Mamady Kéita Mardi, 10 Septembre 2013 20:58
L’opposition pourrait se retirer du processus électoral, si jamais l’équivoque n’était pas levée autour du fichier électoral. C’est du moins ce qui se disait au sein du collectif des partis politiques, au moment où nous allions sous presse ce lundi.
Le retour brusque de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition à Conakry, après deux semaines de tournée en Moyenne Guinée, sa région d’origine, ainsi que celui de Sidya Touré, leader de l’Union des forces républicaines (UFR), qui s’était rendu également dans certaines préfectures intérieures, est un signe du malaise qui règne au sein de la classe politique, à deux semaines du scrutin législatif. En effet, ces leaders ont rejoint leurs pairs restés dans la capitale, en vue de prendre le taureau par les cornes. Ils accusent en fait la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de préparer une mascarade électorale. En favorisant le RPG-Arc-en-ciel, par le recours à des électeurs fictifs. Alors que cette même CENI aurait usé de son génie pour réduire les électeurs de l’opposition dans ses différents fiefs. Ces accusations qui, si elles étaient étayées par des preuves, pourraient remettre en cause le processus électoral. Car l’opposition pourrait simplement rester au milieu du gué. Quitte pour la mouvance présidentielle d’aller seule aux élections. Avec éventuellement quelques partis satellites comme le BOC ou le parti AFIA de Dr Saliou Bella Diallo, qui viendront servir de faire valoir à ce « simulacre » d’élection.
Il faut souligner que les opposants, tout en étant favorables à une participation à ce scrutin, disent avoir constaté des couacs dans le découpage électoral. Avec la présence de bureaux fictifs dans certaines circonscriptions électorales. La CENI aurait selon eux dressé des listes fictives, afin de favoriser le pouvoir, dans des localités, pourtant traditionnellement acquises à l’opposition. Tout ça à leurs yeux exprime la volonté manifeste de la mouvance de se servir de la CENI comme d’un instrument pour « frauder » les élections.
Pourtant au niveau de cette institution, on semble afficher une certaine sérénité quant à la bonne organisation des élections à venir. Ainsi Bakary Fofana, que rien ne semble émouvoir, a organisé la semaine dernière un atelier à Kindia, pour le renforcement des capacités opérationnelles des démembrements de sa structure. Atelier au cours duquel la cartographie du scrutin fut rendue publique. C’est ainsi que l’on se retrouve avec 11’998 bureaux de vote pour 5 millions 94 mille 664 électeurs.
Ce lundi, l’opposition devra situer l’opinion sur ce qu’elle entend faire, par rapport à ce vote qui avance à grands pas. Cellou Dalein Diallo et ses pairs sont devant un dilemme cornélien : aller pour se faire battre à plate couture, avec un fichier impropre, ou se retirer d’un processus, que pourtant rien ne semble plus arrêter, à l’allure où vont les choses. A eux de se décider…
Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu