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Législatives du 24 septembre : le pouvoir entre achat de conscience et velléités de fraude

Mamadi Doukouré  Jeudi, 29 Août 2013 09:30

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ARIBOT_Baidy_01Par rapport aux prochaines élections législatives, il y a deux vérités autour desquelles tout le monde s’accorde aujourd’hui. Il y a tout d’abord le fait que la partie présidentielle tient absolument à obtenir la majorité dans la future Assemblée. Légitime, dirait-on. Par contre la seconde vérité qui en découle est moins catholique. Car il s’agit de certaines manœuvres dont use ce même camp présidentiel pour arriver à cette même finalité. En effet, à peine la campagne commencée, certains leaders de l’opposition pointent déjà des procédures plutôt viciées dont se servent les partisans du parti présidentiel.

Fondamentalement, deux techniques ont jusqu’ici été identifiées. L’une d’entre elles, à savoir l’achat de conscience, avait déjà commencé bien avant le début de la campagne électorale. C’est ainsi qu’au Fouta en particulier, de l’argent public a été mis au service de la division. Mais conscients de l’énorme déception que la gouvernance Alpha Condé a entrainée auprès des Guinéens, les partisans du chef de l’Etat ne s’en tiennent pas qu’à ça. Ne manquant pas de cynisme, ils mettent à profit la misère ambiante et généralisée dans lesquelles se trouve aujourd’hui l’électeur guinéen. Du coup, Baïdy Aribot, candidat de l’Union des forces républicaines (UFR) dénonce une distribution des milliards de GNF dans la commune de Kaloum en vue de convaincre les populations de voter pour le candidat du RPG-Arc-en-ciel. De même, des listes circuleraient actuellement dans différents quartiers de la capitale sur lesquelles il serait demandé à certains de s’inscrire et de s’engager à voter pour le parti présidentiel. Engagement et inscription contre lesquels quelques billets de banque sont alors versés à ceux qui acceptent le deal. Dans le camp de l’opposition, on dénonce le phénomène et on demande aux populations de prendre ce qu’on leur propose, mais de ne pas se laisser manipuler par une approche aussi flagrante.

L’autre technique qu’utilisent certains barons du RPG, c’est la fraude à ciel ouvert. Celle-là même que l’opposition n’a cessé de dénoncer. Ainsi, des responsables de l’UFR viennent de mettre au jour un nombre considérables de bureaux de vote fictifs dans la circonscription électorale de Boffa. Bureaux de vote dans lesquels les résultats préfabriqués sont déjà disponibles. Au moment opportun, il ne resterait plus alors qu’à les substituer aux vrais bureaux. Et le tour est joué.

Comme on le voit, le pouvoir n’entend reculer devant rien pour s’offrir sa majorité parlementaire. Le droit, la morale et la cohésion nationale pourraient bien en pâtir. Mais de cela, ceux qui sont derrière de telles manœuvres ne se soucient guère. Et personne n’en est véritablement surpris. Par contre, le silence de la CENI et de la justice a de quoi préoccuper. Ne sont-elles pas en effet les garants de la transparence et de l’honnêteté de l’ensemble du processus ?


Mamadi Doukouré
de Conakry pour GuineeActu


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