Boubacar Doumba Diallo Lundi, 21 Octobre 2013 15:56
Les dernières élections législatives en Guinée ont montré une fois de plus que nos peuples ne peuvent pas compter sur l'UA et la CEDEAO pour la résolution juste de leurs problèmes. A peine les élections terminées que les observateurs en provenance de ces deux institutions ont plié bagages. Seuls les observateurs dépêchés par l'UE sont restés et ont décidé d'accompagner le processus jusqu'au bout. Le quotidien Le Pays du Burkina Faso en témoigne.
« Déjà, les observateurs de l’Union africaine (UA) ont quitté le pays, abandonnant ainsi les seuls observateurs envoyés par l’Union européenne et, bien sûr, les pauvres Guinéens à leur sort. Encore une fois, l’Afrique a fui ses responsabilités. Elle s’est illustrée de la mauvaise manière, en refusant d’assister un peuple en danger. Pour peu qu’elle soit responsable, elle devrait en avoir honte. C’est pourquoi, il faut saluer la patience et la ténacité des membres de la mission d’observation électorale de l’Union européenne qui, à leur corps défendant, jouent désormais un rôle d’apaisement et de garant face à une crise de confiance absolue entre le pouvoir et l’opposition. »
Récemment au Mali, on a vu avec quelle lenteur les pays de la sous-région ont mis du temps pour venir au secours d'un pays investi par des forces armées djihadistes. Sans l'intervention énergique de l'ancienne puissance coloniale, où en serions-nous aujourd'hui ? Ançar Dine et le Mujao seraient en Guinée, au Niger, au Burkina, etc.
Tout cela est honteux, mais n'excuse pas la classe politique guinéenne, la plus bête d'Afrique. Loin de là. Le quotidien burkinabé poursuit:
« La Guinée rassemble donc les ingrédients matériels et immatériels pour être grande et servir de vitrine de développement, de démocratie et de progrès social pour la sous-région. Hélas ! Tel un albatros, la Guinée est victime de son envergure. Parmi ceux qui l’en empêchent, il y a notamment ses hommes politiques, qui ont réussi le tour de force d’installer le pays dans la violence, la suspicion généralisée, la délation, bref, la chienlit. Les prérequis du vivre-ensemble n’existent pas en Guinée. Pourtant, le pays, en 1958, avait pu séduire l’Afrique progressiste en optant pour la dignité et l’indépendance face à la France du général de Gaulle. Depuis lors, la Guinée porte le bonnet d’âne en termes de dictature, de violations massives des droits de l’Homme, de mauvaise gouvernance politique et économique. La Guinée a un mal chronique à ses hommes politiques. Ceux-ci, faute de vision pour leur pays, ont vite fait d’instrumentaliser les ethnies, divisant ainsi les populations pour mieux régner. »
C'est un témoignage éloquent. A chacun d'en tirer les leçons.
Was salam !
Boubacar Doumba Diallo