Heinan Goba Vendredi, 18 Octobre 2013 20:32
Dans toutes les cinq circonscriptions électorales de Conakry, les candidats du parti présidentiel à l’uninominal ont perdu face à ceux de l’opposition malgré les achats de consciences et les intimidations. Pour maints observateurs, c’est la preuve tangible qu’Alpha Condé n’est pas aimé par la population de la capitale. Surtout quand on sait qu’il avait demandé aux électeurs de ne pas voir les candidats mais sa personne.
D’après les informations d’une radio locale, ces résultats qui trahissent les affirmations du porte-parole de campagne du RPG-Arc-en-ciel, Naité Moustapha, selon lesquelles « le parti est le premier en Guinée » auraient mis Alpha Condé dans tous ses états. Il aurait commencé à demander à ce que tout ce qui lui a été pris dans le but d’offrir à son parti la majorité à la future Assemblée nationale, lui soit remboursé.
Plusieurs responsables du parti présidentiel et hauts cadres de l’administration pourraient avoir des problèmes suite à cette défaite, d’après la même source. Ils sont nombreux qui ne sauront pas justifier l’utilisation des moyens mis à leur disposition après avoir pris l’engagement de donner la majorité au président Alpha Condé. En plus de la sommation à rembourser les montants reçus, ils risquent de perdre leur poste.
Au regard de la situation politique du pays, ces cadres ont par contre beaucoup de chances de rester sans être inquiétés. Alpha Condé en perte de popularité pourrait ne pas se hasarder à demander des remboursements à des gens qui constituent les piliers de son parti, voire la substance de son pouvoir. Il y a assez de risques de voir son parti, comme son régime, fondre comme du beurre sous le soleil.
A certains endroits de la capitale, la population ne cache plus son dégout pour Alpha Condé quoique président de la République. Dans le quartier de la Carrière (commune de Matam) par exemple, le riz qu’il a offert à l’occasion de la Tabaski n’a pas été consommé. Des jeunes ont déchiré les sacs et versé leur contenu sur les rails. Les forces de l’ordre parties pour protéger ceux qui voulaient violer l’interdiction de toucher à ce riz ont été lapidées.
Au-delà de tout cela, il y a deux facteurs qui rendront difficile sinon impossible un remboursement, quel que soit le montant dû à Alpha Condé. A moins qu’il n’abuse de son pouvoir. Ce qui va ternir davantage son image. Premièrement, il ne peut prouver qu’il lui a été détourné de l’argent. Deuxièmement, les cadres mis en cause ont la possibilité de se décharger sur les électeurs qui n’auraient pas respecté leurs engagements.
Quoi qu’il en soit, il lui faut choisir.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu