Samory Keita Jeudi, 03 Octobre 2013 01:16
Les premiers résultats provisoires des élections législatives du 28 septembre en Guinée, sont tombés. La CENI a publié dans la soirée du 1er octobre, au Palais du peuple, les résultats à la proportionnelle de quelques pays, où des Guinéens se sont acquittés de leur devoir civique. Mais dans cette opération, il y a une ligne rouge que la CENI ne doit pas franchir.
Après le scrutin du 28 septembre qui s’est déroulé dans le calme et la sérénité, qui a connu une participation massive des citoyens, tous les yeux sont désormais braqués sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui doit publier les résultats.
En attendant, la tension monte entre les acteurs politiques guinéens impliqués dans ce processus électoral. D’ores et déjà, dans les états-majors des partis politiques, notamment de la mouvance et de l’opposition, on clame victoire. La mouvance présidentielle, tout comme l’opposition, réclame la victoire dans les cinq communes de Conakry. L’opposition soupçonne le camp adverse de fraude électorale et menace contre toute tentative de falsifier les résultats. La mouvance, elle, parle d’allégations et demande à l’opposition de fournir les preuves de ses accusations.
Au niveau des populations, c’est la psychose totale et l’impatience commence déjà à gagner le terrain. Au lendemain du scrutin, des partisans du pouvoir et de l’opposition ont pris d’assaut les rues de Kaloum, pour crier chacun à la victoire. Il a fallu l’intervention de la Force spéciale de la sécurité des élections (Fossel) pour calmer les ardeurs.
Et depuis quelques jours, les activités sont paralysées dans la capitale guinéenne. Les populations, méfiantes, restent actuellement à la maison à l’attente de la proclamation des résultats. Nombreux sont les citoyens qui ont fait des provisions. La plupart craignant des violences postélectorales.
La CENI qui avait promis de publier les premiers résultats provisoires dès le lendemain du scrutin, traîne encore les pas. Outre ses déclarations de bonne intention, quatre jours après le scrutin, elle a du mal à respecter ses engagements. Pour se défendre face aux critiques, l’institution dit que le décompte ne commence qu’après réception du dernier procès-verbal (PV). Le vice-président de la CENI, El Hadj Ibrahima Kalil Keita, l’a affirmé lors d’un point de presse, le 30 septembre avant d’indiquer que jusqu’à ce jour, la CENI n’a reçu aucun PV.
Les quelques résultats publiés, le 1er octobre, au Palais du peuple, par l’institution, sont issus des circonscriptions électorales des 18 ambassades retenues pour le vote des Guinéens de l’étranger. Le Mali, la France et la Belgique sont les premiers pays dont la CENI a publié les résultats. Le RPG Arc-en-ciel, parti au pouvoir est arrivé en tête au Mali mais devancé par l’UFDG en France et Belgique.
Quant aux résultats nationaux, rien ne filtre de la part de la CENI qui clame sur tous les toits être la seule habilitée à publier les résultats. Ce retard qu’accuse la CENI, fait monter le suspense chez les citoyens qui commencent déjà à s’impatienter. Comme pour dire qu’il y a une ligne rouge à ne pas franchir.
Lors de sa dernière réunion, tenue le 30 septembre, au QG de l’UFDG, l’opposition n’a pas manqué de griefs à l’encontre du pouvoir en dénonçant des manœuvres dilatoires relatives au tripatouillage des résultats. Elle mettra en garde contre velléité visant à truquer les résultats du scrutin.
Bon nombre d’observateurs avertis pensent que, la CENI a surtout à gagner en publiant les résultats selon les délais requis et tels que sortis des urnes. Afin d’éviter que le pays ne sombre de nouveau dans des violences inouïes. Comme celles que nous avons connu au lendemain de la présidentielle de 2010.
Samory Keita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu