Imprimer

Gouvernance et droits de l’homme : Nouhan Traoré fait le procès de la transition

Heinan Goba  Mardi, 26 Novembre 2013 00:21

Facebook

 

TRAORE_Nouhan_01Devant la presse, Nouhan Traoré, président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme et de la gouvernance (AFRIDHO), a passé en revue, ce lundi 25 septembre, les violations des droits humains, la mauvaise gouvernance qui ont caractérisé les quatre années qui ont précédé les législatives (fin officielle de la transition) en indiquant qu’il faut aux nouvelles autorités guinéennes rompre avec ces pratiques si elles veulent que la Guinée soit un pays normal. Il avait à ses côtés, Cellou Bah membre de la Coordination des organisations de défense des droits de l’homme (CODDH).

Le massacre du 28 septembre a été le premier sujet développé par Nouhan Traoré. A ce propos, le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme et de la gouvernance s’est dit au regret de constater que justice n’est pas rendue aux victimes qui pourtant étaient dans leur droit de manifester publiquement. Même si des inculpations ont été posées, Nouhan Traoré pense qu’il y a un manque de volonté politique. Car, explique le défenseur des droits humains, « les personnes inculpées sont toujours en fonction. Ce qui n’est pas normal. »

Pour Nouhan Traoré, il est temps que la Guinée juge le dossier du 28 septembre. Au cas contraire qu’elle se dessaisisse au profit de la Cour pénale internationale qui n’attend que cela pour commencer à travailler. Pour être complet dans ce dossier, Nouhan Traoré n’a pas oublié la situation du capitaine Dadis Camara « cantonné » à Ouagadougou. Pour cause, selon lui, ce qui lui est arrivé est parti du 28 septembre. Ainsi, il conseillera : « Même si la tentative d’assassinat dont il a fait l’objet a été jetée aux oubliettes, il faut que la nouvelle Assemblée se penche sur sa situation ».

Nouhan Traoré n’a pas oublié les violations des droits humains perpétrées à Zogota (Guinée Forestière), celles commises suite à des violences politiques à Conakry et à l’intérieur à l’occasion des manifestations de rue, mais aussi et surtout celles qu’on a connues lors des violences inter communautaires en Guinée Forestière. Déplorant le fait que les enquêtes annoncées à chaque fois par le gouvernement ne voient pas effectivement le jour.

Le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme et de la gouvernance a aussi flétri l’insécurité devenue grandissante. Selon Nouhan Traoré, l’Etat guinéen a failli à son devoir de protection des citoyens et de leurs biens. La recrudescence du banditisme à Conakry et à l’intérieur du pays, a-t-il précisé, « est le reflet de l’échec de l’Etat à protéger les personnes et leurs biens en violation du pacte international relatif au droit civique et politique librement signé et ratifié par la Guinée ».

Sur le plan de la gouvernance, Nouhan Traoré a estimé que les quatre dernières années ont été marquées par un gaspillage des ressources de l’Etat. La puissance publique, d’après son analyse, a été utilisée à des fins d’enrichissement illicite. Le plus regrettable, selon cette analyse, étant le fait qu’au lieu de mettre fin à cette gabegie financière, le régime d’Alpha Condé ait continué à l’entretenir. En laissant impunis, des cas avérés de détournement de fonds publics.

Au-delà de ces violations des droits humains et de ces cas de mal gouvernance, il existe tout au moins, selon Monsieur Traoré, certaines choses appréciables, aussi peu qu’elles soient, qu’on peut mettre à l’actif des acteurs de la transition. Parmi ces faits, il a cité entre autres, le toilettage de la constitution, la réforme du secteur de la défense et de la sécurité. Ainsi pour réussir à faire de la Guinée un pays où il fait bon vivre, Nouhan a demandé tout d’abord au président de la République de mettre fin au critère de nomination basée sur le service rendu au parti, au profit du mérite ou de la compétence.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook