Mamady Kéita Mardi, 03 Décembre 2013 00:22
Les partis politiques de l’opposition républicaine ne sont toujours pas parvenus à harmoniser leurs positions autour de la question concernant leur participation à la législature qui doit démarrer de façon imminente. Il s’avère d’après nos informations, que la majorité serait contre le boycott de l’hémicycle. Une tendance qui pourrait prendre le dessus, à l’allure où vont les choses, avec la démarche entreprise par les diplomates des pays membres de la CEDEAO, qui tentent de renouer le fil du dialogue entre la mouvance et l’opposition.
Les regards sont tournés vers l’opposition depuis la publication des résultats définitifs des élections législatives par la Cour suprême le 15 novembre dernier. Cela fait deux semaines. Et nos opposants semblent esquiver la question de leur participation à la future Assemblée nationale. Une Assemblée dont la mise en place ne dépend dorénavant que d’un décret présidentiel, devant convoquer les honorables députés élus, à rejoindre l’hémicycle.
L’équation semble pourtant se compliquer pour l’opposition qui fait désormais dans du dilatoire. Elle a eu le temps d’appeler à une journée ville morte, la semaine dernière. C’était pour protester à sa façon contre « la démission de la Cour suprême qui s’est auto-récusée en exprimant publiquement son incompétence à traiter des recours introduits par les partis politiques dans le cadre du contentieux électoral ».Une action qui avait dégénéré, faisant un mort et une dizaine de blessés.
Faisant monter la tension de nouveau entre la mouvance et l’opposition. C’est sans doute cette montée d’adrénaline qui a amené les ambassadeurs des pays de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) accrédités en Guinée, à tenter de renouer le fil du dialogue entre les deux camps. Une rencontre s’est déroulée mercredi dernier au siège de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le principal parti d’opposition. Les diplomates ont saisi cette occasion pour inviter les leaders politiques à privilégier l’intérêt du pays, au détriment des intérêts personnels.
En tenant compte du contexte sous-régional, avec la Guinée qui en constitue un des maillons essentiels. Pour avoir été terre de refuge pour les réfugiés fuyant le Liberia, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, qui ont été le théâtre de guerres fratricides durant la dernière décennie. La Guinée qui n’a pas encore vécu les affres de la guerre, devrait donc mettre tout en œuvre pour négocier son processus de transition jusqu’à son terme. Tel est le message que les diplomates avaient à faire passer auprès de nos politiques. Ceux-ci ont salué la démarche et se disent favorables à la relance du dialogue. Une réaction qui pourrait décrisper la crise, comme le souhaitent maints observateurs. Qui appellent de tous leurs vœux à voir l’opposition siéger au sein du futur parlement. Elle ne peut s’y soustraire d’ailleurs au risque de se voir clouer au pilori par une bonne frange de l’opinion. Car même les militants sont convaincus que l’opposition, en ayant accepté d’aller aux élections, doit alors assumer les conséquences de cette aventure…
Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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