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Polémique autour des résultats de Matoto : un baroud d’honneur pour la mouvance !

Abdoul Malick Diallo  Mardi, 15 Octobre 2013 22:45

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DJINNIT_Said_3_01La mouvance présidentielle tente un baroud d’honneur en exigeant un nouveau décompte des résultats provisoires de la circonscription de Matoto, de peur de perdre toute la capitale au profit de l’opposition, qui a déjà dans sa besace les 4 autres communes, à l’issue du scrutin législatif. La polémique se poursuit, avec l’opposition qui refuse d’admettre la désignation d’un magistrat superviseur de la commission administrative de décentralisation (CACV), en la personne de Seny Camara.

La communauté internationale a appelé la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à diffuser les résultats provisoires avant mardi, jour prévu pour la célébration de l’Aïd-el-kébir, à travers un communiqué rendu public dimanche.

Dans ce même communiqué, Saïd Djinnit et ses pairs invitent « les partis politiques et toutes les institutions concernées à coopérer pleinement pour finaliser la vérification et la totalisation des résultats de la circonscription de Matoto ». Ils n’excluent pas de faire suivre les travaux de la commission de centralisation de Matoto, objet de contentieux électoral par des observateurs internationaux, en vue de renforcer la confiance.

Avant que ce communiqué ne tombe, l’opposition s’était retrouvée à la résidence de Sidya Touré située dans la commune de Dixinn. Autour d’un ordre du jour portant essentiellement sur le cas du décompte des résultats de Matoto. La plus grande circonscription électorale du pays, comptant plus de 400 mille inscrits sur la liste électorale. Sidya Touré au sortir de ce huis-clos, a briefé les journalistes présents devant son domicile. « Nous venons de tenir une réunion de l’opposition républicaine autour essentiellement de ce qui se passe dans la circonscription de Matoto. Il est bon de rappeler que nous sommes presque à 15 jours du décompte depuis l’élection du 28 septembre 2013. Il est inimaginable que pendant tout ce temps il n’a pas été possible de déclarer un vainqueur.»

Le président de l’Union des forces républicaines (UFR) de poursuivre dans la même lancée « le cas typique de Matoto nous interpelle à plus d’un titre. Depuis un certain temps, nous avons assisté à des allées et venues du RPG tendant à faire croire qu’on a su quels étaient les résultats et que cela était dû non seulement au fait que le représentant de l’UFR ne devait pas être dans la salle, mais qu’également le président de la commission de centralisation avait un parti pris. On a essayé de faire prospérer cette idée que curieusement au moment où le RPG a quitté la salle le représentant du MATD est parti avec lui. »

Puis l’opposant de s’interroger : « on se demande où est le fonctionnaire et où est le politique ».

Et d’ajouter « la proposition qui a été faite par le RPG était d’abord d’envoyer un nouveau magistrat à la place de celui qui était là. Mais cela ne peut se faire que par la Cour suprême. Ou d’envoyer un magistrat pour assister celui qui a fait ce travail depuis 15 jours, dont on connaît pratiquement tous les résultats. »

C’est ainsi que « fort de ce préaccord avec certaines personnes, le président de la CENI au lieu de désigner un magistrat qui devrait assister celui qui est en place s’est permis d’envoyer l’ordre de mission qui désigne un nouveau magistrat. Pratiquement, c’est lui qui va faire tout le travail et même le suppléer le cas échéant. Cette formulation de l’ordre de mission est en contradiction totale avec l’article 85 du code électoral guinéen qui dit que le président de la CACV est nommé sur proposition du Conseil constitutionnel. Et ça ne peut pas être sur proposition du président de la CENI. Donc, il y a là une contradiction fondamentale mais mieux que cela je dirais que la CENI va plus loin, non seulement elle interprète la loi en se donnant des attributions qu’elle n’a pas, mais elle modifie même le contenu de la loi, ce qui est le rôle du législateur », regrette Sidya Touré.

Pour l’ancien premier ministre, il ne peut pas être « accepté aujourd’hui dans l’état où se trouve le processus électoral de décourager les magistrats qui ont bien fait leur travail ».

« Nous nous sommes donc opposés catégoriquement à ce qu’un autre magistrat soit envoyé à la place de celui qui est en place. Nous n’accepterons pas cela. Nous avons déclaré dans la salle que nous ne resterons pas si le nouveau magistrat désigné par la CENI devait prendre fonction.

Et nous avons également préparé une lettre pour porter plainte contre directement la Cour suprême parce que c’est de leur rôle de désigner les magistrats pour ce genre d’opération », a conclu le leader de l’UFR, faisant office de porte-parole de l’opposition pour la circonstance.

Avant cette rencontre, l’opposition avait également publié une déclaration dans laquelle elle accuse le RPG-Arc-en-ciel d’avoir paralysé les activités au sein de la commission de centralisation de Matoto, pour « faire reprendre les opérations de centralisation en vue de permettre la substitution de nombreux PV ». Une démarche destinée selon elle à « octroyer de force au RPG Arc-en-ciel la majorité lui permettant de remporter de force le scrutin uninominal dans la circonscription électorale de Matoto ».

« Faux », rétorque-t-on dans le camp du RPG Arc-en-ciel, où on admet détenir des preuves de velléités de fraudes à l’encontre de l’UFR, à travers Babara Fofana, son représentant au sein de la CACV, qui a démissionné depuis de cette commission. Ayant été récusé par la mouvance présidentielle.

Toutefois, cette agitation de la mouvance autour des résultats de Matoto est perçue par bien des gens comme un baroud d’honneur. Vu que le parti au pouvoir est sur le point de perdre cette autre circonscription à l’uninominal, après le revers qu’il a essuyé dans les 4 autres communes de la capitale, où l’opposition a raflé la mise. Pourtant nos deniers ont souffert s


Abdoul Malick Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu

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