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Torture de 33 jeunes à Soronkony : Dr Ousmane Kaba, dans la peau du négationniste

Mamady Kéita   Jeudi, 17 Octobre 2013 15:44

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KABA_Ousmane_01Dr Ousmane Kaba, qui tentait de se défendre ce mercredi d’avoir manipulé les urnes dans la préfecture de Kankan lors du scrutin législatif du 28 septembre dernier, a mis l’occasion à profit pour nier la déportation de 33 citoyens vers le camp militaire de Saranakony, à la veille du scrutin, où ils auraient subi des tortures. Les propos hallucinants de ce ministre conseiller ont choqué l’opinion.

Dr Ousmane Kaba, leader du parti PLUS, formation politique sans assise, qui a été obligée de se fondre dans le RPG-Arc-en-ciel, est parmi les grands commis de l’Etat soupçonnés d’avoir manipulé les urnes en faveur de la mouvance. Le fondateur des établissements scolaires Koffi Anan est un ancien ministre du Plan, devenu depuis l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir, un des piliers du régime. Sa maîtrise des arcanes de la finance mondiale, pour avoir œuvré au sein du Fonds monétaire international (FMI), et le fait d’avoir occupé des fonctions ministérielles sous le règne de Conté, ont facilité cette introduction auprès du chef de l’Etat. Quand on sait qu’au sein du RPG, le problème de compétence s’est posé au lendemain de la victoire. Ce qui expliquerait en partie, le recours à certains caciques du système Conté, pour conseiller le président. Comme Kiridi Bangoura, actuel ministre Secrétaire général de la présidence, ancien thuriféraire du régime Conté, dont la reconversion est totale en tête pensante pour le compte de la mouvance. Pour revenir au cas Ousmane Kaba, c’est surtout le fait qu’il ait nié catégoriquement l’enlèvement et la déportation de 33 citoyens, des jeunes gens, interpellés à la veille du vote, qui est sidérant, aux yeux de l’opinion.

Le ministre conseiller chargé des questions stratégiques, a eu le toupet de déclarer sur les antennes de la radio Espace FM, ce mercredi, que cette histoire relèverait d’un montage grossier. Ousmane Kaba en tentant de dédouaner les auteurs de cet enlèvement, qui a fait un mort, en la personne de Boubacar Sow, carreleur de profession, se met dans la peau du négationniste. Et cela est d’autant plus déplorable, de voir un des proches du chef de l’Etat tenir des propos hallucinants, susceptibles d’encourager l’impunité dans le rapport entre le pouvoir et les pauvres citoyens.

Cela rappelle un peu cette citation de Boris Cyrulnik définissant le négationnisme comme un message adressé aux survivants : « crevez, votre souffrance nous importune.»


Mamady Kéita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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