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Règlements de compte à Kankan : des fonctionnaires mutés pour leur appartenance politique ?

Thierno Hassana Bah  Samedi, 19 Octobre 2013 00:37

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BAH_Mariama_Tata_01Depuis l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé, des cadres de l’administration publique se trouvant dans des partis d’opposition subissent des « pressions voire des menaces » à cause de leur appartenance politique. Le pouvoir tenterait ainsi par tous les moyens de dissuader ces pauvres fonctionnaires d’exprimer une opinion autre que celle du parti pouvoir, au risque de se voir bannis.

Mamadou Bobo Diallo, candidat uninominal du RPG Arc-en-ciel à Boké était par exemple un fervent militant de l’UFDG. Il aurait rejoint la mouvance juste pour éviter de perdre son poste de président de la chambre régionale d’agriculture de Boké.

Des cadres de l’Education au niveau de Kankan sont victimes de leur appartenance politique, depuis le vote du 28 septembre. Au nombre de trois, ils viennent d’être mutés par la DPE de Kankan à des endroits très éloignés.

Selon le secrétaire fédéral de l’UFDG de Kankan et principal du collège Batè Nafadji, Antoine Dobo, il y a longtemps que le Directeur préfectoral de l’Education de Kankan lui demandait de venir « les rejoindre » au RPG Arc-en-ciel. « Il a même suspendu mon salaire des mois durant parce que j’ai refusé de quitter mon parti », affirme Antoine Dobo sur une radio privée de Conakry. Après avoir servi à Kankan pendant plusieurs années, Antoine Dobo est muté à Lélouma. Deux autres enseignants dont celui qui travaille à Milo FM, ont été mutés dans des villages très éloignés de Kankan. «Tout ceci c’est à cause de notre choix politique. C’est pour nous empêcher de travailler dans nos partis respectifs », a-t-il ajouté.

Il faut rappeler qu’en fin 2011, lors de la visite du ministre Gbantama Sow à Labé, il a menacé des cadres de la direction préfectorale de la jeunesse qui n’adhéraient pas au parti au pouvoir. Ceux-ci devraient perdre leur poste, s’ils restaient dans l’opposition. C’est dans ce climat empreint de harcèlement politique que Mme Tata Bah a perdu son poste de proviseur du lycée Hoggo Bouro de Labé. D’autres avaient subi les mêmes menaces. C’est le cas de Mamadou Alpha Baldé et Hawa Binta Diallo, respectivement élus députés uninominaux de l’UFDG à Koubia et Dalaba. Le premier, enseignant de son état, avait été muté par le préfet, le commandant Mamadou Lamarana Diallo, dans un village situé à plusieurs kilomètres du centre-ville. Alors que Hawa Binta, elle, a été mutée à Siguiri, malgré son insistance de rester à Dalaba à côté de son papa qui était malade. Ce dernier est même décédé le 29 août dernier.

Ces harcèlements rappellent ceux faits contre les fonctionnaires membres de l’opposition à l’époque du PUP de Lansana Conté. Mais à la seule différence que Conté était un militaire venu au pouvoir à la suite d’un putsch, avant de revêtir le manteau de démocrate. Alors qu’Alpha Condé est un professeur de droit, qui est venu au pouvoir suite à une élection transparente.


Bah Thierno Hassana
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
 

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