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La capitale bascule dans l’opposition : un camouflet pour Alpha

Thierno Hassana Bah  Jeudi, 10 Octobre 2013 20:27

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palais_du_peuple_Conakry_2_01Les Guinéens se sont rendus aux urnes le 28 septembre dernier pour désigner leurs représentants à l’hémicycle du Palais du peuple. Attendues depuis plus de deux ans, ces élections se sont tenues après plusieurs reports, puisque l’opposition soupçonnait le pouvoir de vouloir organiser des élections gagnées à l’avance. Il a fallu l’implication de la communauté internationale pour que ces élections puissent se tenir.

Mais depuis la tenue du scrutin le 28 septembre, la CENI peine à publier les résultats provisoires de façon complète. Pour se donner plus de temps, les membres de cette commission n’hésitent pas à dire que le délai de 72 heures que lui confère le code électoral n’entre en compte qu’à partir de la réception du dernier PV de centralisation. Alors que ce discours n’avait pas été tenu lors de la présidentielle de 2010. Le retard dans la publication des résultats provisoires serait dû, selon certains militants de l’opposition, au fait que la CENI « veut procéder à la falsification » des procès-verbaux des bureaux de vote, à « l’annulation » d’autres pour ainsi « donner » la majorité au parti au pouvoir. Selon les résultats que la CENI a livrés aux Guinéens, l’opposition se taille la part du lion sur la liste uninominale à Conakry. Sur cinq communes que compte Conakry, l’opposition républicaine (la coalition UFDG-UFR) en remporte d’ores et déjà trois, dont Kaloum, le centre administratif et lieu abritant le palais présidentiel occupé par Alpha Condé. Les deux communes dont on attend toujours les résultats sont les plus grandes : Ratoma et Matoto. Ratoma étant le fief principal du chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, sauf miracle, c’est ce dernier qui y sera vainqueur. Alors qu’à Matoto, là aussi tout porte à croire que la mouvance présidentielle a perdu. Car, selon certains confrères, le 7 octobre, Malick Sankhon, directeur général de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS), serait venu dans la salle de centralisation pour exiger le décompte des voix, car les résultats prêts ne seraient pas en faveur du pouvoir. Mais même si Alpha gagnait Matoto, ce qui n’est pas sûr, ce serait la seule commune sur les 5. Ce qui est considéré par bon nombre d’observateurs comme une sanction du peuple contre le pouvoir. Et ce, malgré « les multiples achats de conscience ». Partout en Basse Côte, à Kaloum surtout, le pouvoir aurait donné des sommes sonnantes et trébuchantes pour remporter la victoire.

Mais c’était mal comprendre le Guinéen. Beaucoup ont compris qu’il ne faut pas hypothéquer son avenir ou celui de ses enfants à cause de quelque chose qui ne les amènera nulle part.

A Kaloum, beaucoup de citoyens avaient rapporté avoir reçu de l’argent pour voter RPG Arc-en-ciel, mais qu’ils « boufferaient » ce fric issu du contribuable guinéen et feraient un vote contraire. Cette défaite cuisante du pouvoir sur la liste uninominale à Conakry est une preuve que les citoyens sont mécontents contre Alpha et son gouvernement qui n’arrivent pas à répondre à leurs aspirations. Car la misère va crescendo depuis l’arrivée au pouvoir du RPG. Alors, si Alpha Condé s’est félicité d’avoir gagné quatre communes sur cinq en 2010, il doit comprendre que la donne a changé. La vapeur s’est renversée.


Bah Thierno Hassana
l’Indépendant, partenaire de GuineeActu

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