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Me Salifou Béavogui, avocat du lieutenant-colonel Amadou Camara : « Il y a des gens qui en veulent à mon client »

Heinan Goba  Samedi, 23 Novembre 2013 21:06

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MARA_Doussou_Thermite_01La commissaire Doussou Thermite Mara, fille de feu Thermite Mara de l’Interpol, a profité de son deuxième passage à la barre du tribunal de Kaloum, mercredi 20 novembre, pour charger davantage le lieutenant-colonel Amadou Camara alias Bafoé, qu’elle accuse de violation de domicile, injures publiques, coups et blessures volontaires, violences, voies de fait et abus d’autorité. Affirmant à chaque fois que le colonel « se croyait tout permis au moment des faits ».

Pendant une bonne partie de la comparution de la commissaire, le lieutenant-colonel Bafoé se tenait la tête dans les mains. Il sortait et rentrait, accompagné de ses gardes du corps. Il donnait l’impression de tomber des nues en écoutant Doussou Mara dire par exemples : « il m’a frappée et il a aussi donné l’ordre de me frapper, pourtant je ne lui ai pas fait quelque chose de mauvais » ; « il m’a dit de quitter, sinon, s’il revenait me trouver, il ferait pire que ce qu’il a fait ».

Pour son avocat, Maître Salifou Béavogui, « aucune de ces accusations n’a aucune preuve. Il s’agit d’un montage grossier dans le seul but d’incriminr son client qui est cependant en train de rendre un grand service à la nation guinéenne ». Bref, selon lui, Doussou Mara n’était plus domiciliée là où les faits se sont déroulés. Elle n’a pas été injuriée. C’est elle qui s’est fait violence, qui a causé sur elle des blessures.

A sa sortie de la salle d’audience, Maître Salifou Béavogui a confié aux journalistes présents qu’il y a des gens qui en veulent à son client. Et que c’est ceux-là qui passent par Doussou Thermite pour l’atteindre. » En avertissant que « cela est impossible parce qu’on ne pourra pas se servir de la justice pour faire de l’injustice ». Avant de parier qu’à « la fin de ce procès, son client sera relaxé parce que les faits mis à sa charge ne tiennent nullement ».

D’après les explications de Maître Béavogui, « l’autorité policière a refusé d’attribuer le bâtiment qu’habitait Doussou au moment des faits à cette dernière parce qu’il n’est pas situé dans une cité de police mais dans une cité de fonction. Ce bâtiment avait été affecté à son père en raison de sa fonction. Aujourd’hui, il a été affecté à un autre qui, en raison de ses fonctions, a besoin d’être au centre-ville. Pour cette raison Doussou s’est sentie lésée. Mais elle ne peut s’en prendre qu’à lui-même. »

Pour l’avocat du lieutenant-colonel, Doussou Mara devrait attendre d’être nommée dans une fonction telle que celle qu’occupe son adversaire pour prétendre avoir cette maison comme un logement de fonction. Car, précisera l’avocat, « ce n’est pas une maison familiale », propriété de son défunt père pour qu’elle hérite. C’est une maison étatique qui n’est affectée à quelqu’un qu’en fonction du poste qu’il occupe. »

En bref de l’avis de Maître Salifou Béavogui, « c’est un affront que Doussou Thermite Mara est en train de livrer à la police ». « C’est un manque de respect. Une insubordination », dira-t-il. Car selon lui, « avant l’arrivée du lieutenant-colonel, toutes les démarches avaient été menées par la police pour amener la veuve (ndlr : la mère de Doussou Mara) à libérer les lieux. Cette dernière tout comme sa fille, a promis de quitter, en vain ».

Auparavant, l’avocat a exprimé son regret par rapport au renvoi qui a empêché son client de donner sa version des faits. L’affaire a été renvoyée au 11 novembre à la demande des avocats de Doussou Mara, incapable de répondre aux questions pour cause de malaise. Sinon, a fait savoir Maître Salifou Béavogui, « il était prêt à faire taire les supputations, les acclamations, les informations tendancieuses qui auraient pu faire croire qu’il est au-dessus de la loi, qu’il ne respecte pas la justice ».


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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