Campagne électorale : les deux poids deux mesures révoltants de l’administration territoriale

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TOURE_Sidya_8_01Le lundi dernier, le parti au pouvoir a occupé un grand tronçon du plus grand boulevard de Kaloum, l’unique centre administratif de la capitale, pour organiser un meeting électoral. Illustration parfaite de la nature dictatoriale de ce parti, ses responsables n’ont même pas pensé aux conséquences de leurs actes sur les usagers de la route. L’endroit choisi étant à la sortie pour certain et à la rentrée pour d’autres. Jusque tard la nuit, certains travailleurs ne s’étaient pas encore frayé un chemin.

Pendant ce temps, à Boffa, située à près de 83 kilomètres au nord-ouest de Conakry, le préfet décide d’interdire chez lui, toute manifestation politique, les jours ouvrables. Foulant ainsi au pied le décret présidentiel autorisant la campagne électorale pour le compte des législatives du 24 septembre. Ignorant de manière flagrante, l’appel de son ministre à observer une neutralité sans faille, surtout en cette période de campagne électorale.

En tournée dans cette localité dont il est originaire, Sidya Touré, président de l’UFR (Union des forces républicaines) a cependant carrément ignoré cette interdiction, du reste illégale, en organisant un grand rassemblement au cÅ“ur de la ville. Très remonté contre cet administrateur territorial, l’opposant a dit qu’il est Â« dépassé comme le parti de son mentor, le président Alpha Condé, et archaïque comme lui Â».

Quoique le leader de l’UFR lui ait montré qu’il était dans l’illégalité en n’obéissant pas à ses ordres, ce préfet devrait au moins recevoir un avertissement de la part de son ministre si celui-ci ne cautionnait pas officieusement ce genre de comportement. Il est donc temps que l’ensemble des administrateurs territoriaux soient rappelés à l’ordre. Pour éviter, sans doute, que ce qu’a fait le préfet de Boffa ait un effet de contagion ailleurs.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+3 #1 Dre 06-09-2013 00:47

En Guinée, il y a ce qu'on dit officiellement et ce qui se dit officieusement. Dans le premier cas, c'est un effet d'annonce pour tromper le peuple et l'opinion internationale sur la bonne foi du gouvernement dans le respect de la compétition et du jeu démocratique. Dans le deuxième cas, ça se passe en sourdine. On intime alors aux administrateurs territoriaux de mettre les bâtons dans les roues de l'opposition pour la gêner le plus possible. Il y va de leurs maintien à leurs postes . Le non respect de ces consignes officieux peut vous coûter facilement votre place. Ce qui explique que ceux ci aussi foulent très souvent au pied ce qui a été annoncé officiellement. Comme quoi au pays de Django Conde ce qui se dit en coulisse à plus de valeur que ce qui est annoncé officiellement.
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