Alliance avec le RPG-Arc-en-ciel : l'UGDD a-t-il signé son arrêt de mort ?

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KOUROUMA_Holomo_Koni_01La décision de Holomo Koni Kourouma, l'unique élu de l'Union guinéenne pour la démocratie et le développement (UGDD) de siéger aux côtés du RPG-Arc-en-ciel dans la future Assemblée nationale est vivement dénoncée par les militants et sympathisants du parti qui menace de l'abandonner. Les responsables du RPG-Arc-en-ciel, par contre, disent que Holomo Koni Kourouma a été très sage en s'alliant à eux.

Les militants et sympathisants de l'UGDD ont été surpris par l'alliance de leur parti avec le RPG-Arc-en-ciel d'autant plus que la décision, comme l'avait réitéré un peu plus tôt, leur élu, était de ne pas composer avec qui que ce soit. Certains n'ont pas hésité à parler de corruption au sommet du parti, pendant que d'autres parlaient de trahison des militants qui ont tout risqué en votant contre le RPG-Arc-en-ciel.

Depuis l'étranger, Kéamou Bogola Haba, fondateur et secrétaire général du parti, n'a pas tardé à donner des explications, histoire de limiter les dégâts. Dans un entretien avec un site internet de la place, il a soutenu que son intérimaire élu député a été contraint de s'allier au RPG-Arc-en-ciel en accusant ce dernier de vouloir provoquer une crise au sein de leur parti. C'était méconnaître la déception de la base.

Au sein de la communauté kpèlè qui constitue l'essentiel de l'électorat de l'UGDD, on accuse Monsieur Kourouma d'avoir mis son intérêt personnel au-dessus de celui du parti. Ils sont nombreux qui menacent de faire payer au parti cette faute si Holomo Koni Kourouma qui, de manière unilatérale, a engagé tout le parti dans une alliance avec un parti qu'ils n'aiment pas, n'est pas sanctionné.

UGDD en effet, est jugé proche du capitaine Moussa Dadis Camara, le chef de l'ex-junte au pouvoir à Conakry. L'image de ce dernier a été d'une grande importance pour le score obtenu par le parti auprès de la communauté kpèlè, ethnie à laquelle il appartient. Le retour de Dadis en Guinée a été l'argument utilisé par le parti pour détourner les électeurs du RPG-Arc-en-ciel soutenu par Alpha Condé, qui s'opposerait à ce retour.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #7 Paul Thea 30-10-2013 07:41

Vraiment dommage mais que voulez-vous c'est la Guinée tout y est possible
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+1 #6 Le Voyant 30-10-2013 00:52

C’est pourquoi j’apprécie Faya et Etienne parmi les jeunes qui se sont lances dans la politique. C’est des jeunes gens qui sont jusque-là resté de marbre (dans leurs positions fermes) face à la dictature…..j’aurais mis Mouctare dans le même moule s’il n’avait pas cédé aux intimidations et chantages du général d’opérette lors de la transition (durant la prolongation) mais hélas !....Quand le « faux » tigre avait fait sortir ses « griffes en papier » le petit Mouctare a capitule pour préserver son petit privilège éphémère.
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+2 #5 Patriote1 29-10-2013 12:05

Une chose est claire, c'est que cette alliance est contre nature et de ce fait elle signe la mort précoce de ce parti, à moins que les dirigeants revoient leur position. Une autre chose est sûre c'est que l'argent a parlé ou alors le signataire de cette alliance, en l'occurence Holomo Koni a été effectivement menacé comme j'ai dû lire dans l'interview du vrai Secrétaire Général du parti Kéamou Bogola.
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+1 #4 alfa 29-10-2013 11:26

Un autre petit marchand de cadavres, il construit sa carriere politique sur les cadavres chauds des Koulékas.
je me demande parfois,pour quoi la guinée excelle dans "la production de dirrigents mediocres et cyniques" ? La seule misére ne peut á elle seule expliquer cette malediction.
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+3 #3 Gandhi 29-10-2013 09:06

Je ne connais pas l'UGDD, ni son président apparemment en Côte d'Ivoire, Holomo Koni Kourouma ne serait qu'un représentant par intérim. Deux choses me choquent néanmoins en dehors de ces problèmes statutaires. Premièrement l'UGDD se revendique de Dadis, or c'est aussi à Koulé que les massacres de Juillet dernier ont eu lieu. Rejoindre le RPG pour remerciement est incompréhensible. Deuxièmement la directrice de campagne du RPG ose affirmer que l'accord signé entre les deux partis ne peut être remis en cause, sic... oubliant, outre les problèmes statutaires, qu'un accord quel qu'il soit, peut toujours être réformé. La liberté RPGiste est très restrictive...
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+2 #2 Le Voyant 29-10-2013 03:04

Lui il ressemble a quelqu’un qui a bougrement faim…..donc il ne faut pas s’attendre a autre chose venant d’opportunistes vénaux de son acabit – si ce n’est la bassesse -, qui se vendent a vil prix a tous les coins de rue…..Comme quoi quand la faim frappe a la porte la dignité se précipite vers la fenêtre car les deux ne peuvent s’accommoder dans la même enseigne (Sic !).
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-2 #1 Sanoussi Bangoura 28-10-2013 22:02

Voici un extrait l’interview de Holomo,à la date du Mardi 08 octobre 2013
Holomo Kourouma: «Le Pr Alpha Condé et son parti sont devenus les acteurs caractérisés de la fraude"
Le candidat de l'union guinéenne pour la démocratie et le développement (UGDD), Holomo Kony Kourouma dénonce l'implication de l'armée et des hauts cadres dans le processus électoral sous les ordres du président Alpha Condé. Dans cet entretien accordé à notre rédaction, M. Kourouma revient également sur l'organisation des festivités du 54ème anniversaire de l'indépendance à N'Nzérékoré...
Les guinéens se sont rendus aux urnes le 28 septembre dernier pour élire leur député à l'Assemblée nationale. Quelles sont vos impressions aujourd'hui sur le déroulement du scrutin législatif ?
Holomo Kony Kourouma :La première impression, c'est que la classe politique guinéenne et la CENI en particulier, ne sont pas à la hauteur de la maturité de la population guinéenne, parce que nous avons noté, à l'occasion de ces élections législatives du 28 septembre 2013, une forte mobilisation dans la paix, dans l'ordre et dans la tranquillité
Cependant, l'acteur technique chargé d'organiser ces élections, a montré des défaillances qui, à mes yeux équivalent à une incapacité totale de cette institution à gérer un processus aussi important, que les élections. Il vous souviendra, que pour organiser une élection, la matière première, ce sont les cartes d'électeurs. Or, tout le monde sait que la distribution des cartes d'électeur a été un raté en République de Guinée, principalement à Nzérékoré, à Lola, à Yomou et à Macenta, le lieu où j'ai pu voter.
Nous avons noté des électeurs qui étaient à Nzérékoré dont les cartes d'électeurs se retrouvaient soit à Beyla ou à Yomou. Les citoyens dont les cartes d'électeurs se trouvaient à des lieux éloignés de leur bureau de vote, qui de ce fait ont été empêchés d'exercer leur droit constitutionnel dont le droit de concourir aux choix de leurs représentants légitimes que sont les partenaires.
Des anomalies ou des cas de fraudes constatés le jour du vote ?
Holomo Kony Kourouma : Le jour du scrutin, pour vous dire que l'institution chargée d'organiser les élections en collaboration avec notre administration n'ont pas été à la hauteur. Nous avons noté des intimidations répétées dans la zone où nous étions.
Pour le cas de Macenta par exemple, le ministre du tourisme Louncény Camara a passé presque toute la journée, entrain de se promener dans les bureaux de vote, distribuant de l'argent ça et là. Nos observateurs sur le terrain nous ont remonté ces informations. Ça équivaut à faire de la campagne e parfois de l'achat de conscience le jour des élections. Ce qui est dangereux, je crois qu'un agent aussi placé de l'Etat, ne devrait pas s'adonner à des comportements de ce genre. Ça ne fait pas honneur à la République de Guinée.
Dans plusieurs endroits, nous avons noté aussi, que des forces armées ont participé à la campagne. Ce qui est contre la loi dans notre pays. Je me réserve de dire leur nom, mais les intéressés se reconnaitront.
Nous voulons inviter le président de la République de ne pas mêler l'armée à des activités politiques. Car l'armée est une institution chargée de défendre la sécurité de notre territoire. Sa mission n'est pas de faire campagne pour un quelconque parti. Nous avons constaté également, qu'à l'issu du scrutin, il y a eu des agents de l'Etat, principalement des sous-préfets, se sont chargés de changer les résultats des votes. C'est le cas de Wommé, dans le bureau numéro 2, où le sous-préfet a changé les voix en faveur de l'UGDD pour les transmettre au RPG (parti au pouvoir, ndlr).
Il vous souviendra que cette sous préfecture n'est pas à plus de 50 km de Nzérékoré. Les résultats de wommé ont fait plus de 48 heures pour parcourir 50 km. Qu'est-ce qui était entrain de se faire pendant ce temps ? C'était la cuisine électorale, une pratique qui ne fait pas non plus honneur à notre pays. La Guinée a besoin de paix, de démocratie. On ne peut pas construire une nation dans ces pratiques d'un autre âge qu'hier le Président Alpha Condé lui-même dénonçait. Mais aujourd'hui, lui et son parti sont devenus les acteurs caractérisés de la fraude électorale. Ce qui est très dommage.
Il nous a été rapporté aussi de plusieurs cas de bourrage d'urnes par-ci et par là. Je vous cite le cas d'un bureau de vote qui est à Nakouékpa situé à Nzérékoré. Après le vote, les gens ont déplacé l'urne pour aller faire le dépouillement à 7 km. Dans quelle intention ? Sinon que pour faire du bourrage électoral. Et même à l'intérieur de Nzérékoré où il n'y a pas plus de 10 km de plus grande distance. Mais pour faire quitter les PV et les urnes des bureaux de vote pour les amener à la Commission de centralisation, ça a pris plus de 24 heures. Ce qui est incompréhensible. Si ce n'est que l'intention avérée pour les gens de cuisiner les résultats des élections législatives.
Si on doit partir à des élections dont les résultats sont déterminés d'avance, qu'on arrête de fatiguer les populations, qu'on ne vote pas ! Mais si on va à des élections, il faut que nos yeux soient ouverts, il faut qu'ils soient transparents et qu'ils soient démocratiques.
Nous avons noté par endroit que certains observateurs, ça pousse au ridicule, comme ceux de l'Union Africaine qui ont déclaré que les élections se sont déroulées globalement très bien et que les quelles que imperfections n'étaient pas de nature à entacher la crédibilité du scrutin. Le chef des observations de cette organisation a même déclaré qu'il est confient que même rien ne viendra entamer la crédibilité et la sincérité du scrutin.
Nous pensons qu'il faut un minimum de retenu pour des gens de ce niveau, parce qu'on ne peut pas préjuger du résultat d'un processus quand le processus n'est pas achevé. La centralisation n'est pas achevée, comment une institution normalement respectable comme l'Union Africaine peut se prononcer sur un scrutin dont les résultats ne sont pas encore donnés ? Pour le respect que nous devons aux observateurs internationaux, nous les invitons à ce que chacun mette de l'eau dans son vin et observe un minimum de principes de professionnalisme en matière d'observation électorale.
Pour le moment, nous n'avons pas le sentiment que ça soit le cas. L'ensemble de ces institutions devrait concourir à promouvoir des élections crédibles en Guinée, gage certain d'une paix qui peut être bénéfique à nos populations. Parce que sans paix, on ne pourra rien construire.
Ce que nous regrettons,, c'est que l'institution chargée d'organiser les élections en Guinée n'était pas techniquement prête à s'acquitter de son devoir légal. Celui de donner une copie de procès verbal à chaque représentant de parti politique candidat. Il y a des gens à la CENI, on a l'impression qu'ils ne savent pas lire. Peut être qu'il faut leur faire des cours de lecture, puisque quand on leur demande une copie, ils disent non ! On donne une copie à l'opposition et une à la mouvance présidentielle.
Le code électoral est très clair : «chaque représentant de parti politique candidat a droit à une copie du procès verbal ».
La loi impose à la CENI de distribuer les cartes d'électeurs 30 jours avant le jour du scrutin. La CENI n'était pas à la hauteur de cette obligation. Donc, notre institution chargée d'organiser les élections doit sérieusement se remettre en cause parce que pour le moment, elle n'a montré que des graves lacunes qui ne sont pas de nature à préserver la paix et la quiétude dans notre pays.
Pour notre part, l'UGDD n'est pas prêt à se laisser faire, nous ne sommes pas prêt à laisser la fraude se déroulée.
Nous avons des très bons résultats enregistrés dans les sous préfectures et CRD. Depuis le jour du scrutin à nos jour, il y a presqu'une semaine. A date, la centralisation des résultats n'est essentiellement faite au niveau de la CEPI de Nzérékoré.
Nous ne sommes pas prêt à accepter cette fraude électorale se dérouler. En tout cas, nous sommes prêt avec nos résultats, si davantage quelqu'un s'amuse à déclarer des résultats qui ne sont pas conformes à ceux sortis des urnes, l'UGDD en concert avec les autres partis politiques engagés dans le processus électoral, se réservent le droit de prendre toutes les mesures idoines pour que la vérité des urnes rétablie.
Comment vous avez menés votre campagne électorale et quels ont été les axes forts de votre marathon électoral ?
Holomo Kony Kourouma :Nous avons mené une campagne à l'Américaine. Nous avons parcouru presque tout le pays. De Boké à Kankan, de Labé à Nzérékoré.
Notre campagne a essentiellement porté sur trois axes. Le premier axe qui est le plus important, c'était l'utilisation des jeunes volontaires qui ont été d'un appui déterminent. Vous vous souviendrez que l'UGDD est à sa première participation à un processus électoral. Mais à ce jour, on est entrain de se structurer parmi les cinq à six premiers partis politiques de la République de Guinée, devant des vieux partis de la scène politique. Ce résultat n'a pu être atteint que grâce à la mobilisation et au volontarisme de ces jeunes qui ont accepté de faire le porte à porte, pour porter le message d'espoir, le message de progrès de l'UGDD.
Nous sommes l'un des rares partis qui a un projet concret pour répondre aux préoccupations des guinéens, comparés à d'autres partis qui ont passé tout leur temps à faire de la mamayah (danse folklorique, ndlr) dans les quartiers. Donc, nous saisissons cette occasion pour remercier les milliers des jeunes volontaires qui se sont mobilisés pour notre grand parti.
Nous sommes aussi appesantis sur l'ensemble des medias, dans la communication de mass. Et à travers les medias, nous avons pu porter notre message de nos projets clés, dont l'allocation de 10% du budget de l'Etat aux collectivités décentralisées, le plan Marshals pour doter la Guinée d'infrastructures nécessaires à son décollage économique, la redynamisation de nos écoles pour qu'elles répondent aux besoins du travail. Nous avons posez tous ces projets ambitieux à l'attention des populations et des électeurs qui ont voulu accorder leur confiance à notre grand parti.
Et comme d'autres partis, nous avons organisé des meetings dans plusieurs villes, notamment à Fria, Kamsar, à Kindia, à Faranah où nous sommes venus d'ailleurs quatrième parti derrière des partis qui relèvent du RPG, le PEDN et l'UFDG. L'UGDD s'est classé quatrième derrière ces grands partis qui sont plus ou moins implantés pendant longtemps dans cette région. Mais cela est du aussi que Faranah est un centre universitaire. Il y a des étudiants qui sont là bas et qui comprennent ce que c'est que le développement et qui ont massivement adhéré à notre message de développement.
Et comme les autres partis, nous avons également favorisé la prise de contact avec les leaders d'opinion. Nous nous félicitons à l'occasion de ces élections, beaucoup des leaders aient manifesté leur adhésion aux idéaux de notre grand parti qui a des beaux jours devant lui. Il faut compter sur l'UGDD qui a des solutions concrètes aux maux qui assaillent notre pays depuis des décennies.
Votre formation politique va sans doute créer la surprise d'après les premiers résultats, surtout en région forestière, quelle autre stratégie avez-vous développée sur le terrain ?
Holomo Kony Kourouma :Deux ans avant les élections, l'UGDD s'est assis pour réfléchir sur son projet législatif. Nous avons autour de 32 propositions de loi que nous allons défendre. Lors de ces élections, nous avons sorti de nos armoires aux moins quinze de ses projets là que nous avons vendu à la population, puis qu'il ne faut pas la bourrer trop de projets.
Donc ils ont massivement adhéré à nos idéaux et à nos projets. Nous pensons que cela a été déterminant. C'est ce qui a mobilisé les jeunes, et ça a entrainé la mobilisation de la population. Au-delà de ces jeunes, il faut noter que des artistes nous ont soutenus, par exemple Oben Théa se sont mobilisés pour soutenir le projet de société de l'UGDD, alors qu'ils avaient des propositions alléchantes avec de grosses sommes de la part d'autres partis dont je me réserve de dire leur nom. Mais ils ont bien voulu accompagner un parti qui avait des projets bénéfiques pour l'ensemble de la population guinéenne.
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