Mams Sow Lundi, 02 Septembre 2013 20:50
En recevant les magistrats à Sékhoutoureya le vendredi dernier, Alpha Condé pensait désamorcer la crise qui couve entre l’exécutif et le judiciaire avec une communication apaisée. Il n’en est rien. Les magistrats persistent : « si on ne voit rien de concret concernant nos revendications, les élections se tiendront sans nous ».
Dans des propos emprunts de bonne foi, Alpha Condé avait reconnu lors de sa rencontre avec les hommes en robe que leur situation est difficile. Poursuivant, il s’est montré disponible à signer le décret d’application de leur statut particulier. Plus encore, il aurait demandé à ces derniers de lui faire des propositions dans ce sens.
Se méfiant toutefois de faire des promesses sur le volet de la revalorisation salariale, le président a eu comme défense que « la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a », comprenez qu’il ne pourra procéder à des augmentations à la hauteur voulue par nos hommes de lois.
A l’issue de la rencontre, les magistrats ont reconnu que le ton de la rencontre bien qu’étant apaisant ne suffisait pas à les ramener tout naïvement dans le processus électoral. Car c’est bien la crainte des autorités ; une élection programmée avec une menace de grève des magistrats, c’est parler de Paris sans la tour Eiffel.
Ce matin, un des magistrats que nous avons rencontrés a réitéré leur menace. Pas d’avancées concrètes, pas de participation des magistrats aux élections et comprenez donc qu’il n’y aura pas d’élections du tout.
Au ministère de la Justice, on s’active à rédiger le projet de décret à soumettre au chef de l’Etat, histoire peut-être de gagner du temps.
Mams Sow
de Conakry pour GuineeActu
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