Thierno Hassane Bah Mardi, 26 Novembre 2013 22:12
Le président de la Nouvelle génération pour la République (NGR), Abé Sylla, n’a pas pu se faire élire à l’uninominal dans la circonscription électorale de Kindia. Ce manque de performance pour celui qui pourtant avait obtenu 3% des voix au premier tour de la présidentielle, sonne comme la fin d’un mythe qui s’était constitué autour de cet homme d’affaires, qui se sent plus à l’aise au pays de l’oncle Sam.
Le fait d’avoir fait cavalier seul lors du scrutin législatif du 28 septembre dernier s’est soldé par un échec pour la NGR d’Ibrahima Abé Sylla. Le parti n’a pu rafler qu’un siège, sur le scrutin de liste à la proportionnelle. A l’uninominal, les villes de Kindia, Forécariah et Siguiri n’ont pas accordé leur confiance aux candidats de ce parti, dont le leader, bien qu’issu de la « noblesse » du Kanya, a échoué dans la course à la députation dans sa propre circonscription. Cet échec n’a toutefois pas surpris les observateurs avertis, qui ont très tôt décelé en Abé Sylla, un leader politique timoré. Son départ précipité de la Guinée, à la veille du second tour de la présidentielle, entrainé par une manœuvre orchestrée par l’alliance Arc-en-ciel de l’époque, devenue plus tard RPG-Arc-en-ciel, et dont le but était d’affaiblir l’adversaire qu’était l’alliance Cellou Dalein Diallo président, est une illustration que l’homme avait plutôt sa place dans un couvent, que dans ce marigot politique infesté de crocodiles, qu’est notre landerneau politique.
Abé Sylla ne revint au pays qu’à la veille du vote. Pendant ce temps, Dr Faya Millimouno, dont le discours servait néanmoins à rappeler à l’opinion la présence de la NGR sur la scène politique, malgré la longe absence de son leader, avait claqué la porte. Pour incompatibilité d’humeur. Si Faya s’est gardé de rentrer dans les détails sur les motifs qui l’ont poussé à partir, ce malgré une lettre de démission reprise dans la presse, il faut dire que les démarches du président de la NGR, qui avaient trait à faire les yeux doux au locataire du palais Sékhoutouréya, étaient devenues un secret de polichinelle. Ce qui n’était pas du goût d’hommes avisés comme Dr Millimouno. A la faveur des législatives, Abé Sylla aurait sollicité un soutien tardif de Cellou Dalein Diallo pour briguer Kindia. N’ayant pas obtenu gain de cause, il s’est alors jeté à l’eau. Sans parvenir à ses fins. Le parti s’en tire avec cette maigre consolation que constitue le seul siège de député revenant à Daouda Camara, secrétaire général de la NGR. Celui-ci, en tant que porte-parole, du parti a déjà prévenu qu’il ne fera « alliance ni avec la mouvance, encore moins avec l’opposition », qui aurait refusé de soutenir son président à Kindia.
Mais ces propos qui ont l’air de surenchère politique, ne rassurent personne. Et il ne serait guère surprenant de voir la NGR se rapprocher de la mouvance présidentielle. Il suffira simplement pour Abé Sylla, de pouvoir en tirer profit. Une sorte de retour d’ascenseur qui puisse ressembler à un poste de ministre d’Énergie. Car il y a de ces rêves qui deviennent parfois des réalités.
Bah Thierno Hassane
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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