Circonscription de Matoto : la nébuleuse de la discorde !

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Que la circonscription électorale de Matoto, la plus grande du pays se fasse encore attendre quant à la centralisation des résultats provisoires du scrutin du 28 septembre 2013, près de trois semaines après, voilà une aberration qui ne cesse de surprendre les observateurs, d’agacer des acteurs politiques et d’angoisser la population. Matoto est vraiment devenu une nébuleuse de la discorde qui fait honte et qui fait jaser.

Les citoyens ont fait mentir plus d’un pronostiqueur en sortant massivement voter le 28 septembre 2013. Dans un calme olympien et une sérénité étourdissante. Eux, ils ont joué leur partition. De ces atouts, la CENI et les politiciens ne font rien, ou presque. Grâce à l’option, du reste historique, que ces citoyens-votants ont prise, ils ont de fait mis aujourd’hui à rude épreuve la mouvance présidentielle et la classe politique de l’opposition. Au centre de la bataille, la circonscription électorale de Matoto. La mouvance crie à la fraude à haute échelle, l’opposition, elle aussi, brandit le glaive de l’annulation du scrutin. On dénonce une bagarre qui aurait eu lieu dans les locaux de la commission de centralisation. On regrette la substitution présumée de PV. Face à ce constat accablant, le pouvoir en fait le minimum. Les règles du jeu le confinent à … la neutralité.

La CENI et ses démembrements, usés par une pression sans précédent de toute part gèrent ce qu’ils peuvent. Mais sans entrevoir de vision globale de transparence. Comme ils se font taper le doigt par des observateurs occidentaux et africains. C’est toute cette cohue qui font dire à certains que Matoto est vraiment une nébuleuse dont la fin tarde encore à s’annoncer. Notamment avec la reprise du décompte manuel dimanche dernier. Les deux camps en compétition fourbissent leurs armes. Ils perdent leur sérénité au moindre coup de vent. La confiance a disparu des écrans radars depuis le jour même du scrutin. La population est résignée. La peur dans le ventre. Et tout le monde attend désormais que toute cette pagaille et jeux d’intérêts finissent. Pour bien savourer le reste du quinquennat du président Alpha Condé. Un président pourtant porteur d’une vague d’espoir depuis son arrivée à la plus haute sphère de la République.

La mise en place d’une Assemblée nationale dénouera certainement la situation. Du moins, c’est le rêve sans cesse secrètement nourri par bien des Guinéens, lassés d’une bagarre électorale qui dure depuis environ trois ans. Jusqu’à quand donc cette nébuleuse de Matoto va-t-elle nous tenir en haleine ? On croise les doigts.

C’est sans nul doute conscient de tout cet imbroglio politique actuel, que le président guinéen avait dit dans une des ces interviews accordées à Sud FM : « Nous n’accepterons plus que quelqu’un nous dicte la façon d’organiser nos élections. Parce que lorsque vous recevez un financement de l’extérieur, il y a des contraintes auxquelles il faut impérativement faire face. Â» Alpha Condé savait de quoi il parlait. Trois ans environ après cette déclaration, les choses se précisent. Il reste que la démocratie se construit avec des acteurs et des investisseurs. Autant faire avec. Pourvu que Matoto – à défaut d’être banni – ne soit pas la base arrière d’une escalade de violence postélectorale.


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+2 #1 amadousdialamba 17-10-2013 01:57

La stratégie du RPG-Armikansè d’Alpha le fugitif dans ces élections, consiste à crier à la fraude à haute échelle dans des fiefs favorables à l’opposition uniquement. Laissant ainsi de côté sa grande mascarade, pourtant plus visible en Haute Guinée et en Forêt que partout ailleurs (90-95 % de votants, 0 % de bulletins nuls, etc.). C’est ce qu’on appelle par exemple, en matière de gestion des forêts «feu précoce». C’est-à-dire il faut mettre le feu avant que l’herbe ne soit plus séchée pour éviter son débordement le temps venu. Ou alors respecter les consignes des entraineurs qui consistent à bien attaquer pour mieux défendre. La mouvance étant toujours en avance sur son opposition en matière de stratégie et de fraude, semble atteindre cette fois encore son objet. Sinon tellement que le vol perpétré par le RPG en Haute Guinée et en Forêt est flagrant, même un illettré peut mesurer son envergure. Mais si l’opposition n’en parle que peu, tant mieux pour le ‘’Tintimal’’ du Burkina.
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