Alpha Camara Lundi, 19 Août 2013 13:57
Actuellement, le rythme de la dégradation des routes menant dans les quartiers de Conakry est très poussé. Partout, que ce soit le long des principales artères ou sur les routes secondaires, le constat est alarmant. Ce qui provoque des embouteillages monstres le long de ces voies.
Depuis plusieurs décennies, le quartier Sonfonia Casse est plongé dans l’isolement. Une situation qui préoccupe aujourd’hui les habitants de cette localité. D’après le constat fait sur le terrain, depuis la tombée des pluies, les routes se dégradent de façon inquiétante au vu et au su des autorités. Visiblement frustré, Mamadouba Camara, taxi-maître, lâche : « Vraiment c’est inexplicable, parce que notre route est presque impraticable. Elle est complètement dégradée. »
Pour lui, l’Etat a démissionné : « Pour moi, c’est un manque de suivi et d’entretien des routes. Donc l’Etat s’est complément désintéressé. La Direction nationale de l’entretien des routes ne sait même pas ce qu’elle doit faire. »
Les routes sont couvertes de nids de poule et d’ordures. Conséquence, les automobiles et les taxi-motos roulent au ralenti. Pire, les véhicules tombent en panne au grand dam des conducteurs désemparés.
« Nous sommes venus jusqu’ici, mais malheureusement le véhicule est tombé en panne. On est en train de voir comment nous pouvons dépanner notre véhicule. Mais nous avons constaté que les autorités en charge de l’entretien routier n’accordent aucune importance à cette localité », a-t-il ajouté.
Les usagers de ce tronçon qui ne savent pas à quel saint se vouer continuent de payer les frais de l’état piteux de la route qui n’a jamais été butinée et cela malgré plusieurs démarches menées par les autorités locales.
« La route Sonfonia Casse est vraiment impraticable. Ce n’est pas facile pour se déplacer et d’ici à Sonfonia-gare il faut une heure », explique un usager de cette route.
Il est à noter qu’au-delà de l’infrastructure routière, à Sonfonia-Casse il n’y a ni école, ni eau et ni dispensaire. L’électricité, pour l’heure, est une denrée introuvable.
« On n’a pas le courant, parce qu’on ne peut pas dire qu’on l’a, si on n’a pas la moyenne tension et le transformateur qui doit donner la basse tension. Et la conséquence, c’est le banditisme, l’insécurité, l’analphabétisme et tout ce qui s’ensuit. Parce qu’un enfant qui est né dans ce quartier ne trouve pas d’eau, d’électricité, d’école publique et ni un centre de santé. Alors vous voyez qu’il est mieux de naitre dans un village au lieu de naitre en ce moment à Sonfonia centre 2, parce que l’enfant qui sera né dans ce quartier aura peur de sortir dans la grande circulation, compte tenu des bruits des véhicules. Parce qu’il n’est pas habitué à ça », explique M’Bo Kabinet Keita, chef de quartier de Sonfonia Centre.
Cet enclavement se répercute sur la vie des jeunes. Se trouvant dans une situation désespérée, les jeunes demandent le soutien des autorités centrales. « Nous sommes en manque de terrain de football, d’un centre de santé. Donc cela a un impact sur nous. Parce que chaque fois il faut se déplacer pour aller dans les autres quartiers pour des questions de loisirs. Même pour recharger nos téléphones, c’est tout un problème. Et le problème d’électricité on n’en parle même pas », témoigne Sékou Camara, citoyen de localité.
Cette situation mérite une attention particulière des autorités du pays.
Alpha Camara
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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