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Les victimes de la faillite de la BADAM en mal de patience

Heinan Goba  Mardi, 19 Novembre 2013 23:25

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BADAM_01Les victimes du détournement de 36 milliards de francs guinéens à la base de la mort prématurée de la banque africaine pour le développement agricole et minier (BADAM), détournement pour lequel le directeur général de ladite banque, Moriba Kéita, a été condamné à cinq ans de prison ferme en 2012, sont au bout de leur patience. Elles l’ont fait savoir lundi 18 novembre au cours d’une rencontre avec la presse à Conakry.

Ces victimes qui se qualifient de petits déposants comprenant des vendeurs de friperie, de ferrailles et de pièces détachées attendant avec impatience le remboursement de leur part de l’argent détourné pour reprendre leurs affaires. Une part qui s’élève à neuf milliards de francs guinéens. Elles veulent que ce montant soit mis à la disposition du liquidateur, très rapidement. Car l’attente a été très longue et pénible.

Plan Africa Holding, une société de droit guinéen qui en plus des numéraires a déposé 111 Kg d’or et ses compagnons d’infortune qui disent avoir frappé à toutes les portes sans succès, sollicitent désormais l’intervention du président de la République qui n’est pas sans savoir qu’ils souffrent dans leur chair. Le cas échéant, ils menacent de descendre dans la rue pour se faire entendre.

En tout état de cause, a soutenu Sékou le Gros Camara, président du Mouvement citoyen, à qui les victimes ont demandé assistance, elles peuvent librement manifester dans la rue, la crise politique relevant du passé. Et de ce fait, il n’y a plus de raison de confondre leur mouvement à une manipulation de l’opposition. Car ces victimes sont nanties d’une décision de justice dont l’exécution est en souffrance.

Moussa Sakho, président du collectif des victimes de ce détournement de fonds, tout en réaffirmant leur soutien au président Condé, a reconnu que « l’Etat a beaucoup fait dans le sens de la réparation des préjudices causés en traduisant devant le tribunal compétent les responsables de ce crime mais il lui reste encore à faire ». En lui (l’Etat) demandant de s’impliquer activement dans le sens du payement des neuf milliards de nos francs.

La BCRG qui a été plus que complaisante, la BADAM et l’Etat guinéen, en effet, ont été reconnus civilement responsables et condamnés par le tribunal correctionnel de Kaloum, au début de l’année, au payement des 36 milliards détournés. Plus le payement des dommages-intérêts. Un liquidateur a été désigné suite à un appel d’offre mais n’est toujours en possession de l’argent qu’il doit répartir entre les victimes.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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