Mamady Kéita Samedi, 09 Novembre 2013 21:44
Comme un naufragé attendrait les secours, Le Dr Ibrahima Kourouma ne sait plus où donner de la tête, avec la fronde qui prend forme dans les milieux de l’enseignement secondaire. En effet, des enseignants mis sur la touche par une sélection aux contours opaques, accusent le ministre de l’Enseignement pré universitaire et de l’Education civique de fourberie. Et promettent d’en découdre avec le Dr Kourouma, malgré la machine répressive mise en branle par ses soins, pour étouffer toute contestation.
La reprise des cours qui peine à être effective, au niveau du secondaire, malgré l’annonce officielle de cette ouverture des classes fixée au 3 octobre, vient d’être fortement perturbée par le débrayage du corps enseignant dans la plupart des établissements de la capitale.
Dans leur mouvement de revendication, les vacataires ont bénéficié de la solidarité de certains de leurs collègues. Mouvement auquel des élèves se sont joints.
Ainsi, le lundi dernier, les frondeurs se sont déchaînés, tentant de prendre d’assaut le ministère de l’Enseignement pré universitaire et de l’Education civique. Du côté de Matoto, l’établissement dit « d’excellence » grâce à une initiative du chef de l’Etat a été lui aussi le théâtre de manifestations. Les élèves inscrits dans cette école ayant à leur tour crié leur colère contre le manque d’enseignants auquel ils sont confrontés quotidiennement.
Pour sa défense, Ibrahima Kourouma se décharge sur le département de la Fonction publique, qui selon lui est le seul habilité à enrôler des fonctionnaires pour le compte de l’administration publique. Mais il annonce que son ministère va néanmoins contribuer à caser les enseignants qui étaient déjà en situation de classe, avant de subir le fameux concours, dont les résultats sont aujourd’hui l’objet de contestation. Ce discours, les grognards disent l’avoir maintes fois entendu. Ils y voient juste une manœuvre dilatoire.
A leurs yeux le Dr Kourouma joue sur le registre de la fourberie. Mais le ministre s’y prendrait mal, manquant d’art dans la dissimulation. Avec tous ces échos autour de ce département, certains observateurs commencent à parier sur le départ de Kourouma, à la faveur du prochain remaniement. Surtout que les résultats du rapport d’enquête sur la gestion calamiteuse des fonds de l’éducation n’a toujours pas été mis sur la place publique, pour éviter semble-t-il de choquer l’opinion.
Mamady Kéita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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