Mams Sow Mercredi, 28 Août 2013 14:36
Cette année a été décrétée année de la justice par le président Alpha Condé. Elle le sera probablement, mais pas de la meilleure des manières. L’association des magistrats guinéens menacent de ne pas siéger dans les prochains jours, si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Décidés à se faire entendre, les magistrats guinéens, lassés d’attendre que leur statut sur les volets salarial et institutionnel soit appliqué, ont menacé de ne pas prendre part aux prochaines consultations électorales. Sur ce point, le code électoral guinéen est clair : « les magistrats sont les présidents des commissions administratives chargées de la centralisation des votes ».
Les magistrats reprochent notamment à l’exécutif de ne pas avoir pris en compte les résolutions issues des Etats généraux de la justice tenus depuis 2011. Sentant certainement la tenue des législatives comme une occasion en or de faire passer leurs revendications, ils sont catégoriques : « si nos revendications ne sont pas satisfaites, il n’y aura pas d’élections » nous disait un magistrat hier à la sortie de leur conclave.
Trouvant les derniers propos du président à Kankan insultants, un magistrat nous confie : « lorsque les jeunes de Kankan ont brandi des pancartes pour réclamer du courant et de l’eau, le président leur répond en demandant pourquoi ils ne disent rien des juges pourris qui libèrent les prisonniers. Vous vous rendez compte, il nous traite de pourriture ! »
A moins d’un mois des législatives, voici un autre pied-de-nez dans le processus électoral qui tarde à inspirer confiance aux acteurs. Du côté du gouvernement, aucune réaction pour le moment.
Mams Sow
de Conakry pour GuineeActu