entre de bonnes mains. Il a besoin de financement important que ne dispose pas la Guinée encore moins le groupe Bolloré. Gerer peu de choses equivaut à rester sans perspectives. Il suffit de faire un appel d'offre pour developper le secteur portuaires. Avec de gros investissement, la guinée peut reduire le cout de ses importations. Ces reductions auront un effet induit sur le quotidien des guineens. Il n'est pas interdit de privatiser un port mais il faut savoir le faire et surtout savoir avec qui travailler. le cas de la cote d'Ivoire est là et le cas du Port de Dakar est tres eloquent. Mais il faut avouer que pour visiter le ciel, il faut avoir un bon pilote !
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+2 #2 se 04-12-2013 22:55

Amenofils,
On cherche des gerants lorsqu'on ne peut pas gerer. En Guinee, on a pu gerer le port jusque maintenant, alors pourkoi cherche t-on d'autres gerants si ce nest pas que de la MAFIA qui aime sucer ce sang Guineen.
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+4 #1 Amenofils 03-12-2013 20:58

Des petites personnes dans de petites entreprise ! Les ports doivent être gérer par des professionnels et il n'y a en a que deux géants portuaires connus dans nos pays africains qui sont AP MOLLER MAERSK et DUBAÏ PORT
A part ces deux géants, la Guinée perd son temps et ne fera que compliquer davantage la vie quotidienne du guinéen
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