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Rumeur de démission de Gassama Diaby : les raisons de la colère du ministre

Boubacar Bagnan Diallo  Mardi, 29 Octobre 2013 21:17

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DIABY_Gassama_Kalifa_3_01Le ministre des Droits de l’homme et des Libertés publiques, Kalifa Gassama Diaby, serait sur le point de jeter l’éponge. Infos ou intox ? En tout cas le bruit court sur son éventuel départ du gouvernement.

Le ministère des Droits de l’homme pourrait voir un changement s’opérer à sa tête. C’est le moins qu’on puisse écrire, avec le bruit qui court sur l’éventuelle démission de Gassama Diaby. Il faut dire que cela ne surprend guère, car depuis un certain temps, des signaux ont démontré que Kalifa Gassama Diaby n’aurait pas les coudées franches dans l’exercice de ses fonctions. L’on se souvient qu’après la libération de la trentaine de jeunes dans l’affaire des déportés de Soronkony, le ministre des Droits de l’homme avait convoqué une conférence de presse. Mais celle-ci fut annulée à la dernière minute, et reportée sine-die. Concernant ce report, ce fut motus et bouche cousue.

Cette affaire de « tortures » aurait totalement bouleversé et révolté le ministre, au point qu’il tenait absolument à ce que d’urgence toute la vérité soit dite à ce propos. Et que justice soit rendue aux victimes. Il l’a fait savoir dans un entretien accordé à la presse, après une visite rendue au président de la République. Mais depuis, aucun acte allant dans ce sens n’a été posé par les autorités judiciaires. Au fait, le ministre se sentirait même esseulé dans son combat, car ne bénéficiant pas d’un soutien dans son combat contre les violations répétées des droits de l’homme en Guinée.

A ce propos d’ailleurs, inutile de rappeler que la justice a toujours traité avec lenteur, doublée d’indifférence, les dossiers épineux qui concernent les graves violations des droits de l’homme dans notre pays.

L’autre raison qui pourrait expliquer cette démission est « l’acharnement » dont il serait victime dans le camp de la mouvance présidentielle. Certains barons du régime lui reprocheraient d’être un « fanatique » des droits de l’homme. Et de ne pas faire dans la solidarité gouvernementale, de ne critiquer que le pouvoir et jamais l’opposition. Donc en un mot, d’être un allié de l’opposition.

Pour ces barons, le ministre Gassama doit partir « prêcher sa théorie des droits de l’homme », dans une autre chapelle, pas celle du gouvernement Alpha. Et pour conforter cette hypothèse, des hommes de paille, comme Makanéra Kaké, de la mouvance présidentielle, sont motivés à s’en prendre au ministre.

« Le rôle du ministre, ce n’est pas de critiquer le gouvernement. Il ne doit même pas critiquer, peu ou beaucoup. Il est membre du gouvernement. Tout ce que l’Etat pose comme acte, lui aussi, il a posé. Gassama, son rôle n’a jamais été compris en Guinée. Il n’est pas une ONG qui défend les tiers contre l’Etat. Je suis surpris de voir les gens, quand on arrête, ils viennent voir le ministre Diaby. Ce n’est pas son travail. Le rôle du ministre Gassama Diaby est de promouvoir les droits de l’homme dans la politique gouvernementale. Ce n’est pas une ONG qui va se situer comme interface », s’était empressé de déclarer le conseiller chargé de mission du ministre de l’Administration territoriale, dans un entretien accordé à notre reporter.

Revenant toujours sur les raisons qui pourraient expliquer le départ de Gassama Diaby, selon nos informations, même du côté de la présidence, il s’avérerait que le président de la République en personne reprocherait les mêmes choses à son ministre des Droits de l’homme.

Et d’être « difficile, compliqué » avec cette façon qu’il a d’être naturellement détaché du pouvoir qui énerve plus d’un et lui crée tant d’adversités...

L’attitude des responsables et leaders politiques du pays qui ont pris le peuple et son désir de paix et de démocratie en otage en posant des actes et des pièges qui rendent plus difficile la réconciliation et la démocratisation, ne serait pas en reste sur la décision du ministre.

Aussi faut-il rappeler que le comité de réflexion sur les violences en Guinée que le ministre des Droits de l’homme devrait piloter, n’a jamais vu jour alors que cela avait été approuvé en conseil des ministres.

La question que l’on peut se poser est de savoir quelles seraient les conséquences d’un tel départ quand on sait que le président est entouré de faucons qui du reste sont intransigeants. Il faut également dire ici que le ministère des Droits de l’homme n’aurait pas bénéficié d’un budget de fonctionnement, pour l’année en cours, selon nos sources.

Tout cela n’est pas de nature à encourager le ministre à rester dans ce gouvernement. Même si ses détracteurs affirment que ce bruit serait venu de Gassama en personne, histoire de faire chanter la présidence…


Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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