Bavures et tortures par des hommes en uniforme : l’opinion sous le choc

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detenus_Kankan_Oct2013_01Une trentaine de jeunes gens ont été déportés dans le camp de Soronkony, dans la préfecture de Kankan en Haute Guinée, où ils ont subi des sévices corporels, selon leurs témoignages rapportés par l’Organisation guinéenne pour la défense des droits humains (OGDH), qui s’est constituée partie civile dans cette affaire, pour porter plainte contre les auteurs et commanditaires de ces basses œuvres. L’opinion est sous le choc, depuis que ce cas de violation des droits humains a été relayé dans la presse. Pendant ce temps, le gouvernement, lui, continue de garder le silence autour de ce énième cas de torture infligée à des citoyens, au mépris des principes démocratiques.

L’enlèvement et la déportation de 33 citoyens de la commune de Ratoma, dans le camp de Soronkony, en Haute Guinée, par des hommes en uniforme, à la veille du scrutin législatif, préoccupe les défenseurs des droits de l’homme, dont l’OGDH. Cette ONG présidée par Dr Madjou Sow, se bat avec les moyens du bord pour venir en aide à ces pauvres victimes de tortures, libérées grâce à l’intervention de Kalifa Gassama Diaby, ministre des Droits de l’homme.

« Nous voulons que cette fois-ci ceux qui ont ordonné et ceux qui ont exécuté soient traduits devant la justice Â», a indiqué Dr Madjou Sow, au micro de notre reporter, qui annonçait ainsi le dépôt d’une plainte auprès des autorités judiciaires compétentes, pour faire la lumière sur cette affaire. Le président de l’OGDH a tenu à préciser qu’il y avait des mineurs parmi les déportés.

Pendant leur détention, ces jeunes auraient subi des actes de tortures. Certains auraient même perdu conscience sous l’effet des sévices. Ce qui fait qu’à leur libération, ils étaient physiquement malades et traumatisés, a expliqué le défenseur des droits de l’homme. Et vu « la gravité de la situation, notre organisation entend les transférer dans une clinique de la place, pour y recevoir des soins Â», a-t-il souligné.

Il faut noter que Boubacar Sow, un des suppliciés, lui, n’aurait pas survécu à ces sévices. Une fois libéré, la victime fut évacuée à Dakar le 7 octobre par ses parents. Ce carreleur de profession, domicilié à Wanindara dans la commune de Ratoma, rendra l’âme le lendemain de son évacuation.

L’avocat de la famille de la victime que nous avons interrogé a tenu à dire que Boubacar Sow « ne souffrait d’aucune maladie, avant son enlèvement Â». Â« Il ne souffrait d’aucune maladie, il est mort suite aux multiples tortures qu’il a subies, de son lieu d’embarquement jusqu’à Soronkony à Kankan, un trajet long de 800 km environ. Il n’a pas pu supporter, et il en est mort Â», a regretté son avocat, joint au téléphone par notre reporter.

Maître Alsény Aissata Diallo a cependant ajouté ceci : « Nous avons saisi le procureur général auprès de la cour d’appel de Conakry par une plainte pour arrestation illégale, séquestration arbitraire et prise d’otage. Notre souhait est que tous les auteurs et commanditaires de ces actes soient interpelés et entendus pour qu’ils répondent de leur forfaiture. Nous suivons cette procédure jusqu’à ce qu’elle arrive à terme », a-t-il précisé.

Parmi les trente-trois déportés, deux n’ont pas été libérés. Il s’agit de l’adjudant-chef Thierno Aliou, douanier de profession, et de Moudjitaba Bah, enseignant. Eux ont été déférés et mis sous mandat de dépôt le 10 octobre. Eux aussi se trouveraient dans un état critique, apprend-on.

Interrogé sur cette affaire, le chargé de communication du département de la Justice, dit n’être personnellement pas informé, mais estime toutefois qu’il est nécessaire de faire une enquête là-dessus. « J’avoue que je ne suis pas personnellement informé. J’apprends comme tout le monde que des gens ont été arrêtés et envoyés dans un camp puis libérés Â», a expliqué Ibrahima Béavogui. A la question de savoir si le ministère de la Justice allait diligenter une enquête, pour situer les responsabilités autour de cette affaire de « grave violation de droits de l’homme Â», monsieur Béavogui répond avec insistance qu’« il faut absolument une enquête. Le parquet doit diligenter une enquête pour qu’on sache de quoi il s’agit, mais il faudrait qu’il y ait une dénonciation ou une plainte. Â»

Les autorités au haut niveau devraient se prononcer sur cette affaire qui a choqué l’opinion. Car le silence ne ferait que conforter la thèse de ceux qui pensent que de tels agissements ne pourraient être mis sur le compte d’actes isolés ou de bavures. Et qu’il pourrait bien y avoir eu des commanditaires de ces actes. Chose que la justice doit pouvoir élucider.


Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+2 #6 kourouma karamoko 18-10-2013 10:55

Alpha Con = Sékou Touré: incompétence, dictature, regression, abrutissement, delation,mediocrité, barbarie, injustice, intolérence, obscurentisme, mensonges,......Rien ne doit nous étonne!
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+3 #5 mohamed soumah 17-10-2013 10:24

les responsables, de ce crime ne peuvent etre que Alpha Conde et Madifing Diane l'acien tortionnaire du Camp Boiro!!!!! cest pour cette sale besogne que Alpha l'a recruté mais qu'ils sachent que ces methodes ne passent plus car le temps de la revolution est anachronique donc n'est plus conforme à la realité. ils seront poursuivi et juger pour leurs actes ignobles
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+4 #4 Gandhi 16-10-2013 19:07

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
Messieurs les journalistes si vous voulez vraiment lutter contre l’impunité il faut interroger les jeunes et publier les noms des exécutants.

Excellente idée.
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+2 #3 A.O.T. Diallo 16-10-2013 15:42

Messieurs les journalistes si vous voulez vraiment lutter contre l’impunité il faut interroger les jeunes et publier les noms des exécutants.
Il faut cesser les généralités complices - c'est l'unique manière de renverser la terreur vers eux...
Et vous pourrez toujours vous défendre en disant que l'information vient des pauvres victimes qui ont vécu les faits.
L’impunité n'est jamais vague : elle a toujours des commanditaires et des exécutants guineens alors on veut des noms.
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+5 #2 Mamadou 16-10-2013 10:30

Le porte parole de la justice ne connait pas son travail comme son patron Christian et le patron a ce dernier Alpha Kone.
Meme sans plainte ou denonciation, la justice peut se saisir du cas à partir du moment qu'un ministre de la republique est informe du cas (les droits de l'homme) et il a intervenu pour leur liberation.
Etant donne que c'est sont des citoyens guineens qui ont ete arretes et deportes dans un camp militaire, vous n'avez plus forcement besoin d'une plainte de qui que ce soit, vous devez vous saisir de l'affaire et enganger une procedure.
Ailleurs, la justice intervient sur la base d'un simple article de presse alors s'il vous plait epargner nous votre hypocrisie.
Quand a Alfa, il n'a qu'a continuer, il trouveras Allah sur son chemin et la il saura qu'il n'a aucune force.
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+5 #1 celloumbah 15-10-2013 23:00

Il faut s’atterre a tout AC avait promit de prendre la guinée ou ST l'avait laisser, la question ne se pose pas qui est l'auteur de ces actes barbares; il ya trois personnes AC et ses deux ministres de( l’intérieur et la sécurité).
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