Heinan Goba Mardi, 05 Novembre 2013 17:16
La présidente de l'AVIPA (Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009), Mme Asmaou Diallo, a, lundi 04 novembre au cours d'une conférence de presse organisée dans le cadre de la commémoration du quatrième anniversaire du massacre du 28 septembre, dénoncé la lenteur qui caractérise la procédure judiciaire enclenchée dans le but de faire toute la lumière sur ce triste événement.
Des actes ont été posés, notamment les inculpations de certaines personnes soupçonnées d'être mêlées à cette affaire, a reconnu la présidente de l'AVIPA. Mais pour Asmaou Diallo, le dossier n'avance pas comme il se doit. Beaucoup de choses restent à faire, a-t-elle fait savoir. En précisant que ce qui est fait ne rassure pas les victimes. Étant donné que toutes les personnes inculpées continuent d'occuper leur poste au sommet de l’État.
Au regard de cette situation, Mme Asmaou Diallo, qui avait à ses côtés le Dr Thierno Madjou Sow, président de l’OGDH, Me Hamidou Barry, avocat des victimes, a demandé au bureau du procureur de la CPI (Cour pénale internationale) « de rester toujours saisi du dossier et ne pas se laisser endormir par des actes pris toutes les fois qu'une visite du procureur est projetée ou effectuée en Guinée ».
Comparativement au dossier de l'attaque du domicile du président Alpha Condé, par exemple, Me Hamidou Barry, avocat des victimes, a quant à lui parlé d'une justice à deux vitesses. « En un court instant, une affaire concernant un petit nombre de victimes a connu son épilogue pendant que celle concernant plusieurs dizaines de personnes est encore à ses début, quatre ans après les faits », a fait remarquer l'avocat.
Quoi qu'il en soit, Mme Asmaou Diallo a demandé aux victimes, parents, amis et personnes de bonne volonté, « de ne pas se laisser gagner par le découragement », toute entreprise humaine ne pouvant se réaliser sans embuches, selon elle. Sans oublier de demander quand même au pool des juges d'instruction chargés du dossier de rester fermes et sereins. En demeurant convaincus que seule leur indépendance et leur impartialité devraient guider leur pas.
Le massacre du 28 septembre, pour rappel, a fait plus de 157 morts dans le stade du même nom à Conakry. Elle a résulté de la répression, par des soldats de la garde présidentielle, d'une manifestation des opposants à la candidature du capitaine Dadis Camara, président de l'ex junte, à la magistrature suprême.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu