Thierno Hassane Jeudi, 21 Novembre 2013 11:06
Réunis ce mercredi 20 novembre au siège du PEDN à Lambanyi, les leaders de l’opposition ont décidé de faire de la journée du lundi 25 novembre une journée « ville morte ». Cela pour contester la décision de la Cour suprême qui a validé le 15 novembre dernier les résultats des élections législatives du 28 septembre dernier.
Lors de cette rencontre qui a duré plusieurs heures, l’opposition a annoncé sa volonté de saisir les Nations unies au motif que la plus haute autorité judiciaire du pays a « refusé » de juger le contentieux électoral, se disant « incompétente ».
Dès après la publication des résultats définitifs, l’opposition a menacé de saisir les juridictions supranationales, en citant la cour de justice de la CEDEAO et celle de l’Union africaine. Elle maintient toujours cette option. Mais cette fois, elle vise plus haut, c’est-à-dire les Nations unies.
Par rapport à la question de savoir si les membres de l’opposition vont siéger à l’Assemblée nationale, elle dit ne pas pouvoir se prononcer là-dessus pour l’heure. Elle évoque le fait que certains leaders n’ont pas fini de consulter leurs militants à la base afin de connaître leur avis sur le sujet.
Avec cette imprécision, l’opposition replonge les Guinéens dans le suspense qu’elle a toujours entretenu, à savoir est-ce qu’elle va siéger à l’Assemblée nationale ou non.
Faire du lundi 25 novembre une « journée ville morte » ressemble un tout petit peu à faire une manifestation, et une paralysie de la ville de Conakry, pour ne pas dire tout le pays. Puisqu’on se rappelle qu’au lendemain de chaque marche organisée par l’opposition, les opérations de « journée ville morte » ont connu des violences. Alors le risque est grand cette fois-ci, car au lendemain de la publication des résultats définitifs par la Cour suprême, des jeunes se réclamant proches de l’opposition ont perturbé la circulation dans certains quartiers de Conakry.
Mais comme nous l’avons dit précédemment, le vin est tiré. Et il va falloir obligatoirement le boire. Si l’opposition, après avoir dénoncé le couple Waymark-Sabari Technologie à cause de sa proximité du pouvoir, a accepté d’aller aux élections avec cet opérateur, il va falloir qu’elle accepte de siéger à l’Assemblée. En tout cas elle y gagnerait. Elle est victime d’elle-même, puisqu’elle a accepté d’aller aux élections malgré l’existence de nombreux dysfonctionnements qu’elle n’a cessé de dénoncer.
Selon bon nombre d’observateurs, l’opposition doit accepter de siéger, car c’est une première en Guinée que le pouvoir n’ait pas une majorité absolue. Mais en attendant, elle maintient le suspense.
Bah Thierno Hassane
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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