Alpha Camara Mardi, 29 Octobre 2013 22:01
La promotion et la protection des droits de l’homme est un sujet préoccupant en Guinée, eu égard aux nombreux crimes qui sont commis en Guinée et qui restent impunis. Et avec les rumeurs à Conakry d’une éventuelle démission du ministre des Droits de l’homme et des Libertés publiques du gouvernement, l’on se demande ce qui pourrait motiver une telle décision. Le président de l’Organisation de défense des droits de l’homme (OGDH), Thierno Maadjou Sow, s’est prononcé sur cette question.
La promotion et la protection des droits des citoyens constituent aujourd’hui un combat mené au quotidien par les défenseurs des droits humains. Et d’après nos constats, la Guinée semble loin de recevoir un certificat de reconnaissance dans ce sens. Comme preuve, de nombreux délits et crimes sont commis sans que les auteurs ne soient punis, ni entendus, même avec l’engagement du gouvernement de la troisième République, la situation demeure préoccupante.
« La situation en réalité n’a pas changé. Vous savez, la Guinée est dans une situation contradictoire comme l’ensemble des pays africains. C’est-à-dire qu’on a de très beaux textes qui sont dans les tiroirs. Le comportement, les relations entre les hommes et les relations entre les hommes et l’Etat ne se basent pas sur le droit en général », précise Thierno Maadjou Sow, président de l’OGDH.
Pourtant, la décision du président Alpha Condé, créant un département des Droits de l’homme et des Libertés publiques a été saluée en Guinée et partout dans le monde. Et les rumeurs d’un éventuel retrait du patron de ce département, Kalifa Gassama Diaby, suscite des interrogations à Conakry.
Le ministre Kalifa Gassama Diaby aurait-il la main libre pour gérer ce département comme il le faut ? A-t-il vu sa marge de manœuvre réduite ? Telles sont les questions qui méritent des réponses. Mais si ces rumeurs se confirmaient un jour, les défenseurs des droits de l’homme perdraient un interlocuteur crédible auprès du gouvernement, et les questions des droits n’auraient plus leur place en Guinée.
En se prononçant sur cette question, le président de l’OGDH, Thierno Maadjou Sow, regretterait que cela se produise : « ça serait vraiment regrettable si cela arrivait. Et pour nous ça serait un allié très important qui disparaîtrait dans le gouvernement. On retomberait encore dans une situation très sérieuse. »
Pour sauver la face, il est donc exigé que la justice soit indépendante, pour que les auteurs des exactions commises en Guinée soient traduits devant les juridictions.
« Les traditions, les pratiques coutumières, ont une vie très longue et résistent à toutes les pressions. Mais il faudrait que vraiment les Guinéens se ressaisissent. Il faudrait qu’ils deviennent de vrais citoyens, qui agissent pour gérer la cité comme ils le doivent ou comme le prévoient les textes. Il faudrait que la justice joue son vrai rôle et les forces de sécurité et de défense respectent les principes arrêtés », déclare Thierno Maadjou Sow. Une mission certes pas facile, et les seuls discours politiques ne suffisent pas. Il faut l’implication de tous les acteurs concernés afin de donner à la Guinée la vraie image de la démocratie conformément aux autres pays.
Alpha Camara
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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