Dioum Keita et Dembo Camara Samedi, 30 Novembre 2013 22:40
Les centres hospitalo-universitaires (CHU) de Donka et Ignace Deen sont dans un état d’insalubrité et de mauvaise gestion très accentué qui ne laisse pas indifférents les citoyens qui fréquentent ces hôpitaux publics.
Murs déteints, toitures endommagées, eaux usées, toilettes malsaines, salles mal entretenues, des lits inconfortables, etc., sont entre autres les caractéristiques des deux grands centres hospitalo-universitaires de Conakry. Selon un patient, ces deux hôpitaux publics se comportent comme étant privés, vu les dépenses que les patients doivent faire avant même d’atteindre le médecin traitant et d’acheter des produits. Il continue en ces termes : « A la rentrée, quel que soit l’état du patient, il doit d’abord perdre du temps avec des vendeurs de reçus de paiement et de carnets qui soutiennent mordicus que l’accès ne peut être autorisé sans le paiement de ces deux papiers dont le prix varient entre 15 et 17000fg. selon l’humeur des agents en place. Le paradoxe est qu’on vous oblige à acheter un carnet à la porte, sachant que chez le médecin aussi vous devez acheter un autre carnet « le vrai maintenant ».
C’est encore plus déplorable lorsque vous êtes admis aux urgences sans avoir les moyens. Vous pouvez mourir devant certains médecins qui ont pris pourtant le serment de sauver des vies sans aucunes conditions. »
Pire encore, quelques fois il y a par endroit des médecins qui s’absentent ou qui viennent en retard parce qu’ayant des cliniques privées où ils peuvent mieux arnaquer la pauvre population, laissant donc tout le travail à des stagiaires sans expérience. Selon une autre patiente, dans leurs cliniques, ces médecins sont très doux et réceptifs mais ils font payer très cher les consultations et les produits. Alors que si vous les trouver à l’hôpital, c’est comme si on les obligeait à travailler tellement ils sont durs et méchants. Dans les salles d’accouchement, les femmes qui viennent pour accoucher subissent des violences verbales et même corporelles de la part des infirmières qui lancent parfois à ces femmes dans des difficultés extrêmes des expressions comme : « arrête de crier comme si tu n’avais pas connaissance de ce qui t’attendais, etc. » Elle continue en disant : « il faut que l’Etat s’implique fortement dans la gestion de ces deux hôpitaux publics en prenant toutes les dispositions nécessaires pour permettre aux citoyens d’accéder à des services de santé de qualité. Parce que réellement nous, on ne sait pas où va tout cet argent amassé par ces hôpitaux vu l’état de dégradation poussé qu’ils présentent tout le temps ».
Nos reporters ont tenté en vain de rencontrer les responsables de ces centres. Ces autorités affirment qu’elles ne peuvent pas prendre le risque de parler à la presse en cette période très délicate. Allez-y comprendre…
Dioum Keita et Dembo Camara
L’indépendant, partenaire de GuineeActu