Corruption et impunité en Guinée : le rapport qui accuse les agences anti-corruption

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COULIBALY_Abdou_Latif_01Le couple corruption-impunité a été de tous les temps l’un des facteurs majeurs qui compromet sérieusement les efforts de développement et de bonne gouvernance en Guinée. La volonté et la déterminationdes gouvernements successifs de lutter contre ce fléau à travers la mise en place d’organes ou d’institutions spécifiques, n’ont toujours pas atteint les résultats escomptés. Pour comprendre les causes de l’inefficacité de ces agences anti-corruption en Guinée, Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) et Africa Governance Monitoring and Advocacy Projet (AfriMAP) viennent de réaliser une étude dont les conclusions ont été présentées le 5 novembre aux autorités guinéennes.

Selon ce rapport intitulé Guinée : Les institutions de lutte contre la corruption, l’existence de plusieurs agences anti-corruption avec des chevauchements de compétences ainsi que l’absence d’indépendance, rend ces organes particulièrement vulnérables à la manipulation politique.

Ce document inédit constate que la corruption en Guinée fait toujours face à d’importants obstacles dont certains sont liés à la faiblesse de son cadre juridique. Autres facteurs soulignés par ce rapport comme étant des entraves aux efforts de lutte contre la corruption, c’est l’absence d’une loi anti-corruption, d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption ou le fait que la Guinée applique un code des marchés publics obsolète et lacunaire.

Mais les obstacles les plus sérieux à la lutte contre la corruption que ce rapport relève, sont d’ordre institutionnel. « L’existence parallèle de plusieurs organes de contrôle, d’audit et de prévention de la corruption, le chevauchement de leurs compétences, rendent finalement ces organes peu efficaces. Leur absence d’indépendance constitue une sérieuse limite à leur action et pourrait d’autant plus contribuer à la perception de leur instrumentalisation politique qu’ils sont presque tous placés sous l’autorité administrative de la présidence de la République Â», mentionne explicitement les conclusions de cette étude.

Guinée : Les institutions de lutte contre la corruption est un document d’une quarantaine de pages qui, en dehors de l’évaluation qu’il fait des mécanismes de lutte contre la corruption mis en place en République de Guinée pour la promotion de la bonne gouvernance et le renforcement de l’Etat de droit, revient sur la faiblesse des institutions politiques du pays, l’historique ainsi que le fonctionnement des différentes institutions ou agences de lutte contre la corruption avant de procéder à une évaluation critique de leurs efforts en matière de lutte contre la corruption.

Devant le constat d’inefficacité et faiblesse des organes anti-corruption, les auteurs de cette étude ont proposé une série de recommandations. Au nombre de ces recommandations, le rapport préconise l’urgente nécessité de doter les organes de lutte contre la corruption de l’indépendance institutionnelle qui puisse renforcer leur autonomie d’action.

L’étude recommande également de les doter des pouvoirs judiciaires qui leur permettent d’instruire les allégations de corruption et d’en poursuivre les auteurs directement devant la justice.

Pour que la lutte contre l’impunité aille de pair avec la lutte contre la corruption conformément au souhait des autorités actuelles du pays, le rapport fait état d’un besoin certain de réformer le système judiciaire qui doit être indépendant, équipé en capacités techniques nécessaires pour démêler les affaires de corruption dans le labyrinthe des sociétés « prête-noms Â» et d’opérations financières complexes sous lesquelles elles se cachent souvent.

A l’instar de la Cour de répression de l’enrichissement illicite au Sénégal, l’étude suggère la création d’une juridiction spécialisée qui pourrait, indique-t-on, constituer une réponse au besoin de spécialisation et de formation des magistrats chargés de réprimer la corruption.

A propos de la faiblesse des institutions politiques guinéennes symbolisées par les trois pouvoirs, le rapport constate l’existence d’un pouvoir exécutif hypertrophié dans lequel il y a une centralisation systématique de tous les actes de décision et de gestion ; d’un pouvoir législatif figurant et enfin d’un judiciaire impuissant.

Faut-il par ailleurs noter que le rapport Guinée : Les institutions de lutte contre la corruption commandé par le duo OSIWA et AfriMAP, a été réalisé sous la direction du ministre sénégalais chargé de la Promotion de la bonne gouvernance et Porte-parole du gouvernement de son pays, Abdou Latif Coulibaly avec la collaboration de notre compatriote, Mamadou Taran Diallo qui est membre du CNT et président de l’Association guinéenne pour la transparence.

Cette étude, qui se consacre expressément à un inventaire des mécanismes de lutte contre la corruption en Guinée, n’est pas le résultat d’une enquête sur des cas précis de corruption ni leur manifestation. Elle ne se préoccupe pas non plus de faire l’état des lieux de la corruption en Guinée ni d’en évaluer l’ampleur, remarquent ses auteurs.

La cérémonie de lancement de ce rapport sur les organes de lutte contre la corruption en Guinée, a été présidée du côté guinéen par le conseiller spécial du président de la République, El hadj Mohamed Lamine Fofana, le président du comité d’audit, Jonas Mukamba Diallo, El hadj Karim Koumbassa, membre du CNT et par Mathias Hounkepe, coordinateur OSIWA/Guinée et Pascal Kambale, directeur adjoint d’AfriMAP.


Camara Moro Amara
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
-1 #8 madina 12-11-2013 23:53

Cher AOT,d'abord je n'ai pas dit qu'ils etaient infrequentables,ensuite soyez certain que je n'ai aucun vice,absolument aucun,mais alors tres absolument,tres tres absolument aucun,mais alors pas du tout.
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+1 #7 Youssouf Bangoura 12-11-2013 19:25

C'est pourquoi j'adore ce site, c'est source d'informations intarissable . Merci Madina
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-2 #6 A.O.T. Diallo 12-11-2013 18:41

Citation en provenance du commentaire précédent de madina:
C'est tout de meme curieux comme les soulards ont de la chance de ramasser argent et pouvoir en Guinee.
Ce Latif Coulibaly du Senegal est un virtuose de l'alcool,il boit comme un trou.
Il en est de meme pour Conteh,Dadis,Konateh,Jean Marie Dore et le maestro de la gnole Alfa Condeh et il semble que Dalein aussi est un gnoleur repenti.

Et vous-même cher frère-soeur quels sont vos vices cachés ?
Puis que vous en avez comme tout le monde sont-ils une raison qui vous rendent infréquentables ??
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+2 #5 madina 12-11-2013 01:53

C'est tout de meme curieux comme les soulards ont de la chance de ramasser argent et pouvoir en Guinee.
Ce Latif Coulibaly du Senegal est un virtuose de l'alcool,il boit comme un trou.
Il en est de meme pour Conteh,Dadis,Konateh,Jean Marie Dore et le maestro de la gnole Alfa Condeh et il semble que Dalein aussi est un gnoleur repenti.
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0 #4 Sylla democrate 11-11-2013 01:24

Moro avant de citer le contenu du rapport dit "la determination et la volonte des gouvernements successifs pour lutter contre la corruption n'ont rien donne" et plus loin signale comme phenomene fondamentale, l'ixesitence meme d'une reelle politque de lute contre la corruption.
Mes predecesseurs ont bien evoque et cela reste d'actualite. L'histoire de corruption est +tot un instrument de politique au service de gouvernement pour intimider les opposants et ou endormir le people sur les faits de corruption d'une ampleur sans precedent comme c'est le cas aujourd'hui essentiellement pilote par alpha conde et son clan. Les recommendations sus-cites ici demontrent si besoin en est, que c'est institutions supposees faire des etudes, soient ne savent rien de ce qu'elles dissent ou elles se foutent de nous. Ils prennent l'exemple sur la cour senegalaise, c'est dire qu'ils n'ont pas assez d'informations.
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+3 #3 Cisko 09-11-2013 22:47

Falcon le boss du machin de la lutte contre la corruption, ami de longue date de KPC pouvait il remettre en cause par exemple le monopole des marchés publics accordés par le regime militaire à ce dernier? Ou bien devait-il se contenter de sa part de sac d'argent que "Sossoe Banna" distribuait à tout va.
Ces organisations d lutte contre la corruption et les agents actifs de la corruption sont comme les dealers de drogue et la police aux USA. Des ennemis en apparence mais alliés dans l'ombre
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+2 #2 A.O.T. Diallo 08-11-2013 22:49

Le prototype même de l’étude inutile et qui a dépensé de l'argent pour nous dire ce que tout le monde savait déjà et pour que le PPAC puisse dire que le problème est bien suivi en Guinée.
Cet argent aurait été utilement utilisé s'il avait servi a faire une évaluation détaillée des actes de corruption en cours - sinon c'est de la lèche du pouvoir, rien de plus...
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+3 #1 Le Voyant 08-11-2013 08:25

On n’a pas besoin de perdre toute cette énergie inutilement pour produire une quarantaine de pages pour juste dénicher quelques petites canailles – débrouillards -, (selon alfa koné – d’ailleurs lui il avait bien dit que « le vol c’est le débrouillardise », selon les propres termes du « prof » de…. !!!!). Quand ils programment une rencontre avec alfa koné, il faut partir avec des menottes pour l’arrêter car c’est le corrompu en chef, le cleptomane c’est bel et bien lui, le vieux voltaïque. Donc que ces gens là arrêtent de nous distraire avec cette histoire à la con PLIZZ….le voleur (le don bri..) est connu et bien identifie, il se promène en ville avec une bade armée qui terrorise dans l’impunité totale les paisibles populations…..(sic)
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