Mamady Kéita Vendredi, 30 Août 2013 21:14
Les deux officiers supérieurs dépêchés à N’Zérékoré suite aux violences intercommunautaires enregistrées dans cette province à la mi-juillet, auraient du mal à regagner la capitale, n’ayant pas encore reçu l’aval de leurs supérieurs hiérarchiques. Le colonel Claude Pivi, chargé de la sécurité présidentielle, jusqu’à une période récente, et le colonel Moussa Tiégboro Camara, secrétaire général chargé des services spéciaux et de la lutte contre le grand banditisme, dont il s’agit, devront encore prendre leur mal en patience, vu que leur retour pour Conakry ne serait pas pour demain. C’est du moins les informations que nous avons reçues du côté de la Guinée forestière, où sont cantonnés ces deux anciens proches de Dadis Camara. Leur mission, qui consistait à ramener le calme dans la région, ils l’ont réussie, même si le nombre de victimes a explosé avec leur arrivée dans la région.
Des violences qui, en moins d’une semaine auraient fait près de 600 morts, selon des sources bien informées. Alors que le gouvernement n’a reconnu que 95 morts et une centaine de blessés, comme bilan de ces affrontements. Quant au sort de ces deux anciens membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), il faut reconnaître qu’il ne serait pas enviable à N’Zérékoré où ils sont. S’agissant de Jean-Claude Pivi par exemple, l’officier serait devenu comme Job sur un fumier. Ne parvenant même plus à carburer son véhicule. Quant à savoir si la présidence serait indifférente à leur situation, depuis leur arrivée dans le sud de la Guinée, bien des observateurs pensent que oui. Ils vont jusqu’à dire que le fait d’avoir déployé ces deux personnages devenus encombrants pour leur inculpation par la Cour pénale internationale pour les massacres du 28 septembre, qui ont fait 157 morts au stade éponyme, pourrait être un stratagème pour les écarter définitivement de la haute sphère de l’administration militaire. Ceci viserait à répondre ainsi aux attentes des ONG de défense des droits humains comme la FIDH et Human Rights Watch qui ne tarissent pas de critiques à l’encontre du gouvernement, pour avoir promu ces deux colonels à des postes de responsabilité, alors qu’ils sont considérés comme étant parmi ceux qui ont conçu et planifié l’expédition punitive qui a visé l’opposition le 28 septembre.
Mamady Kéita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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