Mamady Kéita Samedi, 07 Septembre 2013 11:56
Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Cellou Dalein Diallo poursuit sa tournée en Moyenne Guinée, tout en restant sur ses gardes, pour ce qui est des préparatifs du scrutin législatif. Vu les couacs enregistrés dans la conception du fichier électoral, et qui pourraient se répercuter négativement sur le déroulement du vote. L’opposition n’exclut pas de reprendre les actions de désobéissance civiles, si rien n’est fait pour rectifier le tir.
Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, poursuit sa tournée dans la région du Foutah Djallon, ce depuis près d’une dizaine de jours. Au gré de ses meetings, Dalein ne rate pas l’occasion de tancer le pouvoir en place. Se disant déterminé à empêcher toute fraude lors des élections législatives du 24 septembre. Le chef de l’opposition ne voudrait sans doute pas être le dindon de la farce comme en 2010, lors de la présidentielle. C’est en tout cas la nouvelle posture qu’il affiche dorénavant. Celle d’un homme déterminé, pugnace et prêt à en découdre avec le parti au pouvoir. Pour les élections législatives, l’opposant invite ses militants à se mobiliser pour ne pas laisser la moindre place à une possibilité de manipulation des résultats. Dalein va jusqu’à se projeter vers la présidentielle de 2015, qu’il compte emporter, haut la main. Avec ses discours pugnaces, on a du mal à reconnaître le leader de l’UFDG, jadis réputé pour son flegme.
Mais en attendant la présidentielle de 2015, encore faudrait-il bien négocier la tenue des législatives, pour ne pas tomber dans le piège de la CENI qui, il faut le dire, est soupçonnée de rouler pour le pouvoir. Avec pour « mission de faire gagner » le parti au pouvoir, par tous les moyens. C’est du moins ce qu’affirment les détracteurs de Bakary Fofana et son équipe. Au-delà de la « mauvaise foi » qu’on prête à cette institution chargée d’organiser les élections, il y a le manque de compétence notoire dont fait montre le couple Waymark Sabari. En effet, cet opérateur est toujours à la peine pour ce qui est du dédoublonnage des listes électorales. Une tâche qui devrait être achevée depuis maintenant une semaine. On se souvient que le comité de suivi de l’accord du 3 juillet a lors de sa dixième réunion qui s’est déroulée le lundi 26 août 2013, à la maison commune des Nations Unies, « pris bonne note des promesses de la CENI, portant sur la remise au plus tard le mardi 27 août des données désagrégées sur le fichier électoral, des procédures d’arbitrage et de monitoring, la liste des kits utilisés ainsi que la liste provisoire de découpage et de ventilation des bureaux de vote par secteur et par circonscription ».
A ce jour malheureusement, rien de tout cela n’aurait été fait. Et du côté de la CENI, c’est le silence radio. Il n’y a pas d’interlocuteur pour livrer des informations sur l’évolution du processus électoral. Car les commissaires ont été ventilés à travers les 18 chancelleries devant abriter les bureaux de vote des Guinéens de l’étranger. Scrutin qui devra avoir lieu de façon anticipée le 22 septembre. Ces missions leur permettront de se remplir les poches. Vu que c’est la seule chose qui semble motiver ces cadres, réputés pour leur « indélicatesse », qui encore une fois risque de remettre le processus électoral en cause. A entendre l’opposition, on se demande si le scrutin pourra se tenir le 24 septembre, avec tous les désagréments signalés sur le fichier électoral. Cellou Dalein Diallo et ses pairs après avoir paraphé l’accord du 3 juillet dernier, ne se doutaient sans doute pas qu’ils marchaient sur des charbons ardents. Et la manière dont les choses se dessinent, l’opposition risque de trinquer. Pendant que la mouvance ne fera que triompher.
Mamady Kéita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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