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Secret d’Etat : par où sont donc passés Pivi et Tiègboro ?

Thierno Fodé Sow  Samedi, 21 Septembre 2013 01:23

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CAMARA_Moussa_Tiegboro_PIVI_Claude_01Claude Pivi, alias Coplan, et Moussa Tiègboro Camara ne finissent manifestement plus leurs missions commandées, nous dit-on, par l’Etat, depuis les événements de juillet 2013 qui ont vu, on se le rappelle, des populations locales malinkés (Koniakas) et guerzés (autochtones de la région) se crêper les chignons. Les conséquences, on les connait dans cette poudrière latente, ténébreuse et négligée : l’extrême sud de la Guinée.

Les deux officiers, devenus au gré des circonstances tristement célèbres et naguère très influents sous le magister d’un certain Moussa Dadis Camara, sont en phase d’être éteints aujourd’hui, visés qu’ils sont par la CPI pour leur rôle joué lors des massacres du Stade du 28 septembre. L’éloignement de la capitale de ces autres anciens du CNDD suscite beaucoup de questions au sein de l’opinion.

Pour certains, garder très éloignés ces loups de la bergerie n’est qu’une façon pour le haut commandement militaire de s’assurer une certaine sérénité dans sa politique de réforme des forces armées guinéennes. D’autant que Pivi et Tiègboro ont encore leurs hommes à eux au sein de « la grande muette ». Pour d’autres, avec l’avènement de la démocratie somme toute balbutiante, il y a bien lieu de chercher à livrer ce Toma et ce Koniaka à la CPI. Mais encore faudrait-il que Conakry trouve la bonne astuce pour ne pas provoquer une levée de boucliers, à l’heure même où tous les regards sont rivés sur Waymark, les législatives, Kaléta, etc., des sujets qui, comme d’autres, mettent en veilleuse, il est vrai, les véritables problèmes de développement. Aujourd’hui, Moussa Tiègboro Camara et Claude Pivi semblent vivre sur une autre planète – pas celle du ministre Césaire de la Communication. Comme pour élargir la liste des anciens du CNDD : B52, Nouhou Thiam et les autres. Le mobile ? Allez le chercher.

Moussa Tiègboro Camara a bien malmené le crime organisé à Conakry et environs. Il a poussé de nombreuses prostituées à battre en retraite ou à changer de lieux de prédilection. Il a traqué bien des étrangers qui ont fait fortune dans la drogue. Mais aussi, il joua un drôle de rôle le jour des massacres du stade. Claude Pivi, lui, a osé, dans son accoutrement singulier, défier le vieux général président, dégrader des officiers supérieurs, contraindre le régime défunt  à libérer des militaires détenus et à accorder à la troupe des avantages que celle-ci revendiquaient. Avec ou sans la bénédiction du président mourant. A cela, il faut ajouter le rôle joué par ce Pivi-là dans la correction surdimensionnée des policiers qui voulaient réclamer de meilleures conditions de vie et de travail comme leurs frères du camp Alpha Yaya Diallo. Les policiers de la Routière se sont vus tout simplement interdits des carrefours. Tout ceci est une autre histoire.

Avec un peu de recul aujourd’hui et un peu de calcul politicien – comme cela est de coutume désormais chez nous –, certaines mauvaises langues parlent du retour amer à l’envoyeur. Question : pour qui sonne donc le glas ? La réponse risque d’être troublante, désespérante. En attendant, bon séjour à N’Zérékoré, tout comme d’ailleurs à Ouagadougou pour l’un des résidents de Ouaga 2000, et dans bien d’autres lieux encore, mais dans des endroits tenus secrets. Les semaines et mois à venir promettent d’être palpitants.


Thierno Fodé Sow

pour GuineeActu


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