Abdourahamane Fadiga Vendredi, 13 Septembre 2013 15:28
Suite aux nouvelles menaces de manifestation de rue de la part d’une fraction de la classe politique guinéenne, se réclamant de l’opposition constructive, à cause de la non-prise en compte au moment opportun d’une partie de leurs revendications liées à la transparence du fichier électorale devant servir aux législatives libres et transparentes. Et quelques dysfonctionnements constatés au niveau de l’institution chargée d’organiser ces élections, mais également le manque de bonne foi de la part de certains cadres au sein de cette institution (C.E.N.I.) pour mieux éclairer l’opinion nationale et internationale sur les démarches effectuées en vue d’une élection crédible. La plus grande partie des observateurs de la scène politique guinéenne se pose cette question relative à une nouvelle crise politique sociale. Sachant bien qu’il y a un comité mixte de suivi des accords du 3 juillet ayant abouti à un consensus global d’organisation des élections transparentes et inclusives. Il revient donc à la classe politique, dans une logique patriotique, de consulter régulièrement ce comité pour le niveau d’avancement de la mise en application de ces accords, ou de s’intéresser directement à leurs représentants au sein de la C.E.N.I. pour vérifier une éventuelle interférence du gouvernement au sujet de laquelle, elle émet des soupçons. Cependant, mettant de côté cette démarche logique, noble et salvatrice, l’opposition multiplie les menaces d’une nouvelle manifestation de rue qui n’a jamais été la meilleure option pour une sortie honorable de cette crise qui a tant perduré.
En effet, dans cette situation actuelle guinéenne, caractérisée par un climat politique tendu, une situation socio-économique dégradante, une dominance de l’ethno stratégie dans la vie quotidienne, les manifestions de rues peuvent-elles être la meilleure voie de recours pour la sauvegarde des acquis de la jeune démocratie guinéenne ? Les manifestations de rue ont-elles été les meilleures issues pour un dénouement heureux des crises guinéennes ?
C’est ainsi l’un des plus bels exemples que les dirigeants actuels doivent mettre en évidence, c’est celui de protéger cette nation de toutes divisons sociales. La Guinée est devant son histoire, chaque citoyen doit être animé d’une ambition nouvelle afin de construire une Guinée nouvelle, unie et prospère.
En analysant la situation guinéenne actuellement, la C.E.N.I. (Commission électorale nationale indépendante) doit jouer sa partition majeure et primordiale, basée sur un travail collégial, indifférent afin de relever ce défi qui donnera une crédibilité nationale à son institution. L’impartialité doit être un cheval de batail pour cette commission électorale nationale. La Guinée -notre pays- est plongée dans une épidémie nationale, (transition démocratique depuis 2008) notre seule envie doit se focaliser, actuellement, sur comment trouver un remède efficace pour libérer cette nation épouvantablement fatiguée par les querelles politiques.
Cependant, est-il possible d’affirmer que la Guinée est en manque de ressources humaines, capables de mettre en place leurs expériences pour résoudre les problèmes guinéens ? Pourtant, la situation est claire et loin de cette affirmation, car elle regorge d’énormes potentialités humaines en la matière pour sauver et gérer les situations plus critiques comme celles de la Guinée.
En sus, ces derniers temps notre pays passe des moments les plus sombres et critiques de son histoire ; certes la Guinée a connu de moments de troubles sociaux, de contestations politiques mais tous ses mouvements n’ont jamais connu un manque de bonne vision comme nous l’observons à cet instant.
Certes, les périodes diffèrent, les opinons ne sont pas les mêmes, ainsi on se réclame de classe politique différente, mais nous devons mettre à l’évidence que le seul qui doit primer demeure l’intérêt général de notre pays la « Guinée »
Nous observons depuis des années une phase transitoire qui ne fait que trop durer, la population se sent aujourd’hui fatiguée, les bailleurs de fonds mêmes qui viennent en aide pour le pays de Samoury Touré, d’Alpha Yaya, Dyna Salifou et tant d’autres, se sentent fatigués et anéantis par les dirigeants politiques guinéens.
Aujourd’hui, la seule question que l’on se pose à travers ces multiples revendications et manifestations, demeure le bien-fondé de cette contradiction idéologique de la classe politique, qui ne cesse d’enfoncer du jour au jour les pauvres citoyens dans une misère totale. Est-ce une bonne manière de sauvegarder des acquis démocratiques au détriment du bien-être des populations ? Ou tout simplement une lutte pour défendre les intérêts égoïstes, personnels ou individuels des dirigeants de la classe politique guinéenne ? A mon humble avis, le combat pour tout Guinéen, qu’il soit simple citoyen, de l’opposition ou de la mouvance présidentielle doit se focaliser sur la culture de la paix, la cohésion sociale et la promotion de l’intérêt supérieur de cette nation guinéenne. Surtout être un bon leader politique que ce soit de la mouvance présidentielle ou de l’opposition. A cet effet, étant un Guinéen qui réfléchit bien et veut un changement tant souhaité pour cette nation, pour ses filles et fils, nous devons mettre en évidence des discours responsables vis-à-vis de cette population. Il est temps de faire une prise de conscience générale afin de renoncer à tous ces discours populistes pendant cette période sombre de l’histoire de notre chère nation.
En outre, le contexte guinéen est très différent et remarquable, ainsi les leaders politiques sont mieux placés pour redorer l’image d’une Guinée unie et prospère. Il est temps d’être un combattant, un héros national tout en sacrifiant l’une des plus belles choses que Dieu vous a léguées, la sagesse en politique pour sauvegarder les acquis démocratiques qui sont un champ de bataille comme vous les réclamez.
Nous venons de suivre une illustration parfaite de la part d’un pays voisin, le Mali. Après 18 mois de guerre au nord, marqué par un coup d’État, pris en otage par les islamistes venus de tous bords, et après une intervention internationale, ce pays vient d’organiser les élections présidentielles. De prime abord, il y avait des doutes sur le scrutin mais il était tout à fait remarquable que certains arrivent à consentir des efforts louables afin que leur pays dépasse cet obstacle. Pourquoi pas ce bel exemple en Guinée ?
Je suis écœuré d’entendre aujourd’hui que les politiques guinéens sous-estiment leur place comme étant les premiers pionniers qui peuvent redonner de la joie et contribuer aux développements socio-économiques de notre pays. Au lieu de semer les doutes sur le scrutin ou appeler à des manifestations politiques qui se solderont toujours par des violences et des pertes en vies humaines, il est d’une notoriété très sage de la part de nos dirigeants de trouver une voie politique pour tous les problèmes afin d’assoir une maturité politique en Guinée.
Pour éviter une honte nationale à notre chère patrie, les Guinéens doivent œuvrer ensemble pour sortir la Guinée de cette ornière ; car une portée sociale est une valeur que nous devons tous saluer et sauvegarder. Nous ne pouvons jamais l’obtenir sans passer par une cohésion sociale. Le peuple guinéen doit se focaliser sur ses valeurs afin de résoudre tous ses problèmes qui ne font que fragiliser le tissu social.
Pourquoi être un leader politique ? Pourquoi incarner le destin d’un pays sans penser à ses peines ? Pourquoi appeler à vivre dans la terreur tout en sachant que les grands chantiers de développement d’une nation ne sont même pas touchés ? Voici, en quelque sorte, des questions à méditer pour nos dirigeants actuels.
Ils doivent se battre pour construire une nation forte dans l’égalité parfaite, sans aucune distinction de races, ni d’ethnies, ni de religions, tout en visant les compétences, car nous sommes dans un monde où seuls les mérites peuvent être privilégiés afin de contribuer d’une manière efficace et efficiente à la construction d’un pays émergent, respectueux sur le plan économique, social mais aussi politique.
Nous interpellons nos leaders politiques de bien vouloir tenir des discours basés sur leur programme de société mais aussi d’éduquer, surtout sensibiliser leurs militants pour ne pas autant fragiliser le tissu social guinéen. Nous avons besoin de leur sens de réflexion enfin de montrer leur compétence dans le rayonnement d’une Guinée démocratique.
Quelles sont les portes de sortie pour cette crise politico-sociale ?
La Commission électorale nationale indépendante a une lourde tâche historique, afin d’assainir le fichier électoral qui est devenu un gage pour aller à des élections libres et transparentes en Guinée. Cette crédibilité mettra fin à toutes les tensions entre les parties prenantes de la vie socio-politique guinéenne. Egalement elle doit jouer son rôle comme étant un juge dans l’impartialité totale entre les deux camps politiques (la mouvance présidentielle et l’opposition nommée constructive).
Il est aussi à signaler que l’opposition doit modérer son langage en vue de pérenniser ces acquis démocratiques, car les Guinéens ne veulent pas un dirigeant qui souhaite mettre en péril l’unité nationale. Notamment, il est inadmissible que le parti au pouvoir continue à se baigner dans la mauvaise gouvernance économique mais aussi d’accepter la lourdise de l’administration actuelle, car un pays ne peut se développer sans mettre fin à cette obscurantisme, amateurisme dans la fonction publique.
En cette phase de mutation politique, il est tout à fait remarqué que nous connaissions de mouvements de contestation, des tensions politiques entre les dirigeants mais aussi entre les différentes couches sociales qui sont en court d’expérience en matière démocratique. Mais tous ces troubles sociaux ne doivent pas ternir l’image de cette nation, qui était parmi les premiers pays qui ont connu leur indépendance avec une grande fierté afin de montrer aux autres nations africaines que notre ambition reste la liberté. Cette liberté ne doit pas être compromise, elle doit être l’apanage de tous. Il est temps que le parti au pouvoir se donne le premier rôle, comme étant le garant de la liberté pour tous, de jouer le rôle moteur dans la prise de décision concernant les grandes instances, lié à la gestion de l’Etat. Également il doit (parti au pouvoir) s’assurer que chaque citoyen jouisse de ses pleins droits, tout en oubliant les querelles post-électorales. Cette idée ne peut être défrichée sans la volonté commune de nos dirigeants actuels. Certes l’opposition n’est pas aux affaires pour diriger l’Etat actuellement, mais elle doit être animée d’une vision lointaine constructive, elle ne doit pas aussi travailler pour l’enchevêtrement des développements sociaux de cette nation. Chaque politique est jugé sur ses rendements et aussi son passé.
Imbriquer le contour démocratique d’un pays, est synonyme de l’aggravation de son sous-développement comme nous remarquons, essentiellement, dans notre cité guinéenne. Il est temps de consentir des efforts louables en matière politique pour unir le peuple guinéen et solidifier la cohésion sociale. Ceci est une nécessité impérieuse pour nos leaders politiques car le peuple a besoin de leur sens des responsabilités. J’ai une ultime conviction, qu’aucun épanouissement ne peut être envisageable dans un pays sans garantir la paix sociale qui est un gage essentiel pour bannir tous ces fléaux qui gangrènent notre société guinéenne en particulier, et la société africaine en général.
A suivre…
Fadiga Abdourahamane
Doctorant à la faculté des lettres et sciences humaines
Fès, Maroc