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Tentative de déstabilisation de la Guinée : « c’est pour nous intimider » dit Cellou Dalein Diallo

Heinan Goba  Vendredi, 27 Septembre 2013 16:01

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DIALLO_Cellou_Dalein_26_01Le président de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) et chef de file de l’opposition guinéenne a réagi, le jeudi 26 septembre sur les antennes de la RFI, à la nouvelle de la tentative de déstabilisation du régime d’Alpha Condé donnée par Le Canard Enchainé, un journal satirique français. Pour Cellou Dalein Diallo, ce n’est rien d’autre qu’une tentative d’intimidation des militants de l’opposition pour contrecarrer d’éventuelles manifestations en cas de fraudes. Mais s’il y a fraude, ils se feront entendre comme d’habitude.

« Nous savons que le pouvoir est en train de préparer une fraude massive. Nous savons aussi que c’est pour nous intimider qu’il parle de tentative de déstabilisation à travers des manifestations de rue. Mais s’il y a fraude, nous manifesterons notre mécontentement conformément à la loi », a prévenu l’opposant dont le parti est apparemment visé par les accusations de certaines autorités du pays.

Avant de préciser que le parti dont il est président est un parti républicain et n’a pas besoin de passer par une méthode anticonstitutionnelle pour arriver au pouvoir. « Nous ne sommes ni de loin ni de près concernés par cette affaire », a conclu le leader de l’UFDG.

Dans la même logique, un des vice-présidents de l’UFDG, le docteur Fodé Oussou Fofana, a dit, en répondant aux questions d’un journal de la même radio française, que « l’histoire retiendra que les législatives de 2013 sont les élections guinéennes les plus bâclées » ; après avoir affirmé à propos des manifestations que « les gens n’attendrons même pas notre appel à manifester pour sortir dans la rue lorsqu’ils sauront qu’il y a eu fraude » et estimé qu’il n’y a pas plus injuste que de priver un citoyen de son droit de vote.

Au cours d’une conférence de presse, jeudi 26 septembre à Conakry, le président du Bloc Libéral (BL), le docteur Faya Millimouno a qualifié cette nouvelle de tentative de coup d’Etat de mensonge grossier monté par le pouvoir en place dans le but de détourner l’attention des Guinéens de l’essentiel. Avant d’annoncer la décision de son parti d’exiger des éclaircissements des auteurs de l’information. Car quoi que cela soit fait dans le but de détourner les Guinéens de l’essentiel, ce genre d’affirmation risque de créer dans le pays des situations aux conséquences fâcheuses.

Face à ces différentes réactions, le ministre porte-parole du gouvernement s’est dit très déçu. « Je suis au regret d’entendre des leaders politiques affirmer que la nouvelle de la tentative de déstabilisation du pays est un montage du président Alpha Condé », a-t-il dit. Pour Albert Damatang Camara, cette tentative de déstabilisation qui constitue une réelle menace pour la paix dans le pays devrait être prise au sérieux par les hommes politiques de tout bord, à l’image du gouvernement. Précisant que ces informations ne sont pas une nouvelle pour le gouvernement mais qu’elles avaient été tenues secrètes pour éviter d’alimenter la psychose.

A souligner que Le Canard Enchaîné, dans sa livraison du 25 septembre 2013, a fait état de l’imminence d’un coup d’Etat à Conakry en se basant sur un document des services secrets français qui évoque « de sérieux risques d'opérations en cours, tendant à déstabiliser l'État guinéen ». Et un « mode opératoire » consistant, lors de grandes manifestations, à « inciter la police et les forces armées à recourir à la force et ainsi créer des martyrs ». Tout comme sur un texte des services secrets américains, intitulé « Note sur les questions de sécurité en Guinée » et daté du 13 septembre qui évoque le « financement de partis d'opposition » et le « recrutement de milices peules », ethnie supposée hostile au président Alpha Condé.

                              
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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