L’arrêt de la Cour suprême attendu ce vendredi : les Guinéens retiennent leur souffle

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Cour_Supreme_Guinee_2_01La page des législatives de 2013, espère-t-on, sera définitivement tournée ce vendredi 15 novembre, après l’arrêt de la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays. A quelques heures de ce verdict attendu avec impatience mais aussi avec crainte, les Guinéens dans leur ensemble retiennent leur souffle.

Après des mois de manifestations politiques plus ou moins violentes et des reports à répétition, les élections législatives guinéennes ont finalement pu se tenir le 28 septembre dernier dans le calme sur toute l’étendue du territoire national. Ce jour-là, les Guinéens, dans les 38 circonscriptions électorales que compte le pays (les cinq communes de la capitale et les 33 préfectures de l’intérieur), se sont massivement rendus aux urnes pour élire leurs représentants à la future Assemblée nationale. Mais dans la plupart des rapports faits par les observateurs nationaux et internationaux, il a été noté que de nombreux cas de dysfonctionnements et d’anomalies ont été enregistrés dans certaines circonscriptions électorales. D’après les résultats globaux provisoires publiés le 18 octobre par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), c’est le RPG Arc-en-ciel, le parti présidentiel, qui est arrivé en tête, avec 53 sièges. L’UFDG de Cellou Dalein Diallo obtient 37 sièges, l’UFR de Sidya Touré 10 sièges, le PEDN de Lansana Kouyaté 2 sièges, l’UPG de Jean Marie Doré 2 sièges. Dix autres partis politiques ont obtenu, chacun, un siège : PGRP, GPT, PTS, UPR, UGDD, PNR, GRUP, NGR, GUD, RDIG. Des résultats provisoires qui ont été vigoureusement contestés par l’opposition républicaine, qui est allée jusqu’à demander l’annulation pure et simple du scrutin. Après avoir menacé ouvertement de faire descendre leurs militants dans les rues afin qu’ils soient rétablis dans ce qu’ils considèrent comme leurs droits, Cellou Dalein Diallo et ses camarades de l’opposition ont dû revenir à de meilleurs sentiments, non sans pression, en privilégiant la voie légale pour le règlement du contentieux électoral. Au RPG Arc-en-ciel aussi, l’on a estimé que le parti présidentiel a été victime de fraudes dans certaines circonscriptions supposées favorables à l’opposition. C’est pourquoi, fait inédit, la Cour suprême a reçu des requêtes aussi bien de l’opposition que de la mouvance présidentielle.

Dans une déclaration en date du 30 octobre, l’opposition a cru devoir rappeler au président et aux magistrats de la Cour suprême l’impérieuse nécessité de dire le droit, rien que le droit. Une sortie médiatique que certains n’ont pas tardé à assimiler à une sorte de pression que l’opposition voudrait exercer sur Mamadou Sylla « Syma Â» et ses collaborateurs de la Cour suprême. Attendu initialement le lundi 11 novembre, l’arrêt de ladite Cour devrait finalement être rendu ce vendredi 15 novembre, pour tourner définitivement, espère-t-on, la page des législatives en Guinée. La question que beaucoup se posent cependant est de savoir si toutes les parties prenantes à ce processus électoral accepteront les résultats proclamés par la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays et dont les arrêts sont sans appel. Attendons de voir.


Mamy Dioubaté
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+2 #2 Dre 15-11-2013 16:06

Il n'y a qu'en Guinée et exclusivement en Guinée que le pouvoir dans tout son sérieux peut accuser l'opposition de fraude électorale. Le jeu en vaut la chandelle, en effet dans le dessein de dire à la cour suprême: attention nous aussi (le pouvoir )on a nos revendications. Donc vous ne pouvez pas que satisfaire aux requêtes de l'opposition, sans pour autant voir les nôtres. Une façon de limiter les dégâts quoi. Cette institution judiciaire est alors obligé dans le meilleur des cas d'être "centriste". Pauvre Guinée.
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+1 #1 Gandhi 14-11-2013 19:20

J'espère que la CS va augmenter le nombre de députés pour le RPG. Au moins ceux qui sortiront et les autres ne se poseront plus la question de savoir pourquoi ils manifestent.
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