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Arbitrage de la Cour suprême : faut-il s’attendre au miracle ?

Boubacar Bagnan Diallo  Mardi, 22 Octobre 2013 18:51

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SYLLA_Mamadou_Syma_Cour_Supreme_2_01La Cour suprême demeure le dernier recours pour les partis se disant victimes de fraudes lors du scrutin législatif. Mais cette institution qui n’a pas bonne presse aux yeux de la plupart des citoyens, va-t-elle pour une fois dire le droit ? C’est la question que se posent bien des gens, pour qui Mamadou Sylla dit Syma, bien qu’étant un magistrat bien au fait de la chose judiciaire, aura du mal à échapper au complexe que certains juges ne cessent d’afficher vis-à-vis de l’exécutif. Comme si l’appareil judiciaire n’était qu’un appendice de l’exécutif.

Décidemment les résultats annoncés par la commission électorale nationale indépendante (CENI) n’ont apparemment satisfait aucun des partis qui étaient en lice à ce scrutin. Pour preuve, au lendemain de la publication des résultats définitifs des législatives du 28 septembre, les principaux partis qui étaient en compétition lors de ce scrutin ont tous crié à la fraude, s’accusant mutuellement de manipulation des urnes.

Telle est la posture affichée par les principales formations politiques qui ont participé à ces élections. Ainsi à la sortie d’une réunion organisée le samedi dernier par le facilitateur international, Saïd Djinnit, au siège du Système des Nations unies à Coléyah, entre les représentants du pouvoir et ceux l’opposition, chaque camp versait dans la victimisation. Ils se disent victimes de fraudes et entendent introduire des recours auprès de la Cour suprême.

« Nous sommes en train de préparer les dossiers pour la Cour suprême, nous avons déjà dénoncé un certain nombre d’irrégularités, et nous espérons que ces irrégularités qui sont graves et qui se retrouvent un peu partout en Guinée vont être réglées, comme cela se doit », a indiqué Mohamed Tall au nom de l’opposition républicaine.

Pour sa part, le représentant de la mouvance présidentielle, Kiridi Bangoura a dénoncé ce qu’il qualifie de « résultats tronqués » : « Nous avons estimé que les résultats publiés ont été tronqués par la non-prise en compte d’un certain nombre de bureaux de votes et de certaines pratiques qui ont dénaturé la sincérité du vote », a déploré le porte-parole de la présidence de la République qui se réjouit tout de même du fait que tous les partis aient décidé de suivre la voie légale pour régler les contentieux électoraux. « Je crois que nous pouvons nous réjouir que la légalité puisse s’imposer et que les recours des uns et des autres soient présentés devant la juridiction suprême de notre pays », a fait savoir le porte-parole de la Présidence.

Comme on le voit, Mamadou Sylla, le président de la Cour suprême a du pain sur la planche. Il sortirait grandi de cette épreuve, si jamais il disait le droit. Mais le parti-pris ne pourrait que ternir son image. Et précipiter notre pays dans l’abîme. Vu la passion qui entoure ces résultats.


Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
 

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